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Les députés PS de La Réunion derrière François Hollande

Voter la confiance au tournant vers la droite ou le retour devant les électeurs pour des législatives anticipées

Témoignages.re / 29 août 2014

Depuis l’annonce par François Hollande de la feuille de route de la fin du quinquennat dans "le Monde", les événements se sont accéléré Suite aux déclarations d’Arnaud Montebourg, c’est le gouvernement entier qui a été démissionné lundi. Mardi, une nouvelle équipe est nommée. C’est un tournant, car l’orientation est clairement libérale. Elle a été détaillée par le Premier ministre en présence du MEDEF, et par le nouveau ministre de l’Economie. Signataires de l’Appel des 200, les 5 députés socialistes de La Réunion ont choisi de soutenir sans réserve cette feuille de route, ils le disent dans “Le Monde”.

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François Hollande accueilli par des parlementaires lors de son arrivée à La Réunion. Il sait qu’il peut compter sur le soutien sans faille des députés socialistes de La Réunion dans le tournant du quinquennat.

Ce jeudi, les événements se sont encore accélérés avec un nouveau ministre de l’Economie qui ouvre la porte sur une remise en cause des 35 heures, en renvoyant la question, propos confirmés par le Premier ministre.
Depuis le début de la semaine, le gouvernement met la pression sur sa majorité parlementaire. Il dévoile clairement son orientation ultra-libérale et dit en substance aux députés : soit vous acceptez ce tournant sans réserve, soit c’est la dissolution de l’Assemblée nationale et le retour devant les électeurs.
Les 5 députés socialistes de La Réunion ont clarifié leur position : ils voteront pour la confiance au gouvernement.
Mercredi, au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement, Manuel Valls, Premier ministre, était invité de l’Université d’été du MEDEF. Il a prononcé un discours fleuve conclu par un tonnerre d’applaudissements. Les patrons se sont levés pour acclamer le Premier ministre socialiste. Jamais les prédécesseurs UMP de Manuel Valls à Matignon peuvent se vanter d’avoir eu une telle ovation.

Premier ministre ovationné par le MEDEF

Ce n’est pas sans raison, voici quelques extraits :

« Je le dis et je l’assume : la France a besoin de vous ! »

« Ce sont les entreprises qui créent des emplois (…) C’est pourquoi il est absurde de parler de « cadeau fait aux patrons" ».

« Le CICE a été complété par le Pacte de responsabilité et de solidarité, dont je vous rappelle que les députés de la majorité ont voté la tranche 2015 en juillet. Et je me suis engagé par écrit auprès de vos représentants sur les tranches 2016 et 2017 ».

« La protection des salariés est globalement élevée dans notre pays. Les salariés y sont attachés, c’est bien normal. Mais certaines adaptations sont possibles ».

« Il doit y avoir une réduction des déficits publics en Europe et tout particulièrement en France, je ne le discute pas. Nous vivons au-dessus de nos moyens depuis 40 ans ».

Sur les 8 pages du discours envoyé à la presse, une demi-page concerne les engagements des employeurs vis à vis des 40 milliards d’euros donnés par le gouvernement. Cela se résume en une phrase :
« Vous êtes attendus sur l’utilisation que vous ferez des 40 milliards du CICE et du pacte. Les entreprises sont diverses ; aucune n’est comparable. Les possibilités sont donc nombreuses : améliorer vos marges, investir, embaucher, former les apprentis qui seront votre compétitivité de demain, baisser vos prix, mais aussi rémunérer davantage vos salariés ».

Pierre Gattaz, président du MEDEF, a salué le soir même les propos du Premier ministre : « il y a urgence pour réformer le pays. Manuel Valls a eu un discours de lucidité ». Et, ce n’est qu’un début.

Les 35 heures renvoyée aux partenaires sociaux

Ce jeudi, « Le Point » a publié une interview d’Emmanuel Macron réalisée le 25 août, la veille de sa nomination à l’Economie. Il y déclare qu’il est favorable à ce que « les entreprises et les branches » puissent déroger aux 35 heures, en cas d’accord entre les partenaires sociaux. L’objectif est de « sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas ».
Interrogé sur ces propos, le Premier ministre les a confirmés. Il estime que la durée légale du travail découle de « discussions entre partenaires sociaux » qui peuvent aboutir à des dérogations à la loi.
Pour sa part, le président du MEDEF en a remis une couche sur les ondes de France-Culture : « Si on ne rediscute pas de beaucoup de choses, on risque d’augmenter le chômage ».

Les 5 députés PS de La Réunion assument la politique du gouvernement

Pour bien montrer que le tournant est pris, 208 députés socialistes ont signé dans le Monde une tribune intitulée « L’appel des 200 ». Parmi eux, tous les députés socialistes de La Réunion : Ericka Bareigts, Jean-Claude Fruteau, Patrick Lebreton, Monique Orphé et Jean-Jacques Vlody. Ces élus se disent « ni godillots ni déloyaux ». Ils confirment leur soutien au gouvernement :

« Le cap de la politique économique a été fixé, et nous l’assumons ».

« Nous sommes convaincus qu’il revient aux parlementaires socialistes de revendiquer l’affirmation d’une détermination, d’une cohérence et d’un rassemblement pour agir »

« Le président de la République a indiqué le calendrier de cette seconde moitié du quinquennat dans son entretien télévisé du 14-Juillet. Nous nous inscrivons dans ce chemin ».

Cela signifie que les 5 députés socialistes de La Réunion sont d’accord avec cette orientation. Ils ont donc décidé de ne pas s’opposer à la remise en cause des 35 heures, et à l’adaptation du Code du Travail annoncée au MEDEF.

M.M.



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Messages






  • Le dé-tricotage du code du travail n’est pas achevé, Valls va s’y employer.
    Mme Bello va t-elle aller jusqu’à soutenir ce gouvernement ?
    Si elle est en cohérence avec ses idées, elle ne doit pas voter la confiance à Valls qui ne risque pas grand chose car une partie du centre va voter lui apporter des voix.
    Il reste le peuple. A un moment il faudra y revenir avec la crainte d’un FN qui pourrait raflé la mise, mais c’est une question d’honnêteté politique, la gauche n’a pas été élu pour cette politique.
    Ne serait-il pas là le jeu dangereux que joue Valls et Hollande : c’est nous ou le FN.
    Et nous voilà retournés 75 ans en arrière.

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