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Les mesures du gouvernement vivement attendues

Une situation économique et sociale grave

Céline Tabou / 29 juillet 2014

A l’occasion d’une conférence de presse, le Parti Communiste Réunionnais a évoqué la situation économique et sociale de La Réunion, qui demande des décisions de la part du Président de la République, car « la situation est tellement grave qu’il faut qu’il parle ».

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Le PCR a réaffirmé sa solidarité envers la mobilisation organisée à Bois Rouge et a évoqué le silence de François Hollande.

Ary Yee Chong Tchi Kan a insisté sur « les éléments importants qui se sont produits » récemment et qui nécessitent « des décisions de la part du Président ». Le report de la visite de François Hollande est compréhensible pour Maurice Gironcel, cependant « les problèmes posés à La Réunion sont d’autant plus d’actualité ».

Des attentes fortes

« Le président a tous les éléments en main, il connait la situation, ses conseillers ont d’ailleurs reçus notre analyse de la situation et nos propositions », a expliqué Maurice Gironcel, ajoutant que « l’ensemble de la classe politique, syndicale et associative a interpellé le président sur la situation grave à La Réunion ». Pour le PCR, le contexte impose de « changer de système ». « Le président était au courant des demandes des réunionnais, qui attendent des réponses de sa part, mais on est désormais toujours dans l’attente », a expliqué ce dernier.
« Les attentes sont fortes », notamment dans le domaine de la régionalisation de l’emploi et de la pérennisation de la filière canne, actuellement remise en cause par la suppression des quotas et des prix garantis. Face à cela, « pourquoi ne fait il pas des annonces depuis Paris ? ». D’autant que « depuis l’annonce du report de sa visite, aucune date n’a été fixée ». « Plus le silence durera, plus les doutes dans l’esprits des acteurs s’installera », a indiqué Maurice Gironcel.
Concernant les planteurs, le PCR a réaffirmé sa solidarité envers la mobilisation organisée à Bois Rouge et a évoqué le silence de François Hollande, « pourquoi Saint ce qu’il ne dit pas aux planteurs qu’il y a des solutions », comme celles évoquées par le préfet, Jean-Luc Marx. Pour Maurice Gironcel, le silence du président ne fait qu’exacerber « encore plus la colère des Réunionnais ».
Ce dernier a ainsi affirmé que « la clé est entre les mains du président. Il doit confirmer ou pas sa volonté d’aider la filière d’ici 2017, voir au-delà 2021. Si il le fait, la convention sera reconduite pour les 6 prochaines années et plus, ce serait alors un espoir pour les planteurs, alors pourquoi attendre ? ».

Le danger des APE pour La Réunion

D’autant plus que « ce ne sont pas quelques aménagements pendant un an ou deux qui vont boucher les yeux des planteurs », a indiqué Yvan Dejean. Pour ce dernier, « toute la production agricole réunionnaise est menacée par les accords de partenariats économiques » (APE). Ces accords « sont passés actuellement entre l’Union européenne et les pays concernés en fonction des intérêts de l’Union Européenne » a expliqué Elie Hoarau.
Ce dernier a expliqué que le programme du PCR « souhaite un co-développement régional mais on exige qu’on soit les acteurs dans ces accords passés avec les pays de la zone, dans le cadre d’un gagnant-gagnant selon les intérêts des réunionnais des pays concernés ». En effet, « l’Union Européenne est en train de signer des accords qui portent atteinte directement à notre production, car les produits venant de Maurice, Madagascar, des Comores, de la Tanzanie et entre autre du Mozambique pourront entrer librement en Union européenne, donc à La Réunion, sans taxe, ni droits de douane ».
Une situation vivement critiquée par le PCR qui a accusé le gouvernement d’avoir signé ces accords « sans consulter les élus locaux, sans avoir fait connaitre les clauses de sauvegarde (pour certains produits réunionnais, ndlr), ni prévenu que ces accords allaient être signés », a expliqué Yvan Dejean.
Pour ce dernier, « sous peu nous serons livrés à la concurrence libre et non faussée pour toute la production agricole, mais aussi dans l’industrie et les services ». Raison pour laquelle, cette situation « nécessite des moyens de passer des accords avec nos voisins, des accords équilibrés et non des accords qui ne prennent pas en compte nos productions et nos intérêts », a conclu Elie Hoarau.

 Céline Tabou 

Pas de catastrophisme, de l’information


Concernant l’octroi de mer, Yvan Dejean a évoqué l’étude qui est faite de celle-ci par les autorités. Dans un contexte économique morose, la suppression de l’octroi de mer entrainerait la perte de 30.000 emplois selon les producteurs cités par le secrétaire général du PCR. Pour ce dernier, « ce n’est pas seulement la filière agricole qui est concernée mais bien tout le système de production de La Réunion ».
Face aux « invectives, aux insultes et aux menaces », Yvan Dejean a réfuté tout catastrophisme attribué au PCR, évoquant les alertes lancées par son parti sur le géranium, la vanille et aujourd’hui la canne à sucre. Face à ces menaces, « on dit que l’on va assister à l’écroulement de toute l’édifice bâti depuis 1946 (loi de départementalisation) , raison pour laquelle ne sommes nous pas arriver à la fin d’un système ? », a posé ce dernier.
"Le moment arrive pour changer radicalement de cap parce que si rien ne change, on va vers la plus grande crise de l’histoire de La Réunion, dont les conséquences seront plus graves que ce qu’on a connu en 1946 ».


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