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Les Fêtes accentuent les inégalités entre Réunionnais

Pic de consommation dans les commerces à La Réunion

Manuel Marchal / 24 décembre 2016

La période des Fêtes est celle où la consommation est la plus forte dans l’année. Elle révèle encore davantage les inégalités dont souffre La Réunion.

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À La Réunion, près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. (Photo Toniox)

À La Réunion, la période des Fêtes bat son plein. Les magasins allongent leurs durées d’ouverture, et les familles dépensent plus que d’habitude. C’est donc le moment où le système capitaliste tente sa plus importante opération de séduction de l’année. Cet appel à consommer touche un pays frappé par de lourdes inégalités.

La publication INSEE Analyses d’octobre 2016 apporte un éclairage sur l’évolution de l’économie de La Réunion au cours des 70 dernières années.

L’INSEE rappelle les chiffres de la première enquête sur l’emploi à La Réunion. En 1967, le taux de chômage au sens du BIT atteignait déjà 23 %. L’économie n’a pas été capable de créer suffisamment d’emplois pour faire face à la création de la population active. Toujours au sens du BIT, le taux de chômage était en 2015 de 24,6 %. Cela signifie que malgré tous les fonds publics dépensés dans le traitement social du chômage, la situation ne s’est pas amélioré, bien au contraire.

La principale conséquence de ce manque d’emploi, c’est la pauvreté. INSEE Analyses d’octobre dernier relève que « du fait d’inégalités de revenus plus importantes, une part significative de la population ne peut pas encore accéder aux autres biens et services que ceux de première nécessité comme l’alimentation et le logement. Le taux de pauvreté reste en effet élevé : en 2010, il atteint ainsi 42 % contre 14 % en métropole. La Réunion compte autant de personnes vivant sous le seuil de pauvreté que le département des Bouches-du-Rhone, pourtant trois fois plus peuplés ».

Société à deux vitesses

Avec un tel contexte, la période des Fêtes révèle ces inégalités. La fréquentation des commerces atteint son pic, mais les prix sont les mêmes pour tout le monde. La lutte contre les inégalités est un des principaux combats du Parti communiste réunionnais. Elle se base sur une réalité qui est même reconnue par l’État. En effet, ce dernier verse à ses agents une prime pour faire face à un coût de la vie plus élevé qu’en France. Mais la majorité de la population est exclue d’une telle mesure, notamment les personnes qui dépendent d’un salaire ou de prestations sociales fixées par les pouvoirs publics : RSA, allocations chômage, SMIC notamment.

Le débat sur l’égalité réelle est donc l’occasion pour le PCR de poser un préalable. Il ne peut être question d’égalité tant que cette inégalité face à la vie chère ne sera pas retenue. À plusieurs reprises, le PCR a posé le problème à la ministre en charge du projet de loi sur l’égalité réelle. Yvan Dejean, co-secrétaire général du PCR, et Gélita Hoarau, sénatrice de La Réunion, ont ainsi interpellé Ericka Bareigts lors de son avant-dernière visite à La Réunion, et durant son audition par la Commission des Lois du Sénat.

Quelle égalité réelle ?

Ils ont demandé ce que le gouvernement comptait faire pour régler cette question, en particulier quelles peuvent être les mesures à destination des personnes qui ne bénéficient pas de la prime de vie chère. À chaque fois, la ministre n’a pas répondu, préférant affirmer qu’elle est contre la suppression de la sur-rémunération alors que la question du PCR ne parlait pas de ce sujet. Une telle diversion ne pourra pas durer éternellement car pendant ce temps, le nombre de personnes qui ne bénéficie d’aucun aménagement pour faire face à la vie chère s’accroît. Et comment peut-on parler d’égalité réelle si le gouvernement continue d’organiser un système qui maintient les inégalités entre Réunionnais ?

M.M.



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Messages






  • Si on supprime le surplus des salaires des fonctionnaires, des personnes risqueraient de se retrouver au chômage mais cela ne règlera pas le problème de la vie chère à la Réunion. Les loyers continueront à augmenter ainsi que la précarité et la création d’emploi des entreprises diminueront sans doute.

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  • Maya, dans cet article il n’est pas question de supprimer la majoration dont bénéficie les fonctionnaires pour faire face à la vie chère, mais on se demande comment réduire le fossé entre ceux qui méritent leur traitement et les autres, notamment le travailleur qui a un budget limité. Je comprends ton inquiétude sur une possibilité de suppression de la surrémunération. Si cet argent injecté dans l’économie locale disparait, toute les couches de la société sera concerné. Donc, la question qui doit être posée c’est comment garder de manière pérenne ces dotations à la Réunion pour que l’ensemble de la population puisse en bénéficier. Le rassemblement proposé par le PCR c’est aussi de réduire les inégalités. Notre projet n’est pas de dresser une partie de la population, l’une contre l’autre, encore moins les fonctionnaires contre les travailleurs soumis à un salaire d’airain. Au contraire, la concentration des forces vives de l’île autour de ce projet d’union de tous les habitants, est nécessaire pour se rapprocher de l’égalité réelle.
    Je te souhaite de passer de bonnes fêtes de fin année et je te remercie pour ta participation à l’échange sur l’économie de notre île.
    Michel M

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