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Les planteurs de betteraves se préparent à « affronter durablement nos concurrents mondiaux »

Quelles perspectives dans 7 ans pour la production de sucre ?

Manuel Marchal / 18 mars 2013

Le vote du Parlement européen donne une information : le quota et le prix garantis du sucre produit à La Réunion seront maintenus jusqu’en 2020 si le Conseil européen est d’accord avec le vote. Pour l’après 2020, les planteurs de betteraves s’apprêtent à affronter la concurrence du marché mondial, qu’en est-il pour les acteurs de la production sucrière à La Réunion ?

Lors d’une conférence de presse hier, la CGPER a donné son point de vue suite au vote du Parlement européen du prolongement du règlement sucrier jusqu’en 2020. Ce vote fait taire les interrogations, estime la CGPER. Son communiqué d’invitation précise en effet ceci : « comment peut-on dire aujourd’hui que la filière canne est en sursis puisque le Parlement européen a voté pour le prolongement de la réforme canne jusqu’à 2020 avec une concrétisation prochaine des États membres » .

Pour la CGPER, «  la production de canne à sucre indispensable et incontournable à La Réunion, c’est une valeur économique sûre et importante. C’est une culture qui est pivot de la diversification et le pilier de l’agriculture réunionnaise » . Le secteur agricole est même un des seuls à ne pas avoir subi la crise ces deux dernières années, estime le syndicat.

Un autre syndicat a donné son point de vue sur le vote du Parlement européen, c’est la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Rappelons qu’à La Réunion, les deux usines sucrières ont été rachetées par une coopérative de planteurs de betteraves, Téréos.

Dans son communiqué daté du 13 mars, la CGB se félicite d’une prolongation du régime actuel de 5 ans. Car si la date de 2020 est retenue au terme du processus de co-décision entre le Parlement et le Conseil des ministres de l’Union européenne, alors 5 ans auront été gagnés par rapport à la proposition de la Commission européenne qui voulait tout arrêter en 2015.

Pour la CGB, le maintien du quota et du prix garantis du sucre jusqu’en 2020, c’est le «  délai indispensable pour nous permettre d’acquérir le niveau de compétitivité nécessaire pour affronter durablement nos concurrents mondiaux » . Autrement dit, pour la CGB, le futur règlement sera la dernière barrière protégeant les producteurs européens de la concurrence mondiale. Les betteraviers vont donc réformer leur outil de production pour être capables de survivre dans le marché mondial unique. Le sucre produit à La Réunion sera-t-il traité différemment ?

M.M.

Le communiqué de la Confédération générale des planteurs de betteraves

« Après une prise de position favorable, le 23 janvier dernier, de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, les députés européens viennent d’adopter à une très large majorité la reconduction du Règlement Sucre jusqu’en 2020.

Cette prise de position, sur la reconduction pour 5 ans du Règlement Sucre, est conforme aux attentes de l’ensemble des planteurs de betteraves de l’Union européenne. De plus, toutes les dispositions en matière de quotas, de prix, et de relations contractuelles et interprofessionnelles, sont conservées.

La CGB y voit la reconnaissance de l’efficacité de l’ensemble des outils de régulation qui permettent de maintenir le revenu des planteurs de betteraves, de développer une industrie capable d’investir et de créer des emplois en zone rurale et de fournir à ses clients des produits que ce soit du sucre, de l’alcool ou de l’éthanol de qualité et conformes aux standards européens et mondiaux.

De plus, les discussions qui sont intervenues cette semaine dans le cadre de la préparation du Conseil des Ministres de l’Agriculture des 18 et 19 mars, grâce à une majorité d’États membres en faveur d’une reconduction pour 5 ans, laissent présager une position du Conseil des Ministres de l’Agriculture qui devrait prendre en compte la position du Parlement européen.

« Je voudrais saluer, à cette occasion, l’excellent travail de Michel Dantin qui a conduit les députés, dans le cadre de débats approfondis, à se prononcer à une large majorité en faveur d’une reconduction du Règlement Sucre jusqu’en 2020, délai indispensable pour nous permettre d’acquérir le niveau de compétitivité nécessaire pour affronter durablement nos concurrents mondiaux » (*) , a déclaré Éric Lainé, président de la CGB.

Par ailleurs, Éric Lainé invite la majorité des États membres qui sont en faveur de cette reconduction du Règlement Sucre pour 5 ans, à parvenir, lors du Conseil des Ministres de l’Agriculture des 18 et 19 mars prochain, à une position du Conseil conforme à celle du Parlement européen ».

(*) NDLR : passage mis en gras par nos soins.


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