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Les manifestants campent toujours à Notre-Dame-des-Landes

Crise en France

Céline Tabou / 14 décembre 2012

De nouveaux heurts ont opposé le 12 décembre des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes aux policiers sur la zone du projet, alors que la justice a ordonné l’expulsion des opposants et que la Préfecture de Loire-Atlantique a dénoncé un « guet-apens ».

Selon Michel Tarin, membre historique de la Coordination, « ça a canardé des deux côtés. (…) La violence, il ne faut pas que ça continue, ça dessert tout le monde. Mais la violence vient du fait que ce territoire est occupé tant qu’on maintient la pression comme ça. Faut pas croire que ce sera sans problème ».

Des décisions de justice rejetées par les manifestants

Le Tribunal de Grande instance de Saint-Nazaire a autorisé la police à détruire les nouvelles cabanes devenues symboles de la lutte anti-aéroport. De son côté, la Préfecture de Loire-Atlantique a appuyé cette décision et indiqué que le Préfet Christian de Lavernée avait demandé et obtenu de la justice l’autorisation d’expulser leurs occupants.

Christian de Lavernée a estimé le 12 décembre que l’État avait désormais « tous les instruments juridiques pour choisir le moment d’intervenir, en opportunité avec la volonté du gouvernement d’ouvrir le dialogue avec le plus grand nombre ».

Face aux menaces, les manifestants campent sur leurs positions. Dans un communiqué, ils ont indiqué qu’ils mettaient « dès maintenant en place les recours juridiques nécessaires ». « Dans ce contexte, tout recours à la force publique et expulsion constituerait clairement un passage en force sur le plan juridique et politique », ont-ils ajouté. Le mot d’ordre circule chez les opposants : « Tant qu’on sera là, les travaux pour l’aéroport ne pourront pas commencer ».

Imbroglio politique

Le gouvernement maintient ses positions et a appelé au calme. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a défendu dernièrement le projet et déclaré : « Un pays ne peut se passer de grands projets d’infrastructures. Ils suscitent partout des interrogations, parce qu’ils sont complexes, lourds, structurants et touchent aux équilibres établis. Ces interrogations sont naturelles. Ce qui l’est moins, dans un État de droit, c’est la contestation violente ».

Appelant au dialogue, le Premier ministre n’a pu stopper les récentes décisions de justice qui ont entraîné une série de heurts. Ce dernier a annoncé la mise en place d’une commission de travail entre les opposants et les défenseurs, afin d’établir un rapport, publié dans quatre mois.

De son côté, la co-présidente du groupe des députés écologistes, Barbara Pompili, a mis en garde le gouvernement contre un risque de nouvelles tensions dans le cas d’expulsions d’opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), jugeant que les « extrémistes » étaient « ultra-minoritaires ».

« S’il y a expulsions, ça va se tendre », a déclaré sur Canal+ la députée de la Somme. Cette dernière a ajouté qu’ « on n’est pas à deux minutes près. Les cabanes, ce n’est pas le problème pour l’instant. La question, c’est le débat » autour de ce projet.

Céline Tabou  


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