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Le soleil des nouvelles églises qui brille dans nos quartiers

Témoignages.re / 6 juin 2012

Françoise Giroud éveillait la conscience de tous par l’affirmation : « C’est parce que nous avons terriblement besoin de Dieu que nous l’inventons ». Depuis peu, de nouvelles églises, des groupes initiatiques en tous genres, des prophètes autoproclamés germent un peu partout dans nos villes. Les déçus de nos religions traditionnelles, à la recherche de solutions à leurs problèmes, n’hésitent pas à les fréquenter.

Une mutation spirituelle sans précédent

Les citoyens traversent une profonde crise de l’âme. Ils se cherchent. Des églises et des lieux de cultes se proposent de leur offrir plus d’espérance contre leur détresse et leur mal de sensation. Ces anciens fidèles chrétiens reprochent aux églises surtout catholiques les rites un peu froids, mous, peu enclins à faire rêver et toucher l’âme d’un lendemain meilleur. Ils sont à la recherche de l’immédiateté, ils ont besoin de rencontrer des gens plus pratiques, capables de les écouter et de les sortir de leur pétrin. Avec les prophètes des nouvelles églises, tout leur est presque servi. Il y a le gospel, le tam-tam, plus de danse, plus de musique, plus de prédications bibliques. Les opportunistes du marché religieux et mystique profitent de la grande liberté laissée aux cultes et de la misère des handicapés sociaux pour se livrer à leurs manœuvres d’escroqueries, de manipulations mentales et des dérives de tout genre.

Un piège sans fin

Les fondateurs de grands mouvements spirituels se disputent sans fin les âmes des oubliés de Dieu, à coups de promesses de bonheur et d’éternité. La plupart des prophètes des nouvelles églises (ou lieux de culte) s’inspirent des méthodes et pratiques des églises néo-pentecôtistes américaines et des pratiques coutumières africaines d’entrer en transe. Des méthodes de recrutement et de sécurisation bien rodées. Ces églises envahissent les communes des villes. Leur essor coïncide avec la dégradation économique. Elles surfent sur la fragilité des adeptes qui pensent trouver des réponses à leurs soucis (chômage, déception amoureuse, ruine financière, maladies, argent, miracles attendus).

Le commerce juteux des églises

Les prophètes appâtent les sectaires par l’illusion d’agir efficacement contre le mal grâce aux miracles. En effet, pour sortir du mal qui gangrène leur vie, les fidèles doivent donner suffisamment d’argent au pasteur pour que Dieu puisse entendre leur souffrance et guérir leur mal. La moindre faille ou faiblesse du fidèle est exploitée. C’est aussi une occasion pour mettre en place des stratégies pour embrigader père, mère et enfants, pour les soumettre à des obligations. De s’acquitter de dîmes pour financer les œuvres sociales, ou pour entretenir, lorsqu’il existe, le temple de prière. Dans ces cliniques spirituelles, tout doit être payé pour obtenir la grâce de Dieu. Des cotisations sont aussi demandées aux adeptes pour des Actions de grâce, des offrandes pour des séances d’exorcisme ou de désenvoutement. Les adeptes soumis, incapables de se rebeller contre les dépenses imprévues occasionnées par des dons obligatoires, sont ruinés et paupérisés. Il arrive parfois que certaines familles très ruinées entament des poursuites judiciaires. Dans le pire des cas, ils saccagent et brûlent les temples pour se venger.
Certaines fois, le commerce est entretenu par la complicité sournoise des grandes multinationales, des mécènes, des chefs d’entreprises, de certains hommes politiques ou des États, qui cautionnent et financent ces nouvelles églises. Ils participent à la récupération des dividendes substantiels. Ils participent à l’esprit de domination et à l’escroquerie organisée d’une population fragilisée et perdue. Ces religions de l’euro doivent aussi leur essor aux bailleurs de fonds. Elles servent en retour les visées des États ou des grands multinationaux, qui passent par leur biais pour organiser l’espionnage d’État à travers des religieux qui sont leurs hommes de main. Ces derniers s’infiltrent dans les sphères des régimes politiques en place. Le rapport entre certaines mairies de communes, des acteurs politico-économiques et les nouveaux mouvements spirituels sont très étroits, et même créent des suspicions. Des églises, bons viviers d’électeurs potentiels, prient pour la pérennité et la reconduite des dirigeants politiques dans leur fonction. Des hommes au pouvoir accordent une certaine largesse et une reconnaissance à ces groupes spirituels.

Les nouvelles églises : des dangers permanents

Les femmes et les enfants se comptent par milliers dans ces lieux de culte. On en totalise un grand nombre qui est attiré par la promesse de miracle que suscite le discours des prophètes. On en recense aussi celles qui tombent sous le charme des prédicateurs au point d’y séjourner presque tous les jours avec enfants. Elles assistent aux messes données tous les jours, et qui pouvaient se prolonger très tard le soir. Elles délaissent ainsi le foyer et privent leurs enfants de liberté. Outre la dislocation des familles, les manipulations orchestrées par les églises, les responsables des temples soumettent, par leur influence, certains adeptes à des sévices sexuels. Les enfants n’en sont pas moins épargnés. Des cliniques spirituelles qui imposent la soumission à la volonté et aux souhaits du prophète, un demi-dieu. Des communautés religieuses qui se servent de la connaissance et de la lecture biblique pour tout excuser, pour tout expliquer par l’œuvre d’un Satan, à vaincre par l’éloignement. Une politique qui crée des distorsions entre les adeptes et le monde réel. Les prophètes expliquent que pour guérir, pour faire des miracles et délivrer du mal, les adeptes ne doivent pas être habités par le Satan, par conséquent, les fidèles doivent se garder de fréquenter des impies. Cette stratégie crée l’exclusion sociale. Elle fait des enfants, des victimes enrôlées dans des temples. Des victimes privées de tout contact extérieur. Leurs week-ends se réduisent à l’obligation de chanter, de danser d’apprendre par cœur la Bible. Il leur est interdit d’accéder à d’autres cultures qui pouvaient assurer leur épanouissement et développer leurs savoirs. L’endoctrinement des églises crée des problèmes sociaux inquiétants pour l’avenir dans notre société ainsi que de droit à la liberté des enfants.
La multiplication phénoménale des églises et des temples, entretenue par la musique et la bible, l’exploitation de la détresse des familles appellent à la vigilance des citoyens. La culture des temples que prônent les prophètes encourage la passivité et la soumission. Il est tant que nous sortions de notre inaction et de notre silence coupable, si nous ne voulons donner carte blanche à ces églises qui fournissent aujourd’hui de plus en plus de malades mentaux aux hôpitaux psychiatriques.

Bienvenu H. Diogo


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