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Les futures mères réunionnaises ont droit à une offre de soins complète

Huguette Bello à l’Assemblée nationale

Témoignages.re / 20 octobre 2011

Mardi, lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale, la députée-maire Huguette Bello a demandé au gouvernement comment il compte réduire la mortalité liée aux accouchements à La Réunion, ainsi que le taux de prématurés. Voici le texte de la question de la députée de La Réunion, et la réponse faite par la représentante du gouvernement.

Ma question porte sur la situation de la périnatalité à La Réunion et plus généralement dans les régions d’Outre-mer. La dernière enquête nationale périnatale, qui vient de paraître, confirme les fortes disparités entre ces régions et la France continentale. Les chiffres sont préoccupants. Ainsi, à La Réunion, la mortalité périnatale est-elle deux fois supérieure qu’au niveau national. Avec 26,4 décès pour 100.000 naissances, les décès maternels consécutifs à un accouchement sont trois fois plus nombreux. De plus, 12% des bébés nés à La Réunion sont des prématurés, ce taux est moitié moindre en France.
Par ailleurs, si l’on considère les autres indicateurs que sont les taux de mortinatalité, de mortalité néonatale ou de mortalité infantile, on constate les mêmes disparités.
Et, il convient de compléter ce tableau en indiquant le niveau très élevé des taux de grossesses chez les adolescentes.

Cette situation n’a guère évolué depuis la précédente enquête de 2003 et révèle qu’on est encore loin des objectifs du Plan périnatal 2005-2007 dont l’objectif est précisément de réduire la mortalité périnatale de 15% et la mortalité maternelle de plus de 40%.

Les sages-femmes hospitalières de La Réunion, qui réalisent 80% des accouchements, déplorent une dégradation continue de leurs conditions d’exercice en raison surtout d’un manque d’effectifs dans leurs rangs.

L’entretien précoce « dit du 4ème mois », qui doit s’ajouter aux sept examens prénataux obligatoires, n’est guère réalisé. Pourtant, cet entretien permet de délivrer à chaque femme enceinte une information médicale personnalisée, de prévenir l’apparition de troubles ou de certaines pathologies obstétricales, et de dépister, le cas échéant, les vulnérabilités psychosociales, lesquelles constituent, on le sait, le premier facteur de complications périnatales. Mesure phare du Plan périnatal, cet entretien, réalisé surtout par les sages-femmes, est loin d’être systématiquement proposé aux futurs parents de La Réunion.

Face à ces disparités persistantes, une question s’impose : quelles mesures comptez-vous prendre pour que les futures mères de La Réunion puissent bénéficier, elles aussi, d’une offre de soins complète alliant, comme le préconise le Plan périnatal, « humanité, proximité, sécurité, qualité » ?


Le gouvernement reconnaît la situation

Dans sa réponse, Nora Berra, secrétaire d’État chargée de la Santé, reconnaît une mortalité infantile deux fois plus importante dans les DOM qu’en France, et la mortalité maternelle trois fois.

Si de grands progrès ont été observés dans le domaine périnatal à La Réunion depuis plus de trente ans, il est vrai, madame la députée, que les indicateurs traduisent toujours un écart défavorable par rapport à la métropole, qu’il s’agisse de mortalité maternelle ou de mortalité infantile.
Le taux de mortalité infantile a été, en moyenne, sur la période 2000-2008, deux fois plus élevé dans l’ensemble des DOM qu’en métropole — 1,78% pour La Réunion. À La Réunion, comme en métropole, une grande part de ces décès survient dans les six premiers jours de vie, c’est ce que l’on appelle la mortalité néonatale précoce.
La mortalité maternelle est trois fois plus fréquente dans les DOM qu’en métropole, trente-deux décès pour 100.000 naissances vivantes contre 9,6 pour la France entière, pour la période 2001-2006.
Des travaux sont en cours pour comprendre les diverses causes de mortalité infantile et maternelle en Outre-mer. L’Institut national de veille sanitaire finance, à hauteur de 50.000 euros par an pendant la période 2010-2013, le fonctionnement du comité national d’experts sur la mortalité maternelle. Ce comité doit étudier, par enquête confidentielle, le taux de mortalité maternelle, ses facteurs de risques et d’évitabilité. Depuis 2000, les certificats médicaux de décès des Départements d’Outre-mer sont traités par le centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’INSERM, et les causes de ces décès seront analysées dans le cadre de l’enquête nationale confidentielle du CNEMM. En fonction des résultats de ces analyses, le comité a également pour mission d’adresser des recommandations aux professionnels de santé pour améliorer la situation.
L’amélioration de la périnatalité aura aussi des impacts sur l’évolution de l’offre de soins. (…) L’agence régionale de santé, en concertation avec l’ensemble des acteurs, a reconnu l’importance de ce domaine et s’est fixé pour objectif, pour les cinq ans à venir, d’améliorer la qualité du système.


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