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Le Sénat sera dirigé par l’opposition

Troisième défaite électorale du gouvernement en six mois

Manuel Marchal / 29 septembre 2014

Le Sénat a changé de majorité et sera un nouveau point d’appui de l’opposition. L’extrême droite fait son entrée dans la haute assemblée et le chef de file des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, a été battu. Après le rétrecissement de sa majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement est encore plus fragilisé par la perte de la direction du Sénat. C’est dans ce contexte qu’il va aller aux élections départementales.

La majorité sénatoriale ne tenait qu’à 7 voix, elle a basculé hier. À l’heure où nous mettons sous presse, l’avance prévisible de l’ancienne opposition est comprise entre 15 et 20 sièges.

Le scrutin a renouvelé la moitié de l’assemblée, 178 sièges. A cela s’est ajouté une élection partielle en Mayenne. Sur les 179 mandats, la droite a donc distancé l’ancienne majorité de près de 30 sièges.

Compte tenu des résultats des municipales, le changement de majorité ne faisait guère de doute. Les sénateurs sont élus au suffrage indirect, en très grande partie par des délégués de conseils municipaux.

L’échec ébranle aussi les derniers alliés des socialistes au gouvernement, les radicaux de gauche. Ces derniers avaient conditionné leur participation à un aménagement de la réforme territoriale pour que le PRG puisse garder des positions de pouvoir dans des conseils généraux. C’est ainsi qu’une clause de ruralité est venue créer une distinction pour que des conseils généraux puissent subsister dans des départements. Mais ce dimanche, le chef de file du PRG, le sénateur Jean-Michel Baylet, n’a pas été réélu.

Un autre fait est l’entrée de deux membres d’un parti d’extrême droite dans la haute assemblée, tous deux sont des maires.

Le résultat de ce dimanche complique encore davantage l’action du gouvernement. Rappelons qu’en 2011, la droite avait perdu la majorité au Sénat. Cette chambre avait alors été utilisée par l’opposition comme un lieu de résistance à toutes les initiatives du pouvoir jusqu’à ce que l’élection présidentielle de 2012 amène l’alternance.

Un foyer de l’opposition

C’est de nouveau ce cas de figure qui se présente, et le Sénat va être dirigé par des partis opposés à la politique du gouvernement.

Deux semaines après le vote de confiance à l’Assemblée, le gouvernement est encore plus fragilisé. A l’Assemblée nationale, il a vu sa majorité se rétrécir avec en prime l’abstention d’une quarantaine de députés PS. Au Sénat, il a perdu la majorité sur laquelle il pouvait s’appuyer. Mercredi, c’est un membre de l’opposition qui sera élu à la présidence du Sénat.

Après les municipales et les européennes, les sénatoriales sont la troisième défaite électorale en six mois pour le gouvernement. Cette dynamique très négative donne le contexte des départementales de mars prochain.


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