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Les élus d’Objectifs Réunion manœuvrent en coulisse.

Déchets ménagers.

Geoffroy Géraud-Legros / 28 octobre 2009

Les propositions d’un bureau d’étude au Conseil Général en matière de traitement des déchets font craindre l’adoption d’un mode polluant de gestion des déchets. Face à cette menace, les élus réunionnais doivent prendre leur responsabilité.

En 2003, la CIVIS faisait part de son intention d’installer un incinérateur d’ordures sur le territoire de la commune de Saint Louis. Face à l’opposition populaire, les promoteurs du projet – Cyrille Hamilcaro, —en tête— avaient dû reculer, après avoir envisagé de déplacer l’incinérateur à Saint-Pierre. Chassé par la population du Sud, l’incinérateur revient aujourd’hui… devant le Conseil général, qui devra se prononcer dans une semaine sur cinq scenarii de gestion de déchets présentés par un bureau d’étude.
Cette reprise est une véritable provocation, envers les Réunionnais, en général, ceux du sud, en particulier. Nous sommes devant un déni de démocratie caractérisé. Comment et par qui, une telle proposition est-elle revenue au devant des élus ? Plus largement, était-il besoin de payer un bureau d’étude pour faire des propositions aussi simplistes et irresponsables vis à vis des générations futures ? A la veille du sommet de Copenhague, c’est une honte de présenter de telles scénarii.

Où est passé le développement durable ?

Ces propositions laissent perplexe, tant les « solutions » préconisées sont éloignés d’un objectif qu’on croyait consensuel : faire de La Réunion un modèle d’excellence dans le domaine de la préservation de l’environnement et de son écosystème.
L’un des principes cardinaux du développement durable est la réduction des émissions de CO2 et la limitation la plus étroite possible de l’impact des déchets sur l’environnement. En conséquence, le déplacement, l’incinération et l’enfouissement des déchets sont totalement à proscrire.

Pourtant, parmi les propositions présentées au Conseil général, aucune ne rompt avec les modes de traitement désastreux pour l’environnement. Ainsi, outre la création d’un "centre ce valorisation énergétique" —comprendre : un incinérateur—, la synthèse présentée aux élus du Département par le bureau d’études énumère les traitements de déchets suivant : enfouissement, prétraitement, mécano biologique avec méthanisation et enfouissement, stabilisation et enfouissement, et méthanisation…tous facteurs avérés de dégradation écologique.
Que deviennent donc les impératifs du développement durable ? La Convention de Bâle, entrée en vigueur il y a presque 20 ans, et approfondie à plusieurs reprises pose un principe fondamental : favoriser le traitement et l’élimination des déchets au plus près de leur sources, afin d’éviter leurs transport (polluants) et limiter leur impact direct sur la modification de l’écosystème. Ce texte, ratifié par les plus grands Etats, applicable dans l’Union européenne et donc à La Réunion, restera-t-il lettre morte ?
De même, le Grenelle de l’Environnement est-il appelé à se réaliser, ou se limitera-t-il à être rituellement cité avant l’adoption de mesures qui contredisent directement sa lettre et son esprit ?

Qui assumera la responsabilité ?

Stéphane Fouassin, porte-parole d’Objectif Réunion, s’est publiquement prononcé en faveur des scénarios présentés aux élus : choix stupéfiant autant qu’irresponsable, par lequel le Maire d’un Cirque à l’écosystème fragile choisit de devenir enfumeur….Cette position, qui fut hier celle de Jean-Paul Virapoullé et de Cyrille Hamilcaro, est injustifiable : à l’heure où le monde prend conscience d’une catastrophe écologique imminente, des élus d’Objectif Réunion, avec des complicités administratives internes, tentent d’entraîner certains élus de la majorité du Conseil Général dans des décisions aux conséquences désastreuses et irrémédiables.

Geoffroy Géraud.


Le traitement des déchets

Un enjeu décisif pour le développement durable de La Réunion.

Les déchets sont véritablement la face cachée de notre mode de vie basé sur la consommation à outrance. Ces marchandises très particulières, auxquelles nous ne prêtons presque pas attention dans la vie quotidienne, posent des problèmes immenses. Les Réunionnais produisent aujourd’hui environ 500.000 tonnes de déchets par an, chiffre qui devrait atteindre 700.000 dans dix ans. Le mode actuel de traitement des déchets est très onéreux : il s’élève à environ 400 euros la tonne. Ce coût représente donc près de 6 fois celui de la tonne de canne, dont le prix de vente est de 70 euros, seulement ! Ces dépenses grèvent durement les budgets de collectivités : ainsi, l’enfouissement des déchets coûte au territoire des Communes de l’Ouest (TCO) près du double de ce que rapporte la taxe sur les ordures ménagères ! Fort logiquement, l’accroissement inévitable de la masse des déchets à traiter entraînera une hausse considérable des prélèvements, si des solutions alliant respect de l’environnement et traitement social du problème par la réduction des coûts ne sont pas immédiatement mises en œuvre.

GG


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