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Les fêtes de la consommation et du crédit

Un message de Pâques

Céline Tabou / 3 avril 2010

En cette veille de Pâques, il est bon de rappeler que l’aspect spirituel de cet évènement est passé à la trappe, pour privilégier la consommation. La société d’aujourd’hui pousse à la consommation, mais surtout à une certaine idéologie de la consommation.

Depuis bien longtemps, les jours fériés liés aux fêtes religieuses sont devenus des occasions de consommer. Mais cette tendance s’amplifie, et la Pâques 2010 est marquée par un fait symbolique : la Poste se lance dans le crédit à la consommation
L’évolution de la loi a permis à La Poste de mettre en place son crédit à la consommation, en direction de ses 12 millions de clients. La banque Poste entre alors sur un nouveau marché. La Poste avait comme priorité la distribution du courrier, et la Caisse d’Epargne (livret A). Aujourd’hui ouverts à la concurrence, les Livrets A sont accessibles dans toutes les banques, ce qui diminue la part de marché de la Poste sur le produit numéro de l’épargne. Elle est donc obligée de se diversifier, d’où le lancement du crédit à la consommation, après celui de l’immobilier.

Un cercle à briser

La Banque postale finit par faire comme toutes les autres banques.
Ce crédit à la consommation arrive au moment où la hausse des prix se fait de plus en plus sentir, obligeant les familles à emprunter de l’argent à leur banque. Mais certaines d’entre elles finissent par ne plus pouvoir faire face aux échéances, la banque pousse alors à prendre un second crédit pour rembourser le premier. Ces familles entrent dans un cercle vicieux, qui se termine très souvent par le dépôt d’un dossier pour faillite personnelle. Ce système met fin à l’épargne des familles, qui vivant à l’aide de crédits, ne peuvent plus épargner le moindre euro alors qu’elles ont des revenus réguliers.
Ce dispositif a été cautionné pendant des années par les gouvernements, aujourd’hui que proposent les politiques pour eux ? Le Parti Communiste Réunionnais a demandé, dans un ouvrage de 90 pages intitulé "Pour un nouveau contrat social", que les plus démunis puissent pleinement bénéficier de la solidarité nationale. Mais également, que les investisseurs apportent des moyens publics et privés pour sortir les pauvres du gouffre social, et financier dans lequel ils sont.

Durant des années, le PCR a lutté pour l’égalité sociale. Ce sont ces revenus issus de la lutte qui permettent aujourd’hui au pays de ne pas sombrer dans la pauvreté généralisée. Sans l’égalité, quel serait le sort des plus démunis, des travailleurs payés en fonction du SMIC ? Or, force est de constater l’avidité des acteurs de la société de consommation à se précipiter sur cet argent de l’égalité, en multipliant toutes les tentations et les "facilités" de paiement.
L’investissement est un levier du développement, de l’emploi et donc de l’augmentation du pouvoir d’achat.

Les investissements compromis

Tout au long de sa mandature à la Région, Paul Vergès a signé des contrats avec l’Union Européenne et l’État des contrats appelant des financements. Durant des années, Paul Vergès a donc œuvré pour que les pauvres relèvent la tête, et est parvenu à augmenter le niveau de vie d’une bonne partie de la population Réunionnais, grâce aux investissements, et aux chantiers lancés par la Région. Ces derniers ont été créateurs d’emploi et d’activité.
Aujourd’hui, le nouveau président de la Région, Didier Robert, part à Paris pour remettre en cause les plus de 2 milliards prévus pour le Tram Train, et la Route du Littoral. Ces deux projets jetés à la corbeille auraient été créateur d’emplois, et auraient permis de relancer l’économie réunionnaise en pleine crise.
Les médias ont également joué un rôle dans cette régression sociale et économique. Ils n’ont pas éclairci la situation sur les projets lancés par l’ancienne mandature, mais leur ligne éditoriale a achevé de brouiller les pistes sur les gains qu’ils auraient apportés.
Entre les bâtisseurs et les démolisseurs, la différence est pourtant claire. D’un côté, une politique gouvernementale de casse sociale, qui va être mise en place par Didier Robert, et de l’autre, une politique d’investissement et de développement économique sur le long terme stoppé dans sa course, dont l’unique objectif sortir La Réunion de la pauvreté, et de la sujétion.

Céline Tabou


Kanalreunion.com