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Les occupants du Conseil général quittent les lieux

À la veille du cocktail de départ offert par le préfet

Manuel Marchal / 3 février 2010

Pendant 28 jours, des anciens salariés de l’ARAST ont occupé le Conseil général. Ils demandaient deux choses. Tout d’abord que le Conseil général les embauche, ensuite que le Conseil général leur verse des indemnités de licenciement. Pendant ces 28 jours, l’AGS, qui doit payer les indemnités, est restée à l’abri des revendications des travailleurs ce qui est pour le moins étonnant. Tout aussi étonnant est la décision du tribunal qui se considère incompétent alors que pendant 28 jours, le Conseil général a été occupé. Il est tout aussi remarquable que la levée de l’occupation du Conseil général ait lieu à la veille du cocktail donné par le préfet à l’occasion de son départ. C’est l’échec de ceux qui ont utilisé la voie politicienne en utilisant les travailleurs, uniquement pour permettre à Objectif Réunion de faire son numéro.

Pendant 28 jours, une institution de la République a été paralysée. Hier, la Justice s’est déclarée incompétente pour juger cette "voie de fait", ce qui équivalait à ne pas empêcher la poursuite de cette occupation.
Mais au bout de 28 jours, les occupants ont quitté les lieux, et leur revendication n’est pas satisfaite pour la simple raison que ce n’est pas au Conseil général de payer les indemnités de licenciement.
Durant ces 28 jours, l’application de la loi a été suspendue, puisque l’AGS n’a pas commencé à verser les indemnités dues aux salariés licenciés à la suite de la liquidation de l’ARAST. Ces 28 jours ont été marqués par la rencontre avec un conseiller du président de la République à la préfecture, puis par la tenue d’une table ronde dont la conclusion allait désavouer les prévisions du conseiller de Nicolas Sarkozy.
Durant ces 28 jours, des élus de la République, à qui le peuple a confié la direction d’une assemblée, ont été la cible d’attaques incessantes et d’une rare violence. Durant ces 28 jours, le Conseil général a été paralysé, tout comme la Région l’avait été durant le blocus exercé par des transporteurs. C’est une caractéristique de la violence institutionnelle, car comment peut fonctionner une assemblée élue par le peuple si elle est occupée ou encerclée ? Et donc par conséquent, comment les élus peuvent-ils accomplir le programme qu’ils doivent réaliser au nom du peuple ?
Pour les travailleurs licenciés de l’ARAST, la situation s’est aggravée depuis 28 jours, car pour ce qui les concerne, l’état de droit n’est toujours pas appliqué. En effet, l’AGS refuse toujours de payer les sommes qu’elle doit aux travailleurs.
Le résultat de l’occupation du Conseil général démontre clairement que les inspirateurs de cette stratégie ne veulent pas que les travailleurs aient rapidement droit à leurs indemnités. Au contraire, ils tentent toujours par tous les moyens de faire traîner le règlement de cette liquidation judiciaire. Qui est donc prêt à combattre à ce point l’intérêt général des Réunionnais ?

M.M. 


Les anciens de l’ARAST quittent le Conseil général

Après 28 jours passés à camper au Palais de la Source, siège du conseil général, les anciens salariés de l’ARAST (association régionale d’accompagnement social territorialisé) ont quitté les lieux hier après-midi. Le problème du non versement de leurs indemnités de licenciement, cause principale de leur colère, n’est toujours pas résolu.
Après avoir été jusqu’à 40 à dormir dans l’hémicycle tous les soirs, ils n’étaient plus qu’une quinzaine depuis quelques jours. Assignés devant le tribunal de grande instance (TGI) par le Département pour « occupation illégale » du siège de la collectivité, les derniers irréductibles ont donc attendu que le TGI déclare irrecevable la requête du conseil général pour partir d’eux-mêmes. Comme en début de mouvement, les derniers irréductibles étaient soutenus quotidiennement par une centaine de personnes massée devant les grilles du Département.
Depuis plusieurs jours des voix s’élevaient, l’intersyndicale principal soutien du mouvement par exemple, pour demander aux travailleurs sociaux de quitter le Palais de la Source au profit « d’autres formes de lutte ». Les ex de l’ARAST ont fini par partir sous les applaudissements de leurs collègues. « Mais nous n’arrêtons pas la lutte pour autant. Dès demain nous serons de nouveau sur le terrain. Notre mobilisation continuera jusqu’aux régionales s’il le faut. Il faudra bien que l’on nous paye nos indemnités », soulignait Valérie Bénard, porte-parole des anciens de l’ARAST qui souhaite monter une liste aux régionales.
Ce problème d’indemnisation reste en effet entier. L’AGS (assurance garantie des salaires) refuse toujours d’appliquer la loi. Cette décision est à l’origine de la crise actuelle.


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