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Les Réunionnais ont droit à la vérité

Une commission d’enquête parlementaire doit agir d’urgence

Manuel Marchal / 4 novembre 2011

Ce n’est qu’hier que le DASH8 est intervenu pour la première fois cette année, plus d’une semaine après le début de l’incendie. 2.800 hectares du Patrimoine mondial ont connu de graves dommages. Après l’extinction des flammes, la priorité est de faire toute la lumière sur les responsabilités dans ce drame, pour que pareil saccage ne puisse plus se reproduire.

Depuis hier, le premier DASH8 est à pied d’œuvre, et il doit être rejoint au front par le second aujourd’hui. Avec ces deux avions, les Réunionnais disposent désormais de moyens comparables sur un plan qualitatif à ceux qui sont habituellement déployés durant la saison sèche dans le Sud de la France. Mais beaucoup de temps précieux a été perdu, et chacun sait que si ces avions étaient arrivés la semaine dernière, sans doute la majeure partie des 2.800 hectares touchés pouvaient être préservés.
Ce retard est la conséquence de décisions politiques, et après l’extinction des flammes, la priorité est de rechercher les responsabilités pour que pareille catastrophe ne puisse plus se reproduire. L’appartenance au Patrimoine mondial est en effet une des fiertés communes aux Réunionnais, il ne faut pas que cette valorisation de nos atouts disparaisse à cause d’un éventuel déclassement. La France est un des pays les plus riches du monde, elle a même présidé en même temps cette année le G20 et le G8. Personne ne peut donc croire qu’elle n’a pas les moyens de faire face à des feux de forêt. La ministre de l’Outre-mer de passage mercredi a même insisté sur le fait que le refus d’envoyer des avions bombardiers d’eau la semaine dernière ne reposait pas sur des considérations financières. Si elle dit vrai, alors c’est bien la confirmation que c’est une décision politique.
L’aspect technique est en effet rapidement évacué. Le point de vue d’un commandant de bord de DASH8 est révélateur. Sans doute l’expert le plus qualifié pour déterminer la nécessité d’utiliser son avion, ce pilote a fait part dans le journal télévisé de mercredi de sa déception de ne pas avoir été opérationnel à La Réunion depuis vendredi dernier. Voilà qui balaie toutes les arguties techniques servies aux Réunionnais jusqu’à lundi.
Concernant l’aspect politique, il est clair qu’un très large rassemblement s’est rapidement constitué pour que le gouvernement fournisse aux Réunionnais les moyens nécessaires pour éteindre rapidement le feu. Il s’est manifesté notamment lundi au travers d’un courrier de quatre parlementaires et sept maires demandant clairement l’intervention décisive du DASH8. Le même jour, le Parti communiste réunionnais dénonçait l’erreur stratégique de combattre le feu à la main sans DASH8 et appelait à tirer tous les enseignements de cette catastrophe.
Face à ce rassemblement réunionnais, le gouvernement ne pouvait compter que sur le soutien de quelques élus locaux, prêts à sacrifier l’intérêt de leur pays pour celui de l’UMP. Didier Robert n’a pas manqué de se trouver en première ligne, étant l’élu le plus en vue dans le soutien de la thèse selon laquelle le DASH8 n’était pas adapté à la situation.
Lundi soir, sous la pression le gouvernement a fini par céder, et c’est le ministre de l’Intérieur en personne qui a annoncé l’envoi de deux DASH8. Cette décision pouvait être donc être prise bien plus tôt, ce qui aurait évité le saccage subit par notre Patrimoine mondial.
Il est donc essentiel de bien identifier les éléments politiques responsables de ce retard lourd de conséquences. Les Réunionnais ont droit à la vérité, et les politiques responsables devront être sanctionnés afin qu’ils ne puissent plus mettre en danger la part du Patrimoine mondial située dans notre pays. Le déclenchement rapide d’une enquête parlementaire permettra de répondre à ce besoin urgent de justice.

Manuel Marchal



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  • Quelques petites précisions sur la décision de ne pas envoyer le dash 8 dés le début du feu, 1 Dash était opérationnel c’est à dire en version bombardier d’eau, l’autre était en version passager.
    Dés le vendredi après le départ du feu les 2 dash étaient en version passagers et 1 était d’alerte 24h/24H pour le G20, le second était gardé au cas où le premier tombe en panne. Cette alerte ne coute rien financièrement à notre direction puisque l’alerte se prend à Marignane.
    Ce qu’il faut savoir : nous avons un budget pour la maintenance des avions de la sécurité civile pour 2012 qui ne couvre pas les frais pour entretenir les avions correctement, il nous manque 8 M€, la sécurité civile a même envisagé de maintenir pour 2012 3 avions au sol (2 Trackers et 1 canadair), alors quand il est répondu que le dash qui n’est pas intervenu dés le début du feu n’est pas une question budgétaire, permettez nous d’en douter.
    Dans tous les journaux il est fait référence aux dires de soi-disant spécialistes du feu de forêt, je voudrais informer ici qu’un pilote de la sécurité civile en 4 ans combat plus de feu que ne pourra en voir n’importe quel intervenant de la sécurité civile dans toute sa carrière, je vous laisse en déduire qui sont les spécialistes du feu de forêt, et paradoxalement ce sont les seuls à ne pas être consultés pour prendre les décisions qui s’imposent. Avec la pression médiatique c’est ensuite les politiques qui décident, et comme le temps s’est écoulé, la réponse devient très couteuse pour le bénéfice qui en est retiré, alors que si la décision avait été prise bien en amont le cout aurait été identique mais l’efficacité maximum.
    N’oublions jamais que l’argent est l’argent du contribuable donc le notre, les décideurs ont des comptes à rendre.

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