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Les limites du capitalisme

Festival mondial de la Jeunesse en Afrique du Sud

Céline Tabou / 30 décembre 2010

Depuis 2008, les exemples de la fin du modèle capitaliste pullulent. En effet, les États-Unis, première nation à avoir été touchée par l’effondrement d’une de ses banques, a entrainé avec lui les économies européennes : Espagne, Portugal, Italie, Irlande, Grèce et bien d’autres. Les conséquences du capitalisme ont fait l’objet de plusieurs débats lors du 17ème Festival mondial de la Jeunesse et des Étudiants organisé du 13 au 21 décembre en Afrique du Sud.

L’économie de marché est devenue néfaste pour les pays, mais les dirigeants n’hésitent pas à injecter des milliards pour sauver des banques responsables de la chute des budgets étatiques. Certains États, comme la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, ont mis en place des plans de rigueur afin d’éviter la faillite de leur pays. Mais, au final, ce sont les contribuables qui paient le prix des erreurs des banques, et des dirigeants.
Le Festival mondial de la Jeunesse et des Étudiants a consacré plusieurs séminaires sur les conséquences du capitalisme dans les sociétés d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse des pays en voie de développement ou des pays industrialisés, il n’en est pas moins que les travailleurs restent les premières victimes de ce système, basé sur l’exploitation du travail, de l’environnement et des ressources.

Une Europe libérale instable

Arguant le libre échange, l’économie européenne prend de plein fouet la crise économique et financière internationale, non sans en faire partir les contribuables. Comme l’a expliqué Pierre Ivorra, dans “L’Humanité”, ce sont les pays tels que la Grèce, l’Irlande, le Portugal, où le coût du travail est le plus bas, où le marché de l’emploi est le plus déréglementé et où la protection sociale est la plus faible, qui sont le plus atteints par la spéculation des marchés financiers contre leur dette publique.
Alors que les gouvernements européens, comme l’Allemagne, la France, et la Grande-Bretagne, mettent en place des plans d’austérité pour éviter la banqueroute, les agences de notations n’hésitent pas spéculer sur les économies d’États, et sur l’euro. Ces mesures aggravent la situation, et risquent d’entraîner une contagion dans toute l’Europe, et pas seulement. D’autant plus que l’Europe a besoin, pour sortir de la crise, de « solidariser les pays de la zone euro, et de l’Union » sur des bases sociales et économiques stables, et créatrices d’emplois.
A l’inverse des politiques économiques menées par les différents États d’Europe, l’Islande a décidé de laisser s’effondrer ses banques. En 2008, la défaillance de celles-ci a conduit le pays à un déficit de 15% du PIB de la balance de paiement. Pour ne plus être dépendant du capitalisme, et surtout de l’économie de marché, le président islandais décide, soutenu par un référendum populaire, de laisser les banques s’écrouler. De fait, l’Islande n’a pas emprunté plus que de raison, comme l’Espagne ou la Grèce, et n’aura pas à terme le besoin de rembourser à des taux exceptionnels son crédit fait auprès de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.

Un nouvel ordre mondial et la fin du capitalisme

Alors que les États-Unis peinent à rehausser leur croissance, et à trouver des solutions contre le chômage et l’élévation de la précarité, le monde commence à changer. Les économies d’Asie sont celles qui s’en sortent le mieux dans cette crise économique et financière internationale, de même que l’Afrique, qui a une croissance de plus de 4% en 2010. Non seulement le monde va s’articuler autour des pays du Sud, avec la Chine, l’Inde, le Japon, et les pays africains, mais certains observateurs internationaux prédisent la fin du capitalisme.
« La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin », a expliqué Immanuel Wallerstein, chercheur au département de Sociologie de l’Université de Yale, au “Monde”.
Suivant cette analyse, et voyant les tentatives du gouvernement américain de s’imposer sur le plan économique et financier en Chine et en Europe, il est possible de penser que les États-Unis perdent pied, et tentent de réaffirmer leur domination en lançant des guerres impérialistes en Irak et en Afghanistan.

L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes.

Sur le plan écologique, les conséquences du changement climatique ont donné lieu à des catastrophes sans précédent, dues en grande partie aux activités des entreprises, et à l’absence de volonté politique de mettre en place une politique environnementale viable.

Céline Tabou


Kanalreunion.com