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Les Airbus A380 d’Air Austral revendus à Emirates ?

Étrange « visite éclair » du plus gros acheteur d’A380 chez Didier Robert

Manuel Marchal / 18 janvier 2012

Qui peut croire que le vice-président d’Emirates s’est déplacé à la Région uniquement pour discuter des “Îles Vanille” ? L’arrivée de Didier Robert à la présidence d’Air Austral et l’accumulation d’avis d’experts anonymes menant campagne contre l’A380 d’Air Austral apportent un nouvel éclairage sur le sens de cette visite.

Un mois avant sa prise de pouvoir à la présidence d’Air Austral, Didier Robert a accueilli un vice-président de la compagnie Emirates. Cette dernière est le plus gros acheteur d’A380, avec 90 appareils commandés, et déjà 20 livrés.
D’après un communiqué de l’Ile de La Réunion Tourisme, ce haut responsable de la compagnie des Emirats serait venu à La Réunion pour parler des “Îles Vanille” avec Didier Robert. Manifestement, l’IRT ne manque pas d’humour, car si la desserte de La Réunion intéressait vraiment Emirates, cette dernière aurait déjà fait des demandes. Cela fait plus de 10 ans qu’Emirates se pose à Maurice, et assure plus de 10 vols hebdomadaires entre Dubaï et Plaisance. Alors pourquoi ce voyage éclair à La Réunion le 14 décembre ?
Il est évident que ce n’est pas seulement le président de Région que le vice-président d’Emirates venait rencontrer, mais aussi le futur président du Conseil de surveillance d’Air Austral.
La visite a eu lieu en effet plus de 10 jours après le boycott par Didier Robert de l’assemblée générale prévoyant l’augmentation de capital d’Air Austral. Cette absence de celui qui est aussi président de la SEMATRA, principal actionnaire d’Air Austral, a provoqué le report de cette assemblée générale. C’est le point de départ concret de la manœuvre de Didier Robert pour s’octroyer la présidence du Conseil de surveillance de la compagnie.
Il est de notoriété publique que le projet d’A380 porté par Air Austral ne plaît pas à Didier Robert. L’A380 fera baisser le prix de 30% sans aucune subvention, c’est à l’opposé de la stratégie clientéliste de Didier Robert, qui mise sur des prix élevés pour justifier la distribution de subventions d’un montant de 360 euros par voyage. Ce gaspillage d’argent public vise bien entendu à ce que les bénéficiaires de cette subvention se souviennent au moment du vote de leur "généreux" bienfaiteur. Tout cela sera mis à mal par l’arrivée de l’A380.
Mais pour démolir le projet, il faut plus qu’un trait de plume. Comme le rappelle le "JIR" d’hier, la commande de deux A380 est ferme et, « selon certaines sources », Air Austral devra verser un premier acompte de 40 millions d’euros le mois prochain.
Si le nouveau président du Conseil de surveillance d’Air Austral décide de faire annuler cette commande ferme, il est évident que de lourdes pénalités sont à prévoir, à moins qu’Air Austral ne soit mise en faillite. Didier Robert ne prendrait pas un tel risque qui mettrait définitivement à mal l’image que tentent de lui construire son service com’ et certains médias.
Ce fait apporte donc un éclairage révélateur à la visite d’un haut cadre d’Emirates à la Région. Emirates a déjà commandé 90 avions A380, pourquoi pas deux supplémentaires venus du transfert de la commande d’Air Austral vers Emirates ? Ainsi serait rendue impossible toute baisse du prix du billet d’avion.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com