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Les jeunes au coeur de la crise à La Réunion

Plus de 11.000 candidats au bac cette année, manifestation de jeunes pour l’emploi à Saint-Louis

Manuel Marchal / 6 juin 2015

Jeudi à Saint-Louis, des jeunes ont manifesté pour avoir un emploi. Hier, le rectorat a annoncé que plus de 11.000 jeunes sont candidats au bac cette année. Dans les années qui viennent, tous seront à la recherche d’un travail. Mais aujourd’hui, le système est bloqué. Les richesses de la jeunesse sont gaspillées. La majorité des jeunes est au chômage.

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L’an passé, des milliers de jeunes étaient venus à un carrefour pour l’emploi à Saint-Paul. C’était 4 mois après les résultats des examens.

Jeudi, des jeunes ont manifesté à Saint-Louis pour revendiquer un emploi. Ce mouvement montre une nouvelle fois l’impasse dans laquelle se situe la jeunesse. À quelques jours de la visite de Manuel Valls, Premier ministre, les jeunes sont au coeur de la crise.

Le baccalauréat est plus qu’un examen, c’est devenu un événement. Le Rectorat a organisé hier une conférence de presse pour présenter l’édition 2015. 11.340 candidats sont inscrits cette année. Ils se répartissent selon les séries suivantes :

– 3.619 candidats au bac professionnel, soit un tiers ;
– 2.897 candidats au bac technologique, soit un quart ;
– 4.824 candidats au bac général, soit plus de 42 %.

Deux nouvelles dispositions entrent en vigueur cette année. Elles pourront contribuer à améliorer le taux de réussite dans les prochaines sessions. Les notes égales ou supérieures à 10 pourront être conservées pendant 5 ans, et le redoublement dans le même établissement devient un droit.

10.000 bacheliers par an

L’an passé, le taux de réussite à l’examen était de 85 %. C’était presque celui de la France, où il était de 88 %. Il était de 82 % dans le bac professionnel, de 90,6 % pour le bac technologique et de 90,9 % pour le bac général. Sur la base de la tendance observée depuis plusieurs années, ce sont au moins 10.000 jeunes qui obtiendront le bac cette année. Ce sont donc 10.000 jeunes qui vont revendiquer au cours de ces prochaines années le droit à un travail.

Ils vont s’ajouter aux lauréats des années précédentes. L’économie n’arrive pas à fournir un travail à ces jeunes diplômés. C’est pourquoi le gouvernement a choisi d’ouvrir à ces jeunes la possibilité de solliciter un emploi d’avenir. C’est une des mesures phares de la politique publique du traitement social du chômage.
L’an dernier, 3.650 emplois d’avenir ont été signés, dont 2.831 dans le secteur public qui bénéficient d’une aide de l’État égale à 90 % du SMIC net pendant 3 ans.
Comparer ces nombres à celui des candidats au bac relativise immédiatement les mesures du gouvernement.

La majorité des jeunes au chômage

Les bacheliers ne sont pas les seuls à revendiquer un travail une fois leurs études terminées. Nombreux sont les jeunes à quitter l’école avec un diplôme de niveau 5 (CAP-BEP). D’autres sortent du système scolaire sans diplôme. Le taux de chômage chez ces derniers atteint 70 %. Mais le diplôme ne protège pas du chômage. 60 % des jeunes de moins de 25 ans ayant quitté l’école sont à la recherche d’un emploi.
La publication des chiffres du bac 2015 rappelle le défi considérable qui attend tous les responsables politiques. Comment arrêter de gaspiller les richesses de la jeunesse ? C’est en effet l’élément le plus dynamique de la société qui est majoritairement exclu du monde du travail. Cela suppose une remise à plat de tout ce qui s’est fait jusqu’à présent.

Quelles sont les propositions des candidats aux régionales sur ce sujet ?


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