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Le SMIC ne protège pas de la pauvreté

68.000 travailleurs à bas salaire

Témoignages.re / 26 octobre 2010

En appliquant les mêmes critères que pour la France, le nombre de travailleurs pauvres est estimé à 68.000, sur les 200.000 employés en 2006, c’est-à-dire avant que La Réunion soit touchée par les conséquences de la casse des grands chantiers et le désengagement de l’État dans la politique du logement. Voici un état des lieux du travail précaire réalisé par l’INSEE.

« Multiplication des contrats à temps partiel ou peu rémunérés, intérimaires, jeunes apprentis, salariés de l’aide à domicile, de plus en plus de personnes se trouvent dans une situation précaire bien qu’elles travaillent. Aucun dispositif n’est prévu pour l’accompagnement de ces personnes et le suivi de leur parcours.
55.000 salariés, sur les 200.000 qui ont été employés en 2006 par les entreprises privées ou semi-publiques et les collectivités locales, ont perçu un bas revenu salarial annuel. Le seuil de bas revenu salarial annuel est égal aux deux tiers du revenu salarial annuel médian, calculé à La Réunion, soit 8.960 euros. Il équivaut à 77% du SMIC annuel net pour l’année 2006. La majorité de ces salariés, soit 40.000, peuvent même être classés parmi les "très bas salaires”, car ils ont perçu moins de la moitié du revenu médian (58% du SMIC annuel).
Ce constat n’est pas spécifique à La Réunion. La fraction (27%) des salariés rémunérés sous le seuil de bas salaire y est proche de celle de la France métropolitaine (25%). Pour ces deux territoires, le seuil de bas salaire a été calculé relativement à leurs caractéristiques propres. Celui de la France métropolitaine est sensiblement supérieur à celui de La Réunion : 10.600 euros contre 8.960 euros. Si on avait appliqué le seuil métropolitain à la population réunionnaise, on aurait comptabilisé 68.000 travailleurs à bas salaire.
De 2002 à 2006, le nombre des salariés réunionnais sous le seuil de bas salaire a significativement baissé, passant de 62.000 à 55.000 personnes. Cette évolution est liée en partie à celle des contrats en emplois aidés, leur nombre ayant sensiblement baissé au cours de cette même période. »


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