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Le tram train enjeu national décisif en 2012 ?

Didier Robert veut la remise en cause de la signature de l’État

Manuel Marchal / 17 avril 2010

L’Alliance souligne que si, pour satisfaire une promesse électorale de Didier Robert, le gouvernement fait revenir l’État sur l’engagement signé le 19 janvier 2007 par le Premier ministre, alors la question du respect de la parole de l’État sera au centre des enjeux électoraux de 2012. Car « ce qui a été défait en 2010 peut être refait en 2012 », rappelle Paul Vergès.

« Comment se fait-il qu’un document engageant deux présidents de la République et un Premier ministre soit remis en cause aussi légèrement ? », au lendemain de la déclaration de Didier Robert affirmant qu’il a obtenu l’accord de principe du gouvernement pour remettre en cause la réalisation de deux grands projets, l’Alliance fait part de la gravité de la situation et des conséquences d’une telle décision.
Une décision qui aura des conséquences encore plus catastrophiques que la suppression du chemin de fer dans les années 50, c’est ainsi que Paul Vergès qualifie le projet de Didier Robert de supprimer le tram train, un des deux chantiers actés dans le Protocole de Matignon signé le 19 janvier par le Premier ministre, et contresigné un mois plus tard à La Réunion par Nicolas Sarkozy.
« L’État s’est engagé en 2007. Aujourd’hui, sur simple décision d’un Conseil régional minoritaire, le contrat est remis en cause selon les déclarations de Didier Robert », indique Paul Vergès.
Si ces déclarations se vérifient, se posera alors la question de la fidélité d’un gouvernement aux engagements pris par l’État. Si ce gouvernement décide de suivre le projet de Didier Robert de supprimer un des deux projets du Protocole de Matignon, alors le débat changera de cadre. Il ne sera plus seulement régional, mais il débordera sur le plan national puisque c’est un partenaire de dimension nationale, le gouvernement, qui remettra alors en cause un partenariat signé par l’État pour construire le tram train et la Route du littoral.
Le respect du Protocole de Matignon sera donc l’enjeu au cœur de la prochaine consultation électorale d’importance nationale. Car les déclarations de Didier Robert surviennent à peine 24 mois avant la prochaine présidentielle. « Nous ferons tout pour que la fidélité à la parole du gouvernement soit réparée », ajoute Paul Vergès, « ce qui a été défait en 2010 peut-être refait en 2012 ».
Cette remise en cause du Protocole de Matignon est le résultat de l’élection d’une liste minoritaire rendue possible par l’attitude des responsables de la liste socialiste. Elle aura des conséquences plus catastrophiques que la suppression du chemin de fer qui a livré La Réunion au tout automobile, constate Paul Vergès.
Ce que veut faire Didier Robert va tout d’abord à l’encontre d’un mouvement mondial de relance des réseaux ferrés. Cela introduit un redoutable précédent. « Jamais on a vu un responsable politique abandonner le financement de deux équipements pour un seul », rappelle Paul Vergès, « les crédits du tram train seront mis sur le dépassement de crédits de la Route du littoral, jamais on a vu une collectivité abandonné une telle créance envers l’État ».
Cette annonce intervient alors que le chantier du tram train est prêt à démarrer. Dès cette année, des milliers de travailleurs seront privés d’emploi à cause de cette décision.
Abandon de crédits dus aux Réunionnais, abandon d’un réseau ferré, « tout doit être fait pour transférer le débat vers un théâtre national », conclut Paul Vergès, là se trouvent les conditions du changement de rapport de forces.

Manuel Marchal


La conséquence de la décision du PS

Lors d’une conférence de presse hier, l’Alliance a donné sa position suite aux déclarations de Didier Robert selon lesquelles il prête au gouvernement l’intention de lui donner satisfaction pour supprimer le tram train.
Ces déclarations et leurs conséquences sont le résultat du refus du Parti socialiste de s’unir à l’Alliance pour empêcher l’UMP minoritaire de diriger la Région. Et depuis cette décision des responsables de la liste socialiste, La Réunion connaît un tournant décisif dans la disposition de ces forces politiques, souligne Paul Vergès.


« Un mépris de notre Histoire »

La majorité a mis à l’ordre du jour de la séance plénière de mercredi prochain l’abandon de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, annonce Aline Murin-Hoarau. Une décision étonnante si l’on se fie aux déclarations favorables au projet de François Fillon et de Nicolas Sarkozy.
C’est donc un outil destiné à renforcer la cohésion par une meilleure connaissance de l’Histoire qui est remis en cause.
Le nouveau président de Région veut redéployer les 65 millions d’euros prévus pour cet équipement culturel. Sur cette somme, 3 millions seront destinés à la culture. 40 millions iront aux communes pour financer des projets inconnus, et 20 millions pour des petits chantiers pas encore annoncés.
« C’est un appauvrissement de notre culture, un mépris de notre Histoire », ajoute Aline Murin-Hoarau. C’est aussi une remise en cause des accords entre la collectivité d’une part, l’État et l’Union européenne d’autre part. « Nous n’abandonnerons pas le projet, comme nos ancêtres nous résisterons », conclut la conseillère régionale.


La Région ne doit pas payer à la place de l’État

La majorité veut aussi faire voter l’adhésion de la Région à un GIE et au versement par la Région de 8 millions d’euros à un fonds de continuité territoriale.
Catherine Gaud rappelle que « la continuité territoriale est une compétence stricte de l’État », et qu’aucune Région ne participe à son financement, aussi bien sur le territoire de la République qu’en Espagne ou au Portugal.
La conseillère régionale précise qu’en 2008 et en 2009, le gouvernement n’a pas versé les fonds d’État pour la continuité territoriale, ce qui n’a pas fait réagir Didier Robert, député. Cette dotation d’État représente d’ailleurs 10 euros par habitant pour les Réunionnais, contre 610 euros par habitant pour les Corses.
« L’argent de la Région ne doit pas être utilisé pour se substituer à celui de l’État. Cela créé un précédent pour toutes les Régions ultrapériphériques », précise Catherine Gaud qui rappelle la solution mise en place et soutenue par l’Alliance : l’achat par Air Austral de deux Airbus A380 pour faire baisser toute l’année pour tout le monde le prix du billet d’avion de 30%.


Soutien aux professeurs stagiaires en grève

Béatrice Leperlier rappelle le soutien de l’Alliance aux professeurs stagiaires en grève car ils refusent d’être mutés en France.
Elle précise que la transformation des heures supplémentaires en emploi est une des propositions évoquées pour créer les postes nécessaires à l’emploi de jeunes Réunionnais dans leur pays. Pour l’Alliance, il est essentiel de régler définitivement cette question pour que ce problème ne soit pas reposé chaque année.


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