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Les banques européennes dans le collimateur américain

Crise économique mondiale

Céline Tabou / 31 août 2012

Après HSBC, Barclays Bank et la Royal Bank of Scotland (RBS), Standard Chartered vient d’être poursuivie par les États-Unis pour avoir commercé avec l’Iran. A l’instar des autres banques européennes accusées de malversations, le gouvernement américain tente de faire pression sur le système bancaire européen.

Depuis 2009, les banques britanniques et européennes ont de plus en plus de difficultés avec les autorités financières américaines. Après de récentes accusations de laxisme en matière de lutte contre le blanchiment d’argent contre HSBC à Washington, les banques de la City se retrouvent de nouveau dans le collimateur américain. Standard Chartered est accusée, via sa filiale américaine, d’avoir « dissimulé pendant presque dix ans environ 60.000 transactions secrètes avec le gouvernement iranien, pour un montant d’au moins 250 milliards de dollars (242 milliards de francs), lui permettant de récolter des centaines de millions de dollars en honoraires ». Or, depuis 1997, « les activités d’investissements avec l’Iran par des personnes américaines, où qu’elles soient, sont interdites ».

La pression américaine s’intensifie

Standard Chartered est accusée d’avoir rendu « le système financier américain vulnérable aux terroristes, trafiquants d’armes, trafiquants de drogue et régimes corrompus », selon le Département américain des services financiers. La banque pourrait être retirée du système bancaire new-yorkais et se voir écoper d’une amende. Standard Chartered a nié avoir commis des malversations, assurant que bien plus de 99,9% des transactions effectuées avec l’Iran étaient légales.
Des banques britanniques, comme Lloyds Banking Group et Barclays, ont quant à elle accepté de payer des centaines de millions de dollars d’amendes aux autorités américaines pour éviter un procès qui les accuse d’avoir facilité des transactions financières pour des pays faisant face à des sanctions de la part des États-Unis, notamment l’Iran. D’obstruction au régime des sanctions imposées par les États-Unis au blanchiment d’argent, Washington tente par tous les moyens de faire pression sur l’Iran sans lancer une guerre contre le pays.
De son côté, HSBC vient d’être accusée par la commission d’enquête du Sénat américain d’avoir blanchi de l’argent lié au trafic de drogue ou au financement du terrorisme dans les années 2000. La banque prévoit une amende de près de 700 millions de dollars américains, mais les analystes pensent que l’État américain statuera l’amende à près de 1 milliard.
Pour la banque Barclays, après le scandale des manipulations des taux interbancaires européen Euribor et britannique Libor qui est une référence indiquant à quel taux les banques se prêtent entre elles, le Département américain des services financiers lance une chasse aux sorcières en enquêtant sur les banques européennes. En pleine crise économique et financière, l’État américain pourrait récupérer d’importantes sommes d’argent grâce aux amendes tout en déstabilisant le système bancaire européen et conserver son rôle dans le système financier mondial.

Céline Tabou



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