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Les prix flambent dans l’alimentation : 3,7% sur un an

Publication de l’Indice mensuel des prix à la consommation

Manuel Marchal / 23 février 2013

Dans un pays où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les dépenses dans l’alimentation constituent une part importante du budget pour l’essentiel des familles. C’est précisément sur ces produits que l’inflation s’est accélérée.

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Depuis 1998, l’alimentation hors produits frais a augmenté de 38% à La Réunion, contre 30,6% en France. (photo Toniox)

Dans sa dernière publication, l’Indice mensuel des prix à la consommation de l’INSEE donne un premier aperçu de l’impact du passage du cyclone Dumile.
Dans notre pays, l’autosuffisance alimentaire est encore loin, et le système de production n’est pas encore capable de lisser les prix quand arrive un cyclone, phénomène pourtant courant sous nos latitudes. La sanction est donc tombée le mois dernier : les prix ont flambé dans l’alimentation.
Dans le contexte actuel, que la hausse des prix des produits frais soit à deux chiffres, cela peut s’expliquer par des récoltes détruites. Mais que le reste des produits ait augmenté de 1% en janvier, soit 10 fois plus rapidement qu’en France, cela pose question. Et sur un an, l’alimentation, hors produit frais, a augmenté de 2,1%, soit le double des prix observés en France. Quand s’ajoutent les produits frais, l’inflation atteint 3,7% sur un an, soit une augmentation bien plus importante que celle de n’importe quel minimum social, et bien au-dessus du SMIC.
Cette tendance est structurelle. Depuis 1998, les prix dans l’alimentation ont augmenté de 35,2% à La Réunion, contre 31,6% en France. C’est sur les produits non frais que l’écart est le plus important : 38% de hausse sur la même période à La Réunion, contre 30,6% en France.
Cet écart considérable, c’est autant de pouvoir d’achat enlevé aux Réunionnais. Car l’évolution des revenus fixés par l’État dépend de facteurs existants en France, mais pas à La Réunion. Autrement dit, pour les Réunionnais allocataires d’un minimum social, bénéficiaire d’une retraite, ou payés en fonction du SMIC, se nourrir revient de plus en plus cher.
C’est bien la confirmation de l’impasse d’un système.

Manuel Marchal


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