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Les déclarations de Christian Estrosi font "pschitt”

Nouvel échec d’une manœuvre politicienne

Céline Tabou / 9 mars 2010

Christian Estrosi, davantage conseiller politique de l’UMP que ministre, est arrivé samedi 6 mars pour soutenir son ami Didier Robert aux élections régionales. Au cours du meeting, organisé à Sainte-Marie, Christian Estrosi s’en est pris aux projets de la Région.

La presse a, à de nombreuses reprises, mis en avant les attaques contre Paul Vergès lors de cette campagne électorale. Cette fois-ci, ce ne se sont les manigances politiciennes réunionnaises qui s’en prennent à la tête de liste de l’Alliance, mais un ministre de l’Industrie et ancien ministre de l’Outre-mer, venu dans notre île sous la casquette de conseiller politique de l’UMP : Christian Estrosi. Voici quelques extraits commentés des déclarations de ce militant UMP.

« Paul Vergès distribue l’argent de la Région à ses amis »
De nombreux maires d’une tendance politique différente de la majorité régionale pourraient vivement contester cette attaque. Les Réunionnais savent que l’ancien maire de Saint-André, Jean-Paul Virapoullé, n’est pas un ami de Paul Vergès. Pourtant, ce dernier n’a pas hésité à investir plus de 85 millions d’euros dans la commune entre 1998 et 2009. Or, Jean-Paul Virapoullé était maire jusqu’en 2008. La politique du président de la Région est de soutenir l’intérêt de tout le peuple réunionnais, afin qu’il ne souffre pas du chômage et de la pauvreté.

« Le tram-train ne se fera pas »
M. Estrosi est catégorique : « Paul Vergès n’aura jamais la dotation ferroviaire parce que la loi ne l’y autorise pas. C’est un mensonge. Le tram-train ne se fera pas ». Mais le tram-train a été signé en 2007 par le Protocole de Matignon, en présence de Dominique De Villepin, et contresigné par le président de la République Nicolas Sarkozy, lors de sa visite en tant que ministre de l’Intérieur en février 2007. Lors de la signature, Nicolas Sarkozy a d’ailleurs soutenu « fermement la prise en compte du chantier du tram-train emblématique des alternatives à la route et du développement durable en Outre-mer ». Nicolas Sarkozy avait qualifié le tram-train de « chantier emblématique » du développement durable, et une « alternative à la route ».

« La Réunion n’appartient pas à Paul Vergès »
Il est évident que l’île de La Réunion n’appartient pas à Paul Vergès. Cette grossière déclaration prouve la méconnaissance de la situation réunionnaise. Les Réunionnais pourront répondre à cette boutade dans les urnes, le 14 mars prochain. En 2007, M. Estrosi avait déclarait : « tout comme Paul Vergès, je suis un homme préoccupé par l’intérêt général ». A partir de là, on se demande pourquoi les élections régionales poussent un responsable politique à attaquer l’homme plutôt que les idées. De plus, « l’intérêt général » n’est autre que le peuple réunionnais. Le dérapage de Christian Estrosi peut faire sourire, tant on se rend compte à quel point la politique nationale lui importe plus que la politique locale, qu’il est venu défendre avec Didier Robert le samedi 6 mars 2010.

Conclusion : La presse n’en parle même pas

La visite de Christian Estrosi à La Réunion montre à quel point l’UMP locale est dépendante des dirigeants de Paris. En effet, un conseiller politique, par ailleurs ministre, est venu soutenir son poulain réunionnais, qui risque de perdre les élections à venir dans tous les cas de figures, selon le sondage paru dans “Le Quotidien” de lundi 8 mars. Pour aider son ami, il lance des piques contre Paul Vergès, qui n’ont d’ailleurs eu que peu d’échos. Il n’y a qu’à voir la presse écrite d’hier pour s’en rendre compte.
D’autant plus que Christian Estrosi va jusqu’à promettre des financements à Didier Robert, s’il est élu. Dans le cas contraire, la Région devra faire face à l’absence de financement de la part du gouvernement, notamment dans le tourisme. C’est un retour 40 ans en arrière. Décidément, cette visite éclair a tourné au fiasco.

Céline Tabou


Kanalreunion.com