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Le taux de survie des entreprises le plus faible est à La Réunion

Etude de l’INSEE révèle un nouvel indicateur de la crise

Témoignages.re / 16 septembre 2013

Jeudi lors du Carrefour des jeunes entreprises, l’INSEE a présenté le résultat d’une étude sur le taux de survie des sociétés cinq ans après leur création. Le constat est sans appel : c’est à La Réunion que le taux de survie est le plus faible. Comme pour le chômage ou la pauvreté, notre île arrive encore en dernière position d’un indicateur socio-économique. Voici quelques extraits de l’étude :

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Outre un taux de chômage élevé, une pauvreté constante, c’est dans l’île aussi que l’on enregistre un faible taux de survie des entreprises.

Cinq ans après, seulement 41,5% des entreprises créées en 2006 à La Réunion sont encore en activité. Les entrepreneurs doivent toujours faire face à un contexte difficile lié à la crise économique amorcée en 2008. La Réunion est toujours la région où les taux de survie des entreprises sont les plus faibles derrière le Poitou-Charentes et le Nord-Pas-de-Calais.

Sur les 2 140 entreprises créées au cours du 1er semestre 2006, 41,5% sont encore en activité cinq ans après. Ces résultats sont moins bons que ceux de la génération 2002 : 46,2% des entreprises avaient survécu durant les cinq premières années. Le taux de survie est également plus faible qu’au niveau national (51,5%).

Comme pour la génération d’entreprises créées en 2002, La Réunion est toujours la région où le taux de survie des entreprises est le plus faible, derrière le Poitou-Charentes et le Nord-Pas-de-Calais.

Une cinquième année difficile

Les entrepreneurs de la génération 2006 ont dû faire face à la crise économique et financière amorcée en 2008. Certains ont résisté un temps, mais la cinquième année d’existence a été particulièrement difficile. Ainsi, 12% des entreprises créées en 2006 ont disparu au cours leur cinquième année d’existence contre 5% pour la génération 2002.

Les entreprises du secteur du commerce et de la réparation d’automobiles ont été les plus touchées : 19% d’entre elles ont en effet cessé leur activité la dernière année.

Les créateurs anciennement indépendants ou chefs d’entreprises ont été plus affectés par cette mauvaise conjoncture : 18% de leurs entreprises ont disparu au cours de cette cinquième année. Ils avaient été plus nombreux à se lancer dans le secteur du commerce qui n’a pas bien résisté.

42% des emplois générés à la création ont disparu

• L’emploi généré par les entreprises créées en 2006 a été en partie perdu du fait notamment des disparitions d’entreprises : l’emploi total (salariés et non salariés) a diminué de 42% (- 22% sur l’ensemble de la France). Pour les entreprises de la génération 2002, l’emploi n’avait diminué que de 22% en cinq ans.

La disparition en cinq ans de près de six entreprises sur dix a entraîné la perte de 2.190 emplois sur les 4.000 emplois créés en 2006.

Le secteur de la construction perd le plus d’emploi (- 830). Les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de services administratifs et de soutien perdent 330 emplois tandis que 180 emplois ont été perdus dans l’hébergement et la restauration.
Les entreprises créées dans les transports et la communication sont les plus pérennes

• Depuis 2006, les entreprises des transports et de l’entreposage s’en sortent le mieux : les trois quarts d’entre elles sont toujours actives cinq ans après leur création.

Les entreprises du secteur de l’information et de la communication ont aussi de bons taux de survie (61%). Néanmoins certains services s’en sortent moins bien : les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités financières et d’assurance ont des taux de survie à cinq ans beaucoup plus faibles (respectivement 38% et 31%). Le taux de survie des entreprises du secteur du commerce et de la réparation d’automobiles n’est que de 37%, tout comme celui de l’hébergement et de la restauration.

La pérennité des entreprises du secteur de la construction est également assez faible : seulement 38% des entreprises ont survécu aux cinq premières années. Avec un contexte économique favorable, les entreprises du même secteur de la génération 2002 étaient parmi les plus résistantes avec un taux de survie à cinq ans de près de 50%.

Le secteur de l’industrie est dans la moyenne régionale, avec un taux de survie de 42%.
Les entreprises aidées ne résistent mieux qu’un temps

• Les entreprises ayant bénéficié d’aides au démarrage de leur activité ont mieux résisté au cours de la première année. Au-delà, leur taux de survie s’est chaque année réduit face aux entreprises n’ayant bénéficié d’aucune aide ou exonération. Au bout de cinq ans, les entreprises aidées ont un taux de survie de 39% contre 45% pour les autres. Ce résultat s’explique en partie par le profil des entrepreneurs bénéficiaires d’aides. Ces dernières sont plus souvent attribuées aux chômeurs et aux personnes sans activité. Ces entrepreneurs, souvent moins diplômés, disposent aussi de moyens financiers moins importants. Ils ont ainsi un taux de survie plus faible. Les entreprises créées par des chômeurs ont un taux de survie de 37% au bout de cinq ans. Ce taux est de 32% pour les inactifs sans emploi.

Le type d’aide perçue fait également la différence. Les bénéficiaires de l’Accre (aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise) n’ont été que 38% à passer le cap de la cinquième année d’existence quand elle était la seule aide accordée. De même, les entreprises qui n’ont bénéficié que de l’Eden (aide à l’émergence d’entreprises nouvelles) ou du PCE (Prêt à la création d’entreprise) n’ont que très rarement atteint la cinquième année.

Toutefois, le cumul de différentes aides est bénéfique à la survie des entreprises. Celles ayant cumulé plusieurs aides ont un meilleur taux de survie au bout de cinq ans : 43% contre 37% pour celles qui n’ont eu qu’une seule aide.
Les sociétés résistent mieux que les entreprises individuelles

• Comme pour les entreprises de la génération 2002, la catégorie juridique influe sur la survie de l’entreprise. Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles. Cinq ans après leur création, 54% des sociétés sont encore actives contre seulement 35% des entreprises individuelles.

Cependant, les sociétés sont beaucoup moins nombreuses que les entreprises individuelles. Elles ne représentent qu’un peu plus du tiers des créations.

Les montants financiers investis à la création sont également déterminants avec un seuil important à 2000 euros. Les entreprises créées avec un investissement initial très faible, inférieur à 2.000 euros, ne sont que 30% à être encore en activité la cinquième année après leur création. Celles qui ont eu un apport entre 2.000 et 8.000 euros sont 47% à avoir survécu.


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