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Les représentants de Paris interpellés par des élus et des acteurs économiques plus qu’inquiets

Marie-Luce Penchard et Richard Samuel en visite à La Réunion

Manuel Marchal / 24 novembre 2009

Hier à la Chambre de commerce et d’industrie, la ministre de l’Outre-mer et le préfet coordonnateur des États généraux de l’Outre-mer ont présenté les conclusions du Conseil interministériel sur l’Outre-mer du 6 novembre dernier lors d’une rencontre avec des élus et des représentants du monde économique. Aux témoignages d’inquiétude et aux demandes de clarification, les représentants du gouvernement ont mis en avant l’importance de la communication, et ont rappelé la nature des relations entre le pouvoir central et les collectivités territoriales de la République élues au suffrage universel par les Réunionnais.

La ministre de l’Outre-mer et le préfet coordonnateur des États généraux avaient rendez-vous hier matin avec les présidents des huit ateliers réunionnais de cette manifestation, avec des élus et des représentants du monde économique. Marie-Luce Penchard et Richard Samuel ont présenté la déclinaison pour La Réunion des mesures annoncées le 6 novembre dernier par le Conseil interministériel sur l’Outre-mer.
La ministre de l’Outre-mer a tout d’abord rappelé la démarche des États généraux, et salué l’implication du Conseil général et de la Région. Elle a expliqué que c’est aux acteurs locaux de mettre en place un comité de suivi des décisions issues des États généraux de l’Outre-mer.
À plusieurs reprises, la ministre a souligné l’importance de la communication : « si nous voulons rétablir la confiance entre la métropole et l’Outre-mer, il faut que les Réunionnais se rendent compte que l’État et les collectivités sont mobilisées et que les choses avancent. La communication, c’est très important », a-t-elle dit en substance.

«  Quelle visibilité pour 2010 ?  »

Richard Samuel, le préfet coordonnateur des États généraux, a décrit quelques mesures. Le projet de compagnie maritime est mis en avant, tout en notant qu’il est logique qu’« un commissaire au développement endogène puisse aider à conduire ce projet ». Dans le domaine des énergies renouvelables, il sera mis en place un « comité national de la géothermie » chargé notamment d’explorer le potentiel de valorisation de cette énergie renouvelable. Et de conclure cette présentation en indiquant que la volonté est d’aller vers plus de responsabilité pour les collectivités, et plus de pouvoir pour le préfet pour plus de réactivité. Mais « pas de contrôle de l’État sur les collectivités », a précisé Richard Samuel.
Ceci a d’ailleurs été rappelé à plusieurs reprises par la ministre de l’Outre-mer : « il n’appartient pas à l’État de se substituer aux collectivités ». Autres mots d’ordre qui sont revenus dans les propos de la ministre : « nous serons là pour accompagner », « l’État ne pourra pas tout faire à la place des autres ».
Jean-Marie Le Bourvellec, président de la FRBTP, a rappelé à la ministre l’étendue de la crise dans ce secteur, dû notamment à « une mauvaise communication qui a tué la défiscalisation Girardin ». Résultat pour 2009 : 1.000 logements construits au lieu de 8.000 dans le secteur privé. « Quelle visibilité pour 2010 ? », a-t-il demandé, en indiquant que déjà 30% du secteur s’est effondré en une année. Réponse en substance de la ministre : il faut arrêter de faire croire que plus de crédits sont la solution, et pour faire vite, la priorité est d’identifier les maîtres d’ouvrage.

Pas de substitution mais des choix "conseillés"

Autre interpellation, celle provenant de Nassimah Dindar à partir de la question du logement. La présidente du Conseil général a rappelé que les collectivités sont devenues une variable d’ajustement. Le Conseil général subit par exemple un manque à gagner de 270 millions d’euros au titre du transfert par le pouvoir central du RMI et de l’APA. Et cette année, la situation va encore s’aggraver a-t-elle conclu, au terme d’une intervention qui a été applaudie.
En réponse, si elle répète en substance que les collectivités s’administrent librement, Marie-Luce Penchard a indiqué qu’au niveau des prestations payée par le Conseil général, des choix sont à faire. Car elle note que pour répondre à l’urgence sociale, les collectivités ont décidé de verser des prestations facultatives.
En marge de cet échange, la ministre de l’Outre-mer a lancé quelques idées : fusion de la Chambre de commerce et de la Chambre des métiers sur la base du volontariat, et tenue possible du prochain sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie organisé par la République à La Réunion.
Après cet échange, la visite s’est poursuivie par la signature de deux conventions relatives au logement avec des acteurs réunionnais à la préfecture. Direction ensuite la résidence Chantilly pour visiter la dernière réalisation de la SHLMR en terme de logements sociaux à Saint-Denis, puis la ministre et le préfet coordonnateur se sont rendus sur un chantier de la SIDR.

Manuel Marchal


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