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Les députés UMP se divisent officiellement en deux groupes à l’Assemblée nationale

Du jamais vu dans l’opposition depuis la création de la 5ème République

Manuel Marchal / 29 novembre 2012

L’ancien Premier ministre François Fillon, adversaire de Jean-François Copé à l’élection du président de l’UMP, a décidé de prendre la direction d’un nouveau groupe parlementaire issu d’une scission des députés UMP. Ces divisions vont marquer durablement l’opposition, alors qu’arrive un nouveau parti, l’UDI de Jean-Louis Borloo. Affaiblie, l’UMP pourra-t-elle se reconstruire d’ici la prochaine élection présidentielle ? Est-ce la possibilité offerte à François Hollande d’envisager d’ores et déjà une réélection en 2017 ?

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4 ans après la crise créée au PS par l’élection d’une nouvelle direction après sa défaite à la présidentielle et aux législatives, c’est au tour de l’UMP d’être déchirée par la division. 12 jours après l’élection du président de l’UMP par les adhérents du principal parti d’opposition français, les résultats sont toujours contestés. Commission de contrôle des opérations électorales et la Commission des recours ont confirmé la victoire de Jean-François Copé alors que les votes de plusieurs fédérations d’Outre-mer n’ont pas été prises en compte, ce qui est particulièrement méprisant pour tous les électeurs de ces territoires. Si leurs voix avaient été intégrées, François Fillon serait arrivé en tête.

Sur le déroulement de l’élection en France, l’ancien Premier ministre et l’ancien ministre se sont envoyés mutuellement et publiquement des accusations de fraude à peine les bureaux de vote fermés.

67 députés font sécession

François Fillon est prêt à aller contester le résultat devant les tribunaux, tandis que Jean-François Copé a sous la main des constats d’huissier relevant des anomalies dans des bureaux où il a été battu. Toutes les tentatives de médiation ont à ce jour échoué. Elles ont pourtant été menées par les deux premiers présidents de l’UMP : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Hier, la contestation s’est traduite par un acte public dans une institution de la République. François Fillon avait menacé le groupe UMP à l’Assemblée nationale d’une scission s’il n’y avait pas une nouvelle élection. N’ayant pas encore obtenu satisfaction, un nouveau groupe parlementaire vient donc d’être créé à l’Assemblée nationale : Rassemblement UMP. L’annonce en a été faite par le "Journal officiel". Présidé par François Fillon, il comporte 67 députés, dont plusieurs anciens ministres. Le groupe UMP est par conséquent réduit à 117 membres.

Au Sénat, la majorité des élus UMP soutient François Fillon. Le groupe a adopté une résolution unanime demandant un nouveau vote.

Le point de départ de la réélection de François Hollande ?

Depuis la création de la 5ème République, c’est la première fois que plus d’un tiers des députés du premier groupe d’opposition décident de faire scission pour créer un nouveau groupe parlementaire.

D’ores et déjà, il est clair que cette division va laisser des traces. Personne ne peut dire jusqu’à quand elle durera, et jusqu’où elle ira. Elle intervient au moment où se crée au centre un nouveau parti, l’Union démocrate indépendante (UDI) présidée par Jean-Louis Borloo, ancien numéro deux du gouvernement Fillon pendant plusieurs années. Un ancien ministre, Pierre Méhaignerie, a déjà décidé de quitter l’UMP pour l’UDI.

Cette situation profite inévitablement au gouvernement. La principale force d’opposition n’est plus dans son rôle, prise dans ses problèmes internes. Du coup, personne n’est là pour répliquer aux initiatives du gouvernement comme le prévoit l’usage républicain en France.

Alors que le gouvernement met en place les mesures impopulaires d’un budget d’austérité, l’opposition a déserté. L’affaiblissement de l’UMP profite immanquablement à la majorité qui pourrait être tentée d’un rapprochement vers l’UDI en formation afin de marginaliser les parlementaires issus du Front de Gauche. L’attitude des centristes lors du vote du budget au Sénat sera très instructive. La crise à l’UMP est en train de renforcer la possibilité de la réélection de François Hollande en 2017. Que restera-t-il en effet de l’UMP à la sortie de sa crise ? Et comment les représentants des partis de la droite française à La Réunion vont-ils se positionner dans cette restructuration de l’opposition au Parlement ?

M.M.


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