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Les îles demandent la reconnaissance de leurs spécificités

Commission du développement durable des Nations-Unies

Témoignages.re / 11 mai 2010

Les petits États insulaires en développement (PEID) ont demandé hier à être regroupés dans une catégorie spéciale, à l’instar des pays les moins avancés (PMA), au cours de la journée que la Commission du développement durable leur a consacrée, en même temps qu’elle a lancé les travaux préparatoires de l’examen quinquennal de haut niveau sur la mise en œuvre de la Stratégie de Maurice, prévu les 24 et 25 septembre prochains.

Arguant des problèmes liés à l’extraction minière, aux produits chimiques, à la gestion des déchets, aux transports et aux modes de consommation et de production durables, les PEID, « prisonniers de la mer », ont haussé le ton pour que le monde prenne plus au sérieux leurs préoccupations.

« Nous devons être reconnus officiellement comme catégorie spéciale », a déclaré la représentante de Grenade et comme nombre de ses collègues, elle a argué que les PEID méritent un traitement préférentiel compte tenu de leurs vulnérabilités spécifiques.

Changement climatique, élévation du niveau de la mer, disparition des récifs de corail et des sources d’eau potable, acidification des océans, limitation des ressources naturelles, coût élevé des importations de nourriture et pollution, les PEID n’ont pas manqué d’arguments pour décrire leurs défis.

Le Secrétaire général note par exemple, dans son rapport pertinent, que si les revenus des PEID sont en moyenne plus élevés que ceux des PMA, ils souffrent tous d’une « très grande vulnérabilité intrinsèque » liée à leur petite taille et à leur éloignement géographique.

Les PEID du Pacifique ont enregistré une croissance de 5% en 2008, mais avec les crises financière, alimentaire, énergétique et climatique de 2009, ce chiffre a oscillé entre zéro et 3%, alors que le PIB des PEID des Caraïbes chutait de 2%.

Il faut éviter que les PEID ne s’effondrent complètement et ne contribuent à l’insécurité dans le monde, par exemple par l’immigration climatique, a plaidé le représentant du Cap-Vert. « La demande des PEID est une demande pour le salut du monde », s’est-il avancé.

« Profondément déçus » par l’Accord de Copenhague, les PEID ont dit attendre avec impatience la Conférence de Cancun sur les changements climatiques, prévue du 29 novembre au 10 décembre.

Adoptée en 2005, la Stratégie de Maurice, qui est un outil de matérialisation du Programme d’action de la Barbade de 1994, souligne la vulnérabilité particulière des PEID.

Dans un autre rapport, le Secrétaire général indique que la réduction de l’aide publique au développement (APD) et le manque de compétences techniques comptent parmi les principales contraintes auxquelles se heurte l’application de la Stratégie. Il encourage le renforcement des partenariats public-public et public-privé et souligne la nécessité d’améliorer les systèmes de collecte de données afin d’affiner les processus de prise de décisions.

Agissant par ailleurs en sa qualité de « Comité préparatoire » de l’examen quinquennal de la mise en œuvre de la Stratégie de Maurice, la Commission du développement durable a adopté sans vote un projet de décision recommandant à l’Assemblée générale de prier son Président de poursuivre ses consultations avec les États Membres pour déterminer les modalités de l’examen quinquennal.


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