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« Les évènements actuels confortent nos propositions »

Conférence de presse du Parti communiste réunionnais

Céline Tabou / 7 décembre 2012

Lors d’une conférence de presse à Saint-Denis, le Parti communiste réunionnais, par les voix de Fabrice Hoarau et Faaïza Ibrahim, est revenu sur cinq points essentiels des propositions faites au gouvernement à l’occasion de la Conférence économique et sociale, dont la synthèse aura lieu le 10 décembre.

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« Les propositions du PCR sont des propositions de rupture et un test, car l’actualité conforte notre analyse », a introduit Faaïza Ibrahim. Son homologue, Fabrice Hoarau, a précisé que « de nombreux évènements marquant l’actualité et démontrant l’aggravation de la situation » viennent étayer l’analyse et les propositions du PCR.

S’appuyant sur les récentes manifestations et protestations de la population, « la baisse virtuelle du chômage » annoncée par l’INSEE, due aux contrats aidés et au découragement des chômeurs, la hausse du nombre de demandeurs d’emploi et l’annonce par l’Agence française de Développement de la régression de l’Indice de développement humain de La Réunion, Fabrice Hoarau a expliqué que « le constat est clair. Il faut un changement dans la politique mise en œuvre à La Réunion, il faut un changement radical. Il ne faut plus de mesurettes, mais un vrai changement pour sortir de la crise ».

« Cinq points essentiels »

Ce dernier a évoqué cinq des quinze mesures proposées par le PCR à François Hollande. « Nous sommes allés à la rencontre de Victorin Lurel à Paris et lui avons apporté nos propositions », a indiqué Fabrice Hoarau. Il s’agit en premier lieu de « décréter un moratoire concernant les postes à pourvoir dans la fonction publique » sur une période de 15 ans, car « aucun poste à pourvoir dans la fonction publique à La Réunion ne doit être mis au mouvement national dès lors qu’il existe un Réunionnais ayant réussi le concours ou un fonctionnaire originaire de La Réunion qui est candidat pour occuper le poste ».

Rappelant les propos de François Hollande lors de la Journée Outre-mer le 19 novembre, « de la même façon, je souhaite que les jeunes Ultramarins puissent accéder aux emplois créés localement dans le secteur privé, comme dans le secteur public. Là où les jeunes sont formés, là ils doivent travailler », Fabrice Hoarau a expliqué que cette déclaration « montre bien la volonté » du gouvernement, mais « aujourd’hui, il faut que l’on passe des paroles aux actes ».

La seconde mesure prioritaire est la création d’un « établissement public regroupant l’ensemble des acteurs concernés — associations, syndicats, organismes qualifiés, collectivités, État —, chargé d’opérer les recrutements, la formation et la gestion des emplois aidés intervenant dans les secteurs des services à la personne et de l’environnement ». « Il faut arrêter avec le clientélisme », a indiqué Fabrice Hoarau. Ce dernier a expliqué que les emplois d’avenir sont « une bouée de sauvetage pour les 5.000 personnes, mais il ne s’agit pas d’une solution pour régler le problème du chômage des jeunes ». « Si l’on est dans une synergie globale, on ira vers une économie d’échelle (dépenses et subventions) des collectivités » , car l’État doit trouver 90 millions d’euros pour pouvoir financer à 75% chaque emploi d’avenir sur trois ans.

L’autonomie énergétique : une réponse à la crise

Le troisième point évoqué est le « rétablissement des tarifs d’achats des énergies renouvelables par EDF à un niveau suffisamment attractif ». « Aujourd’hui, notre facture pétrole n’arrête pas d’augmenter, nous sommes à 570 millions d’euros de factures » , a-t-il expliqué. Ajoutant que lors des discussions eues avec Victorin Lurel, la question de l’autonomie énergétique a été entendue, « ils sont dans une logique de sortir du tout pétrole », d’autant que « tous les avis convergent, il faut aller vers une utilisation des énergies renouvelables », a expliqué Fabrice Hoarau.

Revenant sur l’Indice de développement humain, ce dernier a exprimé la crainte du PCR de l’absence de déclaration du gouvernement vis-à-vis du RSTA et de la prime COSPAR. « Nous croyons que tous les indices montrent l’appauvrissement de la population réunionnaise, si à cela s’ajoute la suppression du RSTA et de la prime COSPAR, alors on va mettre les travailleurs les plus pauvres dans une situation précaire extrême, ne leur permettant plus de faire face au quotidien ».

Faaïza Ibrahim a indiqué qu’une pétition lancée le 21 novembre sera déposée à la préfecture le 10 décembre pour la sauvegarde de ce dispositif.

Le PCR propose de conserver ces aides trois ans, puis de « préparer la fin » de celles-ci en « travaillant avec les partenaires économiques et sociaux pour sortir par le haut et non pas le bas », a précisé Fabrice Hoarau.

Un nouveau modèle de gouvernance : l’assemblée unique

Le gouvernement est actuellement en train d’étudier une réforme visant à faire des conseillers généraux des conseillers départementaux. « Ce ticket est mixte, mais ne veut pas dire qu’il augmente le nombre d’élus. Pour cela, le gouvernement compte diviser en deux les cantons ». Dans ce cadre, le PCR a rappelé sa mesure numéro 12 : « Créer, sur la base de l’article 72 de la Constitution, une nouvelle Assemblée territoriale, se substituant à la Région et au Département, dotée de compétences élargies au service de la nouvelle étape du développement (nouvelles compétences dans les domaines de la coopération régionale et internationale, l’économie, la pêche, la fiscalité), élue au scrutin de liste à la proportionnelle intégrale et respectant les principes de la parité et du non-cumul des mandats ».

Fabrice Hoarau a étayé ses propos en évoquant le cas de l’Alsace et du Haut et Bas Rhin qui ont demandé à l’État de ne former qu’une même assemblée alsacienne avec un transfert des compétences. « Nous souhaitons une nouvelle assemblée territoriale qui fera jouer la totale parité et le non-cumul des mandats », a indiqué Fabrice Hoarau. « Nos mesures en rapport direct avec l’actualité confortent notre analyse. Nous ne pouvons pas être silencieux » contrairement aux autres formations politiques et institutionnelles, comme l’a rappelé ce dernier.

Il a conclu en expliquant que l’aggravation de la situation nécessite un changement radical de politique. « On espère que nos propositions seront prises en compte par le gouvernement, car ce sont des mesures de La Réunion pour La Réunion ».

Céline Tabou


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