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Les impôts pourraient augmenter dès cette année

Le gouvernement n’a plus d’argent

Céline Tabou / 3 septembre 2010

Dans un courrier adressé aux parlementaires, le ministre du Budget François Baroin a expliqué que pour retrouver dès 2013 de nouvelles ressources fiscales, il faudrait augmenter la CRDS, un impôt créé en 1996, pour combler la dette de la sécurité sociale. Mais comme cet impôt est intégré au bouclier fiscal, les plus riches ne seront pas concernés par cette diminution programmée de leur pouvoir d’achat.

Dans le but de faire des économies, François Baroin, ministre du Budget, préconise « l’apport de ressources nouvelles à partir de 2013, que ce soit par la suppression de nouvelles niches fiscales et sociales ou à défaut, par une hausse progressive de la CRDS ». Cette contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) est calculée sur 97% du salaire brut (ou de l’allocation de chômage).
Le gouvernement a également décidé de s’en prendre aux niches fiscales et sociales, qui représentent, selon "Le Figaro", un manque à gagner de 115 milliards d’euros, en 2010. Ces niches doivent être réduites de 10 milliards selon la loi de Finances pour 2011. Le projet de loi sur le budget doit être rendu d’ici à la mi-septembre, et le projet de loi de finances (PLF) devrait être présenté en Conseil des ministres, probablement le 29 septembre.

Pas touche au bouclier fiscal

Nicolas Sarkozy avait promis, durant la campagne présidentielle 2007, qu’il n’augmenterait pas les impôts, et réduirait la dette et le déficit par des économies sur les dépenses existantes. Ce revirement politique ne profite en aucun cas aux bas salaires, ou aux personnes sans activité. Car se seront d’abord eux qui devront mettre la main à leur porte-monnaie pour payer cette hausse d’impôt.
L’annonce de François Baroin devrait relancer le débat sur le bouclier fiscal, auquel le gouvernement a intégré la CRDS. De fait, en cas de hausse de la contribution au remboursement de la dette sociale, les plus hauts revenus seront épargnés. Et elle a provoqué des remous au sein même du gouvernement, puisque la ministre de l’Économie, Chrisitine Lagarde, a annoncé hier qu’aucune hausse d’impôt n’était prévue avant la présidentielle de 2012.

La Réunion en tête des économies

À La Réunion, la destruction des grands chantiers par Didier Robert a permis à l’État de faire une économie de 3 milliards d’euros. Les décisions du président de Région ont en effet remis en cause le Protocole de Matignon signé en 2007, dans le but de financer le tram-train et la route du littoral.
Quant à la question des dépenses de l’État, force est de constater que deux ans d’atermoiements autour de la défiscalisation ont permis au final au gouvernement de faire une belle économie. Car un logement qui ne se construit pas à La Réunion, c’est une dépense en moins pour l’État.

Céline Tabou


La politique du gouvernement inquiète le MEDEF-Martinique

Dans un communiqué diffusé lundi, le président du MEDEF-Martinique affirme que « la crise de 2009 dans les DOM, le plafonnement de l’aide à l’investissement outre-mer et le rabot de la défiscalisation du logement subi dans le cadre de la loi de développement économique des outre-mers ont engendré une situation économique très difficile sur ces territoires ainsi qu’une perte totale de confiance des investisseurs ». Et de préciser que « la défiscalisation outre-mer reste aujourd’hui le seul moyen efficace de drainer de l’épargne dans ces économies afin de créer ou de maintenir l’emploi sur ces territoires, où le taux de chômage dépasse largement les 20% ».
La fin programmée de l’aide à l’investissement dans le logement libre et intermédiaire « a totalement stoppé les investissements sur ce secteur » et « la mise en place annoncée de l’aide à l’investissement dans le logement social tarde à se faire », écrit le patron du MEDEF-Martinique cité par l’AFP.
Autrement dit, en Martinique, même le MEDEF compte les victimes de la politique du gouvernement !


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