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Le tram-train, question essentielle de la Présidentielle

Paris va-t-il donner satisfaction à la volonté de Didier Robert ?

Manuel Marchal / 1er avril 2010

Une erreur aussi grave que la décision de supprimer le chemin de fer dans les années 50, c’est ainsi que l’Alliance, par la voix de Paul Vergès, qualifie l’intention de Didier Robert de demander à Paris de l’aider à annuler le tram-train. Si le gouvernement prend la responsabilité de suivre le nouveau président de la Région, alors le tram-train ne sera plus seulement un enjeu réunionnais, il sera une question nationale au cœur de la prochaine campagne de la Présidentielle en 2012. Et que représente un retard de 24 mois s’il permet de gagner un siècle, précise Paul Vergès.

C’est hier dans la presse que Didier Robert a annoncé que l’ordre du jour de sa première rencontre avec le chef de l’État en tant que président de Région va concerner la suppression du tram-train. Didier Robert compte également sur le gouvernement pour l’aider à accomplir cette décision, puisqu’après Nicolas Sarkozy, le nouveau président de Région doit rencontrer François Fillon.
Selon ses déclarations, Didier Robert compte remplacer le tram-train par des bus, et basculer une partie des crédits prévus pour le projet de réseau ferroviaire sur la future route du Littoral.
Paul Vergès constate que si cette décision était appliquée, elle serait alors la plus grave erreur dans l’aménagement du territoire de La Réunion depuis 50 ans. Il faudrait en effet remonter à la suppression du chemin de fer pour retrouver une décision aux conséquences aussi catastrophiques. Si à 50 ans d’écart, ces décisions sont de portées comparables, un fait les différencie. Si Didier Robert arrivait à ses fins, ce serait avec l’aide du gouvernement actuel, car le nouveau président de la Région demande à Paris de démanteler le tram-train en remettant en cause le Protocole de Matignon, signé en janvier 2007. Autrement dit, Nicolas Sarkozy, président de la République, et François Fillon reviendraient sur la signature de Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, à la suite du résultat d’une élection régionale.
Paris va-t-il répondre favorablement à la demande de Didier Robert ? Le gouvernement va-t-il enlever des crédits de l’État et de l’Europe qui étaient destinés à La Réunion ? Si le gouvernement va dans le sens de ce qu’a promis Didier Robert à ses électeurs, à savoir la suppression du tram-train et la fuite en avant dans le tout-automobile, alors le tram-train deviendra une question centrale. Ce sont en effet 4.000 emplois immédiats qui sont en question, et l’avenir de l’aménagement d’un territoire d’une île d’un million d’habitants.
Si le gouvernement donne satisfaction à Didier Robert, alors le tram-train sera l’enjeu essentiel de la Présidentielle de 2012, et d’ici deux ans, cette question aura pris une dimension nationale, souligne Paul Vergès.
Quant à la priorité affichée par Didier Robert de tout miser sur la modernisation de la route du Littoral, Paul Vergès rappelle que cela a déjà été fait puisque le nombre des basculements a diminué. La route est donc protégée des chutes de pierres, mais pas des glissements de la falaise. Quant à la nouvelle route, les études ne sont pas terminées, mais elle ne doit pas être opposée au tram-train, « l’investissement matériel le plus important du siècle à venir ».
C’est en effet la seule alternative à l’impasse coûteuse vers laquelle conduit le tout automobile : 219.500 voitures en 1999, 430.000 en 2008, un coût considérable en termes d’aménagement, de pollution et de factures énergétiques.

Manuel Marchal


Vers le démantèlement des outils du développement ?

L’annonce de la suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise par Didier Robert n’est qu’un début, indique Paul Vergès.
Si cette promesse se vérifiait, alors le premier acte de la nouvelle majorité régionale serait le licenciement de jeunes Réunionnais qui se sont formés et qui ont eu des résultats, comme l’indique l’inscription par l’UNESCO du maloya au Patrimoine mondial de l’humanité.
Cette orientation fixée par le nouveau président de la Région pose la question de l’avenir des spécialistes qui se sont investis dans des projets de développement du pays, au travers de structures telles que SR21, l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER) ou encore l’IRT.
Paul Vergès demande quel va être le devenir d’Air Austral entre les mains de "spécialistes de l’aviation" qui ne cessent de défrayer la chronique. Il rappelle qu’en 1998, Air Austral était limitée à la desserte régionale. Elle a depuis ouvert La Réunion sur plusieurs destinations en France, sur la Nouvelle-Calédonie, l’Australie, et des contacts sont pris avec l’Inde et la Chine.
Il n’existe aucun exemple dans le monde d’une population de 800.000 habitants qui relie l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Océanie, ajoute en substance Paul Vergès.



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  • j’espère que l’alliance fera sont travail et mettra tout en oeuvre pour faire barrage au programme destructif de Didier Robert !!!!
    non seulement en jouant sur un aspect mediatique, mais surtout ne faudrait-il pas alerter le gouvernement sur les conséquences desatreuses pour l’avenir de la Reunion.

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  • il faudrait que les forces de progrès nationales exigent sans délais la réalisation du tram train à la Réunion pour confirmer leur volonté de contrecarrer la politique de casse sociale de sarkozy ef de ses séides à la Réunion,et qu elles se démarquant clairement sur ce sujet de tous les tenants d’un maintien d’un statut colonial qui interdirait aux Réunionnais d avoir l’égalité d accès aux transports collectifs propres et écologiques

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