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Le tour anti-FN du Front de gauche

Présidentielle en France

Témoignages.re / 8 février 2012

Pendant que la chef de l’extrême droite est accueillie à La Réunion dans des institutions officielles, en France, le Front de gauche démolit les arguments du parti raciste. Coup de projecteur sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans “l’Humanité”.

« Front contre Front ». Vendredi soir, aux Lilas (Seine-Saint-Denis), à son quartier général de campagne, le Front de gauche lançait un cycle de réunions publiques et de formations pour combattre le Front national. Traduction d’un besoin chez les militants et dans la population, ce décryptage va s’accélérer : à l’argumentaire édité par le PCF (disponible sur www.placeaupeuple2012.fr) et au livre de Laurent Maffeïs, déjà paru, s’ajoutent le deuxième volume des “Cahiers du Lieu d’études sur le mouvement des idées et des connaissances” et “Le Parti de l’étrangère”, tous deux publiés récemment. Pour parachever le travail, la coalition distribue un tract de campagne sur « l’imposture Le Pen », tiré à 8,5 millions d’exemplaires.

« Sortir le combat contre le FN du terrain moral »

« On voudrait assigner les ouvriers à résidence d’un vote xénophobe et propatronal », s’étrangle le secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière. Comme lui, Laurent Maffeïs, responsable du pôle argumentaire de Jean-Luc Mélenchon, entend « sortir le combat contre le FN du terrain moral ». « Il faut aller au fond du programme de Marine Le Pen pour montrer en quoi elle est un danger pour les travailleurs ». Et de se charger de la besogne en trois points, tous inscrits dans son programme.
Pour Marine Le Pen, le logement doit rester « un bien marchand ». Et parce que le premier responsable de la crise, c’est « l’explosion de l’immigration », elle ne veut plus construire de logements sociaux et propose, dans ce qu’elle pense cohérent pour lutter contre l’immigration, la mise en place d’un « plan décennal de destruction des cités construites dans les années 1955 à 1970 ».

Les cadeaux du FN au patronat pour creuser le déficit

Les salaires ? Sa proposition de prise en charge par l’État de 200 euros de cotisations sociales n’augmentera pas le salaire brut, donc « les patrons ne donneront pas un centime », explique Laurent Maffeïs : « On augmente les salariés avec ce qui devrait être du salaire différé, creusant le déficit de la Sécu et donc augmentant les impôts ». Quant à la retraite, un jour elle défend « la retraite à la carte », le lendemain la retraite à 60 ans, « deux systèmes incompatibles : l’un est individualiste, l’autre est une garantie collective ».

L’ethnologue et élu régional PCF de Provence-Alpes-Côte d’Azur Alain Hayot part lui aussi de l’analyse d’une situation concrète, mais se place sur le terrain politique. « Trop longtemps la gauche est restée l’arme au pied face au FN. On a culpabilisé nos électeurs, en disant qu’ils votaient désormais FN ». En ligne de mire, les sondeurs et politologues qui copient leurs analyses « bidon » les uns sur les autres. Il leur oppose « le meilleur démographe de France », Hervé Le Bras. Dans “Le Monde” du 24 janvier, il estimait, d’une part, que « l’insistance à faire du vote FN un vote ouvrier (n’est) pas justifiée dans les faits », de l’autre, que « le lien entre classe ouvrière et vote communiste était faible » : « La géographie du vote FN n’est en rien comparable à celle du vote PC ».
Alain Hayot, comme nombre d’observateurs du phénomène, a quant à lui constaté que «  l’électorat PCF s’est avant tout réfugié dans l’abstention  ». La solution ? «  Donner à voir un autre projet  », combattre la division des travailleurs quelle que soit leur origine. Bref, «  redonner de la conscience de classe  » à ceux qui ont perdu la volonté de se battre.


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