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Les licenciements redémarrent après l’élection présidentielle

Plusieurs grandes entreprises concernées en France

Céline Tabou / 11 mai 2012

Les syndicats s’inquiètent des licenciements à venir dans de nombreux grands groupes, tels que Carrefour, Danone, Air France-KLM. De nombreux dirigeants avaient reporté leurs plans sociaux, après y avoir été conviés avant l’élection présidentielle.

L’élection présidentielle est terminée, les licenciements devraient reprendre, a laissé entendre Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, dans les colonnes du quotidien “Libération”. D’après “Les Echos”, Air France, PSA, Carrefour, Rio Tinto Alcan, Technicolor à Angers seraient concernées, mais également Renault ou Areva dans les prochaines semaines.
« Nous redoutons une recrudescence des destructions d’emplois dans l’industrie exposée aux exportations et dans les secteurs liés à la consommation (agroalimentaire, restauration, tourisme) en raison de la baisse du pouvoir d’achat », a expliqué Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT, dans “Le Monde”. Ce dernier propose « d’augmenter le financement du chômage partiel, de le multiplier par cinq, ou déjà "au moins par deux", pour le destiner aux PME-PMI en difficulté ».
La relance des plans sociaux a été relayée par la presse économique qui a annoncé que de nombreux plans sociaux étaient restés cachés pendant la présidentielle. Certains observateurs évoquent des pressions pour ne pas ternir un peu le bilan du président sortant et d’autres, par « autocensure ». Selon “Le Monde”, dès février, « François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, évoquait des interventions du gouvernement auprès d’entreprises pour qu’elles repoussent leurs plans de licenciement après les élections ». Ces interventions concernent principalement les entreprises détenues par l’État, ou dans lesquelles il a une participation comme Areva ou Air France-KLM. 
Cependant, François Chérèque aurait évoqué par le passé que des consignes auraient été données par Xavier Bertrand, le ministre du Travail, aux DRH de certains groupes pour qu’ils ne licencient pas pendant la campagne, niées rapidement par le ministre. Cependant, selon le magazine Challenges, la FNAC a été obligée de repousser son projet de licenciement annoncé en janvier.
Face à l’ampleur de la situation, les syndicats et le patronat souhaitent rencontrer le nouveau président, François Hollande, avant les législatives de juin, pour définir l’agenda social du quinquennat qui débute dans un contexte de hausse du chômage et de crise de l’euro. D’autant plus qu’à la mi-juillet, le chef de l’État devra prendre part à la Conférence nationale pour la croissance et l’emploi où chaque acteur fera une série de mesures sur l’assainissement des finances publiques et la compétitivité des entreprises pour le patronat et sur l’emploi, l’augmentation des salaires et la protection sociale pour les syndicats.

Céline Tabou

Déclaration de la CGT suite à l’élection présidentielle

Place au changement par le progrès social

La CGT a publié mercredi une déclaration dont voici la teneur.


« Une majorité de citoyens a élu un nouveau Président de la République le dimanche 6 mai 2012.

La participation importante des électrices et électeurs témoigne de leur mobilisation pour intervenir sur les choix à venir.

Le résultat de l’Élection présidentielle exprime un « désaveu » pour Nicolas Sarkozy. Sa politique autoritaire et antisociale, son passage en force sur la réforme des retraites et sa façon de gouverner sont maintenant clairement sanctionnés.

La CGT s’en félicite.

L’influence des thèses racistes et xénophobes a été omniprésente tout au long de la campagne. La CGT poursuivra son combat contre la division, les idées d’extrême-droite et les discriminations, pour « le travailler et vivre ensemble ».

L’élection de François Hollande est aussi l’expression d’une forte aspiration à un changement de politique économique et sociale. Elle s’était déjà exprimée dans les mobilisations sociales en 2009, 2010 et dernièrement lors du 1er mai 2012 contre les discriminations et pour la justice sociale.

Un contexte, a priori plus favorable à la satisfaction des revendications, est créé. Il doit se traduire par des décisions nouvelles, propres à changer le quotidien des salariés, retraités et privés d’emploi, à donner confiance aux jeunes dans leur avenir alors que les exigences patronales et celles des marchés financiers sont toujours aussi présentes.

L’intervention et l’action syndicale doivent être renforcées. Dans l’immédiat, tous les syndicats doivent refuser l’extension de la flexibilité exigée par le MEDEF au travers des accords dits « compétitivité emploi ».

Un véritable changement passe par la création d’emplois, l’augmentation des salaires, la reconnaissance et la revalorisation du travail, de son contenu et de sa finalité, le développement des services publics sur l’ensemble du territoire, un haut niveau de protection sociale et une véritable politique industrielle.

La réponse aux enjeux économiques et sociaux passe par une autre répartition des richesses au service du développement humain durable.

L’avenir de l’Europe ne peut se construire par la mise en concurrence sociale et fiscale entre pays, il faut une Europe solidaire et sociale axée sur la croissance et la coopération et non sur l’austérité généralisée imposée à l’ensemble des salariés.

La CGT continuera à être active pour le progrès social indispensable pour sortir de la crise et entend créer les conditions de l’action syndicale unitaire pour y parvenir.

Dans cette situation nouvelle et ouverte, la CGT appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi à rester mobilisés, à s’organiser, à se syndiquer à la CGT pour poursuivre leur action au travail, dans la vie, dans la cité pour faire aboutir leurs revendications ».


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