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Les promesses électorales confrontées à la réalité

Assemblée plénière de la Région Réunion

Manuel Marchal / 5 novembre 2010

L’assemblée plénière de la Région a débattu des orientations budgétaires 2011. L’Alliance a constaté que ce débat s’est déroulé sans que les élus puissent avoir accès à un document de programmation des investissements sur les années à venir. Sept mois après son arrivée au pouvoir, la majorité voit ses promesses confrontées à la réalité : où sont les 2.000 bus ? Où sont les chantiers ? Pendant ce temps, la situation sociale ne cesse de s’aggraver.

Un décalage entre les orientations budgétaires de la Région et la situation réelle du pays. C’est en ces termes que Catherine Gaud s’est exprimée lors du débat d’hier à la Région. L’Alliance a en effet rappelé combien la communication et les effets d’annonce ne créent aucune activité dans les secteurs sinistrés par l’arrêt des chantiers. Le tram-train n’est remplacé par rien et la nouvelle route du littoral va être retardée par la volonté de la majorité du Conseil régional.
Ce sont pourtant ces grands travaux qui sont la seule solution pour redonner l’espoir et donner des perspectives concrètes.
Mais la stratégie de démolition des projets et de communication pratiquée depuis mars dernier à la direction du Conseil régional ne produit que de l’inquiétude.
C’est notamment le cas du Trans-éco-express. Un flou indéniable existe autour du projet des 2.000 bus. Où sont les bus ? Comment seront-ils financés ? Qui paiera les 4.000 chauffeurs ? Faudra-t-il construire un gigantesque parking de bus devant la Préfecture à l’entrée de Saint-Denis ? Quand tous les conseillers régionaux seront-ils informés sur le véritable état d’avancement ? Mais sur d’autres promesses phares de Didier Robert, c’est le même questionnement : où sont les 10.000 emplois verts ? Où est le plan de formation anticipant les 20.000 emplois au moins promis par le président de la Région lors de la signature des nouveaux accords de Matignon.
Face à ses questions légitimes, le ton et le contenu de la réponse de Fabienne Couapel-Sauret, avant-dernière vice-présidente de la Région déléguée aux 2.000 bus, est tout sauf rassurant. Il explique en tout cas combien les craintes des autres collectivités quant à la volonté de la Région de mettre sous tutelle les autres collectivités sont bien fondées. En effet, selon Fabienne Couapel-Sauret, ceux qui font part de ces inquiétudes sont soit dans une posture politicienne, soit font preuve de mauvaise foi, soit ont besoin de suivre des cours pour comprendre ce qui leur est dit. Plusieurs élus de différents groupes politiques ont dû ensuite recadrer Fabienne Couapel-Sauret, lui rappelant que les élus que les Réunionnais se sont choisis doivent être respectés, et n’ont pas de leçon à recevoir de quiconque.

Attaques personnelles

La sortie remarquée de "Madame 2.000 bus" n’était pas due au hasard. Elle a marqué le début d’une série d’attaques personnelles de conseillers de la majorité lancées contre des élus de l’Alliance ou contre le travail de l’ancienne majorité. Ainsi, Paulet Payet n’a pas hésité à qualifier André Thien Ah Koon de « colonialiste », parce que l’ancien maire du Tampon a fait part de l’aggravation de la situation au Tampon du fait de la politique de ses successeurs. Cet abaissement considérable du niveau du débat n’est guère étonnant, car sept mois après son arrivée à la direction de la collectivité, la nouvelle équipe n’a pour seul bilan la distribution de 10.430 aides à l’achat de billet d’avion, et de 6.513 bons d’achat de 500 euros pour un ordinateur. Le reste n’est que poursuite des chantiers déjà lancés par l’ancienne équipe. Tout cet enrobage ne suffit pas à détourner l’attention de la population de ses vrais problèmes et de la recherche de responsabilités. C’est ce qu’a rappelé Béatrice Leperlier, qui a fait part de l’étonnement de l’Alliance quant au peu de cas qu’il est fait de la détresse sociale vécue quotidiennement par les jeunes, dont plus de la moitié sont privés de travail.

Manuel Marchal


L’Alliance propose « un projet culturel ambitieux »

En réponse à une politique régionale culturelle qualifiée de « saupoudrage », Aline Murin Hoarau a présenté les propositions de l’Alliance dans ce domaine.
C’est tout d’abord la création d’un Institut régional d’archéologie, « pour préserver, identifier et réhabiliter notre société ». C’est ensuite un soutien à « la mobilité en matière culturelle ». Une autre proposition est d’« accentuer la place de l’histoire réunionnaise dans le programme scolaire ».
L’Alliance met ensuite l’accent sur « valoriser la langue créole dans les institutions ». Elle propose de « créer un Projet culturel local pour les 24 communes pour soutenir l’action culturelle de proximité envers les femmes, les seniors et les publics difficiles ».
« Et dans le souci d’une véritable réparation historique, accorder une plus grande attention à la reconnaissance publique de pratiques culturelles et cultuelles qui ont été méprisées, depuis l’esclavage jusqu’à une période toute récente ».
« Nous souhaitons un projet culturel ambitieux qui valorise notre peuple car il est important de permettre à chaque Réunionnais de transmettre à ses enfants la fierté de ses origines qu’elles soient issues de l’esclavage, de l’engagisme ou de la colonisation ».


Inquiétante hausse des dépenses de l’IRT

Catherine Gaud a fait part de l’inquiétude de l’Alliance sur l’augmentation des dépenses de personnel à l’Île de La Réunion tourisme. À quoi sert l’embauche d’une chargée de protocole ? Créer un poste pour une personne ayant un BTS Tourisme afin de travailler sur la réforme des statuts juridiques de la structure, est-ce bien raisonnable ?
Inquiétude également devant l’augmentation du parc automobile de l’IRT, et donc l’inflation des dépenses de carburant.
Quant aux opérations de promotion, quel est le bilan de l’opération Montélimar qui a coûté 135.000 euros, quelle retombée du voyage organisé à Adelaïde pour 330.000 euros officiellement.
Enfin, l’Alliance déplore la mise à l’écart de Madagascar dans la stratégie de développement du tourisme.


Débat sur le cumul des activités et des mandats

La presse d’hier matin faisait état du projet de Didier Robert de devenir PDG de la SPLA Maraïna, pour un salaire de plus de 8.000 euros. Cette question était à l’ordre du jour de l’assemblée plénière. Elle a donné lieu à un long débat sur le cumul des mandats et des fonctions. Comment en effet un président de Région peut-il être aussi directeur général d’une société, et de surcroît député, et en plus premier adjoint d’une commune de 60.000 habitants ?
Comment peut-on matériellement exercer tant de fonctions ?
Un débat a donc été lancé qui s’est poursuivi en l’absence de Didier Robert quand il a été question de la rémunération du président de la Région pour ce poste de PDG. L’Alliance a voté contre ce texte.


Deux motions adoptées

Lors de l’assemblée plénière de la Région, l’Alliance a présenté plusieurs motions. Celle relative à la contribution de la collectivité à la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique a été adoptée à l’unanimité, tout comme celle concernant la défense de la filière du photovoltaïque.
La motion concernant le maloya et la distinction internationale décernée à Danyèl Waro, celle relative au coût des dépenses de santé, la motion sur l’attribution des bourses doctorales, sur la conférence mondiale de Nagoya sur la biodiversité ont été envoyées en commissions. Dans une prochaine édition, nous reviendrons plus largement sur le contenu de ces motions.


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