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Les prévisions trop optimistes de la France

Réduction du déficit public

Céline Tabou / 2 juin 2014

Selon, l’article du quotidien « Les Echos », de lundi, le Premier ministre Manuel Valls aurait promis à Bruxelles d’ajouter 4 milliards d’économies supplémentaires dans le projet de loi de finances rectificative qui sera dévoilé le 11 juin prochain.

Contrairement à ce qu’avait annoncé le gouvernement, l’Etat ne pourra pas tenir ses prévisions de diminution de déficit public. Après un déficit de 4,3% en 2013, le déficit public de la France devrait atteindre 3,9% du PIB en 2014 puis 3,4% en 2015, selon les prévisions de la Commission Européenne. Ces données sont loin de la trajectoire préconisée en 2013 : 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015.

La France accuse un retard économique

L’annonce du président de la République, François Hollande, d’un « retournement économique » n’est pas prêt d’arriver, selon les instances européennes. En dépit, d’une hausse de 0,3% en 2013, la croissance du PIB s’établirait à 1% cette année, puis à 1,5% l’an prochain en France. Des chiffres bien dessous de ceux annoncés en début d’année, à l’époque la Commission prévoyait une hausse du PIB de 1,7%.

C’est sur ce chiffre que Paris avait aligné son programme de stabilité. Désormais, les estimations passées sont remises en questions, car le « solde budgétaire ne devrait s’améliorer que lentement tandis que la dette publique va continuer à augmenter », a expliqué la Commission européenne.

En juin 2013, la France avait obtenu un délai de deux ans pour ramener son déficit sous la barre des 3%. Raison pour laquelle des mesures ont été adoptées pour encourager la compétitivité des entreprises, ajouté au pacte de stabilité avait été amendé.

Malgré cette politique jugée « libérale » par une partie de parlementaires de la majorité et de l’opposition, les comptes publics accusent un retard. Un retard qui devra être rattrapé par des mesures supplémentaires a averti la Commission européenne, qui « n’estime pas les efforts suffisants », d’après Les Echos.

Des risques budgétaires importants

Face à ces écarts prévisionnels, le Premier ministre Manuel Valls avait annoncé 4 milliards d’économies supplémentaires dans le projet de loi de finances rectificative. Ce projet de loi devrait être présenté le 11 juin prochain, d’ici là le ministre des Finances, Michel Sapin, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à atteindre un déficit de 3% en 2015.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a présenté lundi 2 juin ses recommandations annuelles sur les réformes budgétaires et structurelles devant être mené chaque pays de l’Union. Il devrait donner son avis sur la situation économique et budgétaire de la France, cependant en cas de sanction contre la France, celle-ci devrait être renvoyée à l’an prochain.

Ces 4 milliards d’euros vont participer à la réduction du déficit public de cette année, et se concentreront dans la dépense publique, dont 1,6 milliard pour l’Etat. Le secteur public a déjà été touché par la réduction de 15 milliards prévus dans la loi de finance pour 2014. Cependant, malgré tous les efforts demandés, il manque 14,6 milliards de d’euros de recette fiscale, pour 2014 en raison notamment de prévisions trop optimistes de Bercy.

La Cour des compte a expliqué, fin mai, que « pour 2014, plusieurs risques sur la prévision de recettes peuvent d’ores et déjà être identifiés ». Dans son rapport sur le budget 2013, la Cour a noté que la prévision de recettes de 2013 « manquait de prudence », appelant le gouvernement à davantage de transparence et de prudence à l’avenir.

Céline Tabou


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