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Les contreparties se font attendre

Pacte de responsabilité

Céline Tabou / 12 septembre 2014

Le ministre du travail, François Rebsamen, a réuni mercredi 10 septembre, les représentants de 50 branches professionnelles afin de faire le point sur les négociations autour du Pacte de responsabilité. Les syndicats réitèrent leurs accusations contre le patronat qui ne donne aucune contrepartie, notamment en terme de créations d’emploi.

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Le Premier ministre avait fait un triomphe devant l’assemblée du MEDEF. Difficile de croire que le patronat va faire des concessions aux syndicats.

Le ton est donné. « Le patronat fait preuve de mauvaise volonté pour mettre en place les négociations dans les branches professionnelles alors qu’il s’agit de son engagement pour le Pacte de responsabilité. Il est d’accord pour bénéficier des baisses de charges mais pas pour dire ce qu’il en fait », a assuré Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, syndicat proche de la majorité présidentielle.

28 branches sur 50 seulement

François Rebsamen a reçu les représentants des principales 50 branches professionnelles, qui représentent près de 1,7 million de salariés, afin de faire le bilan sur les engagements pris par les entreprises en contrepartie des 41 milliards d’euros d’aides publiques, dans le cadre du Pacte de responsabilité et CICE. Deux dispositifs qui pèsent sur le chiffre de la croissance du pays, comme l’a annoncé Michel Sapin, ministre de l’économie.

Transport routier, pharmacie, transport aérien, BTP, banque, publicité, les branches professionnelles tardent à lancer les négociations destinées à définir l’utilisation des aides comme l’amélioration de l’emploi, l’investissement, l’apprentissage, la formation pour les emplois non pourvus et la création d’emploi à proprement parler.

Selon le Medef, il n’y aurait aucun retard, car « cela a été relativement vite ». Ce dernier a estimé à une vingtaine d’entreprises ayant lancé des négociations qui devraient aboutir d’ici fin octobre. L’organisme a assuré que 47 branches représentant plus de 10 millions de salariés sont « mobilisées ». Cependant, la CFDT a estimé que 28 des 50 branches n’ont pas entamé les négociations, se contentant d’un simple état des lieux : « Ça ne va pas assez vite. On attend maintenant du ministre qu’il tape sur la table."

La contestation continue

La CFDT, syndicat signataire du Pacte de responsabilité, a regretté l’absence de vraie dynamique dans des branches qui en sont « encore à des questions de méthodologie et de calendrier mais ne sont pas entrées dans le vif du sujet. »

Pour Régis Dos Santos, président de la fédération CFE-CGC des banques, « quand je vois que la banque est décrite comme ayant déjà largement engagé les discussions, je bondis. On a eu une réunion fin mai, une deuxième en juillet et une troisième en septembre, mais on n’a aucun engagement concret ». Alors que « quand on voit que dans une branche comme la nôtre, où les marges sont quand même peu dégradées, on a reçu 135 millions d’euros de Crédit d’impôts compétitivité emploi cette année pour très peu de contreparties, on se dit qu’on est face à un très bel effet d’aubaine », s’est indigné ce dernier.

Même constat pour Dejan Terglav, patron de la FGTA Force ouvrière, en charge des secteurs de la grande distribution, de la restauration ou encore de la coiffure : « Je n’ai pas un seul exemple où il se passe quelque chose de concret » . Ce dernier a assuré que « les patrons font des réunions pour nous dire qu’ils vont faire un état des lieux mais ils nous disent qu’ils ne pourront rien donner ».


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