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Les premières briques d’un projet pour l’avenir

Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion

Témoignages.re / 17 octobre 2009

Les jeunes ont présenté plusieurs propositions qui constituent les premières briques de "Nou lé kapab, 1.000 projets pour l’avenir des jeunes Réunionnais". Ce sont des propositions qui peuvent donner une vision à 20 ans du développement de La Réunion, tout en apportant des réponses immédiates à l’urgence sociale connue par les jeunes. Les jeunes sont en effet particulièrement touchés par le chômage.

• Des propositions concrètes et réalisables dans le domaine de l’emploi :

1) accorder une bourse au jeune diplômé, de moins de 25 ans, pour l’accompagner dans ses deux premières années de recherche d’emploi ou de préparation au concours.
2) Effectuer une étude du marché de l’emploi et mettre en place un calendrier (bisannuel) des besoins. Meilleure adéquation entre les formations proposées et les besoins réels.
3) Faciliter l’accès des jeunes à l’emploi sous forme d’incitations fiscales ou financières aux entreprises.
4) Améliorer l’accompagnement à la mobilité dans le sens du départ comme celui du retour.
5) Valoriser la mobilité dans la région Océan Indien.
6) Ouvrir les formations futures sur le développement durable et les métiers de la mer et de la nature.
7) Pour les jeunes parents, le système de garde d’enfants doit être amélioré (plus de structures moins onéreuses et développer les gardes d’enfants à domicile).
8) Rendre obligatoire l’éducation professionnelle dans le cursus scolaire. Ouvrir l’université sur le monde professionnel où les stages sont obligatoires, pour que les étudiants soient opérationnels dès leur fin d’étude.
9) Pratiquer la Discrimination positive ou moratoire pour le recrutement dans la fonction publique. La Réunion est au bord du gouffre ; elle ne peut plus se permettre le luxe de recruter à l’extérieur.

• L’éducation et la formation

1) La gratuité réelle des écoles (bus, cantine, livres).
2) Une injustice flagrante à l’île de La Réunion et dans les DOM-TOM en général est que les jeunes diplômés ne peuvent d’une part pas prétendre à tous les concours existant sur le continent et souffre d’autre part d’une concurrence déloyale, au sens où, contrairement aux résidents de l’hexagone, ils ne peuvent pas concourir à plusieurs lieux pour un même examen, comme cela se fait couramment et facilement en France. Cela signifie que les iliens ont beaucoup moins de chance de participer et donc de réussir, alors que le but d’un concours, selon ses fondements, est de réduire les inégalités. Aussi, une façon juste de finir ce type d’irrégularité est, par exemple, des dates communes à tous les concours d’une catégorie, comme cela se fait pour le concours des certifiés de l’Education nationale. Si cela est réalisable pour quelques concours, pourquoi il ne pas en être ainsi pour tous les autres ? Une autre alternative à cette injustice est le passage des concours par visioconférence ou la délocalisation de tous les concours nationaux localement.
3) Par ailleurs, les sujets des concours, à l’image des formations, sont souvent loin du futur métier visé, entrainant un manque d’efficacité au travail suivant les 2 premières ; aussi, les formations et concours doivent être mieux adaptés aux besoins.
4) Donner une part plus importante à l’identité réunionnaise (histoire, culture, langue...) dans les programmes scolaires, pour que les enfants grandissent en étant fiers de ce qu’ils sont et non qu’ils en portent les complexes.
5) Favoriser le développement de nouvelles filières en lien avec les besoins du pays, comme les métiers de la mer, des énergies renouvelables, l’écologie, ... et diffuser la liste des métiers d’avenir.
6) Renforcer en nombre d’heures les stages en entreprise et la découverte professionnelle dans le parcours scolaire général. Maximiser l’expérience professionnelle dans le milieu scolaire ou universitaire.
7) Donner aux stages et formations une vraie valeur en les rémunérant sur la base du SMIC et en les intégrant pour la retraite.
8) Accorder les aides sociales non pas sur le critère des parents, mais selon les critères propres du jeune étudiant ou en formation.
9) Améliorer le système d’orientation, éviter les filières bouchées et effectuer un accompagnement réel du jeune tout au long de sa formation.
10) Mise en place de passerelles entre la formation et la vie professionnelle.

• L’écologie

1) Créer plus de transport en commun, les rendre plus opérationnels et attractifs.
1) Créer des villes propres, sans voitures ; Freiner l’entrer des voitures à combustion, mais développer les véhicules électriques par taxation des premiers par exemple.
2) Développer la culture locale, l’étudié, la valoriser.
3) Transférer les taxes fiscales. Moins de taxes sur le travail, ce qui freine considérablement la création et l’offre d’emplois, mais plus sur le respect de l’environnement et de l’Agenda 21 ;
4) Généraliser les structures HQE.

• La vie politique

1) Intégrer dans l’éducation l’histoire politique de La Réunion dès le primaire.
2) Développer les groupes de réflexion politique dans les quartiers et faire de véritables campagnes de publicité pour inciter les jeunes à aller voter.
3) Rendre plus clairs les différents enjeux de chaque élection par médiatisation.
4) Accorder une place plus importante aux jeunes dans les différentes collectivités (Conseil général, mairie...).
5) Développer de nouvelles formes de médias plus accessibles aux jeunes et aux personnes sans ressources.

• Le pouvoir d’achat

On a la chance à La Réunion d’avoir une population jeune en pleine expansion. Malheureusement, cette tranche de la population n’est pas reconnue et n’est pas accompagnée par des tarifs jeunes attractifs justifiés par le fait qu’ils sont sans aucun revenu.
1) Généralisation du tarif “jeune” (18-25 ans) dans tous les domaines (alimentation, transport, activités culturelles, téléphonie, Internet …).
2) Accorder une aide financière pour la recherche du premier emploi est primordial.

• L’action sociale

Une grande partie de la population jeune a baissé les bras à cause de la complexité du système administratif, de l’éloignement des différents services, ou à cause de difficultés d’ordre personnel (illettrisme, manque de confiance en soi, problèmes financiers, …)
1) Ouvrir des “guichets uniques d’aide et d’accompagnement” à proximité des habitations, où les jeunes pourraient tout y trouver : recherche d’emploi, aide pour les démarches administratives, les différents plans pour la création ou la recherche d’emploi, les idées sorties, les tarifs, l’information sur la santé, une écoute humaine et une aide administrative...
2) Développer les structures d’accueil social.
3) Redévelopper les aides populaires auprès des familles en difficulté qui en ressentent le besoin. Créer la solidarité intergénérationnelle.
4) Construire des écoles et structures administratives obligatoirement accessibles aux personnes porteuses de handicap.
5) Développer et pérenniser le tissu associatif par la création d’une Chambre consulaire des associations.


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