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Les inquiétudes de Christine Lagarde

Crise en Europe

Céline Tabou / 26 décembre 2011

Dans une interview dans “Le journal du Dimanche”, la présidente du Fonds Monétaire International, Christine Lagarde s’est alarmée de la situation économique mondiale, qui serait en danger. Après avoir mis en garde contre les risques d’instabilité financière, cette dernière a indiqué que la crise en Europe n’était pas enrayée.

« L’économie mondiale est dans une situation dangereuse », « à un tournant très dangereux » et les dirigeants européens doivent accélérer la mise en œuvre des mesures décidées, a expliqué Christine Lagarde.

Des erreurs politiques

Le quotidien indique que la présidente du FMI « observe la zone euro entraîner le reste des pays du globe vers la panne économique et financière. Elle pointe le risque de troubles sociaux ». En effet, malgré le sommet de crise, le 9 décembre à Bruxelles, prévoyant le changement des traités des l’UE pour renforcer l’intégration budgétaire et engager chaque pays à respecter les règles, ainsi que le refinancement des banques par la Banque Centrale Européenne, les « problèmes restent politique ».
« Il y a eu des progrès considérables en Europe mais ils ont graduels et mal compris (...) Il serait utile que les Européens parlent d’une seule voix et annoncent un calendrier simple et détaillé. Les investisseurs l’attendent. Les grands principes ne les impressionnent pas », a-t-elle indiqué. Le Conseil européen a décidé de rédiger un nouveau traité intergouvernemental destiné à renforcer la discipline, l’intégration et la convergence. Ce traité devrait permettre, selon Bruxelles, de garantir le respect des nouvelles règles plus strictes de l’UE en matière de déficit et de dette, cependant, ce traité est toujours une idée.
Face à l’aggravation de la situation, Christine Lagarde a attesté que « le Vieux Continent plonge dans la récession, freine le commerce mondial et la production. Et sa crise financière se répand en une crise de confiance dans les dettes publiques et dans la solidité du système financier ».

La croissance mondiale en baisse

Les prévisions du FMI seront à la baisse, après avoir statué à 4% de croissance il y a quelques mois. La présidente a annoncé que les États-Unis, le principal acteur de l’économie mondiale, étaient touchés et que la croissance des pays émergents était stagnante. En effet, la Chine, le Brésil et la Russie voient leurs prévisions de croissance revues à la baisse, « ces pays, qui étaient des locomotives, subissent ces facteurs d’instabilité », a-t-elle précisé.
Au-delà des pays émergents et des économies occidentales, Christine Lagarde craint pour les pays pauvres, dont « les conséquences peuvent être rudes quand les expatriés baissent leurs transferts d’argent. Cette instabilité est un danger pour l’ensemble des pays du monde. La croissance mondiale s’en ressentira ».
Christine Lagarde a fustigé « le chacun pour soi ». « Il est difficile de mettre en place les stratégies de coalition internationale contre la crise. Les parlements nationaux rechignent à engager les finances publiques ou la garantie de leur État pour soutenir d’autres pays. Le protectionnisme est dans les débats, et le chacun pour soi gagne du terrain », a-t-elle averti.

Céline Tabou

Budget 2012/2012 en baisse pour les Nations Unies

L’assemblée générale des Nations Unies a approuvé samedi 24 décembre une réduction de 5% du budget de l’ONU pour les années 2012-2013, par rapport à la période 2010-2011. Il s’agit de la seconde fois, en 5 ans, que l’institution réduit ses dépenses. Pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, c’est un écho aux mesures d’austérité prises par de nombreux gouvernements du monde entier face à la crise économique. Après de longues négociations, le budget est statué à 5,15 milliards de dollars, soit 3,95 milliards d’euros. Généralement, les négociations sont marquées par des mésententes entre les pays pauvres, qui souhaitent une hausse des dépenses de développement, et les économies occidentales qui veulent maîtriser leurs propres budgets. Toutefois, le budget voté samedi n’inclut pas les dépenses concernant les missions de maintien de la paix, dont le coût est actuellement évalué à 7 milliards de dollars par an et qui font l’objet de négociation distincte.


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