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Les actions de Didier Robert dans le débat national

8 mois après les régionales, et 16 mois avant la présidentielle

Manuel Marchal / 12 novembre 2010

Le 16 avril dernier, l’Alliance tirait les enseignements des premières décisions de Didier Robert. L’une d’entre elles était la suppression du tram-train. Pour l’Alliance, la remise en cause d’un engagement signé par deux présidents de la République ne pouvait que déboucher sur l’irruption de cette question dans le débat national. À peine six mois plus tard, cela se vérifie non seulement pour le tram-train, mais aussi pour d’autres dossiers. Désormais, c’est au plan national que se jugent les actions de l’ami de Nicolas Sarkozy, Didier Robert.

Hier, les journaux ont titré sur l’arrivée sans élection partielle de Jacqueline Farreyrol à l’Assemblée nationale. Cette information a été développée en France et pour cause. Il a fallu en effet que le gouvernement intervienne directement pour couvrir cette nouvelle frasque de Didier Robert qui, touché par la loi sur le cumul des mandats, refuse de démissionner depuis plus de six mois. C’est ce que "le Monde’ qualifiait d’“usage détourné du Code électoral pour ne pas avoir à affronter le suffrage universel”.
Ainsi, pour la troisième fois en quelques jours, les conséquences des choix de Didier Robert ont été évoquées par la presse nationale.
Mardi, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) rend publiques les conclusions de son 17ème Congrès. En première position des mauvais points de l’année, la FNAUT place Didier Robert car il a décidé de supprimer le tram-train. La FNAUT appelle cela “un choix rétrograde”, c’est “une décision d’un archaïsme navrant”.
Moins d’une semaine auparavant, c’est toute la presse nationale qui a commenté le retrait de la Région Réunion de l’Association des régions de France. Là encore, l’action du président du Conseil régional suscite des réactions en France, tellement cette décision est empreinte d’un sectarisme partisan d’une époque que tout le monde croyait révolue, à La Réunion comme en France.
Il est une autre affaire qui ne manquera pas d’intégrer le débat national : c’est le déplacement à Adelaïde en Australie d’une délégation pléthorique avec fanfares conduite par Didier Robert, et cela au moment où la Région Réunion refuse que la moitié des étudiants les plus méritants poursuivent leurs études.

La suite du banquet inaugural

Dans le même temps, la crise ne cesse de s’aggraver. Elle a atteint un point tel que les syndicats de salariés et les organisations patronales du BTP font cause commune et défilent ensemble pour faire entendre leurs revendications. Mardi, l’INSEE a annoncé un taux de chômage bien au-delà de la cote d’alerte : plus de 28%.
C’est à ce moment que le président de la collectivité en charge de la coordination de l’économie décide d’emmener 140 personnes voyager en Australie pour participer à un festival d’audience plutôt confidentielle. Ce séjour est dans la logique du banquet organisé lors de l’élection de Didier Robert à la Région, et de tout ce qui s’en est suivi. Jamais les Réunionnais n’avaient pu voir une telle campagne de pub d’une institution publique. Jamais non plus les Réunionnais n’avaient eu à affronter un écroulement aussi rapide de leur économie.
Suppression du tram-train, retrait de l’Association des régions de France, arrivée sans élection partielle de Jacqueline Farreyrol à l’Assemblée nationale et bientôt le voyage en Australie. Les décisions de Didier Robert font maintenant partie du débat national, et cela à 16 mois de la prochaine présidentielle.

Manuel Marchal


En France, Didier Robert est d’un “ archaïsme navrant”

Dans un communiqué, la FNAUT annonce pourquoi elle place Didier Robert en tête des "tickets rouges", pour “un choix rétrograde”.

Les congressistes ont épinglé d’une part un choix rétrograde, d’autre part des innovations mal ciblées.
1) Didier Robert, nouveau président UMP du Conseil régional de La Réunion pour l’abandon du tram-train défendu par son prédécesseur Paul Vergès (PCR) au profit d’une nouvelle route littorale à 2x3 voies reliant le nord et l’ouest de l’île, d’un coût total de 1,6 milliard d’euros. Une décision d’un archaïsme navrant, à contre-courant des orientations officielles du SNIT, dont le gouvernement Fillon a été complice en acceptant un report des crédits d’État (435 millions d’euros), ‘une avancée majeure’, selon M. Robert !
Le chemin de fer de La Réunion a été démantelé il y a 50 ans par l’État, malgré l’opposition des élus locaux. Depuis lors, le trafic routier a explosé, on dénombre aujourd’hui 400.000 véhicules dans l’île et 30.000 immatriculations nouvelles par an. La part de marché du transport collectif est d’environ 6%. La population de l’île (800.000 habitants) doit augmenter de 30% d’ici 2025. Le tram-train (40 km, 25 stations, vitesse commerciale 40 km/h), accompagné d’une politique de densification de l’habitat autour de la ligne, serait remplacé par un réseau de 2.000 autobus”.


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