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Les Réunionnais ont droit au plan de relance européen

Younous Omarjee écrit à la ministre des Outre-mer au sujet des 315 milliards du Plan Juncker

Témoignages.re / 7 avril 2015

Un Fonds européen d’investissements stratégiques d’un montant de 315 milliards d’euros va être créé en Europe. La Réunion ne doit pas en être exclue. C’est pourquoi Younous Omarjee, député de l’Union des Outre-mer, a alerté le gouvernement pour soutenir les demandes possibles, tout doit être bouclé dans trois mois. George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, va dans le sens de la demande du député et annonce la mobilisation des services de l’ État. Les Réunionnais ont droit au plan de relance européen. Ces fonds peuvent créer des emplois durables dans des secteurs d’avenir.

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Pour que la filière canne ne puisse plus dépendre des variations de prix d’un seul produit, il est important d’étudier le développement d’une industrie de la canne et plus seulement du sucre. Une partie des 315 milliards d’euros du plan Juncker peut financer ce type d’action.

Le 10 mars dernier, Younous Omarjee, député de l’Union des outre-mer, a alerté le gouvernement au sujet de l’accès au Fonds européen d’investissements stratégiques. D’un montant de 315 milliards d’euros, c’est une initiative lancée par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Le courrier du député rappelle que ce fonds « a vocation à soutenir, par des garanties, des investissements pour des projets publics et privés plus risqués que ce que la BEI, de par ses statuts et ses modes de financement sur les marchés, a pour habitude de faire ».

Younous Omarjee a déjà exprimé sa crainte que les régions ultrapériphériques, dont La Réunion, soient exclues du bénéfice de ce dispositif, « au regard de la complexité du montage des financements ». Or, ce plan de relance peut tout à fait soutenir le développement des secteurs suivants : « l’économie marine, le développement des industries culturelles, l’économie numérique et les NTIC, la santé, les énergies renouvelables, les transports, sans exclure les infrastructures ». Le député de l’Union des Outre-mer avait déjà alerté la Commission européenne à ce sujet. Il est également intervenu à de nombreuses reprises en commission développement régional et en séance plénière du Parlement européen.

Appel à la mobilisation générale

Younous Omarjee annonce donc à la ministre une action lancée par la Commission développement régional dont le député réunionnais est premier vice-président. Il s’agit d’une procédure législative sur le règlement régissant le Fonds, « pour que la Commission oriente une partie des fonds du plan vers les régions les moins développées d’Europe et les territoires les plus en difficultés ». « Il en va du respect des objectifs de la cohésion économique, sociale et territoriale posés par le Traité. Faute de quoi, les régions les moins développées seront les parents pauvres de ce plan Juncker », écrit le député.

Younous Omarjee rappelle également l’urgence d’agir : toutes les demandes d’utilisation du Fonds doivent être présentée dans trois mois au plus tard. Il demande donc au gouvernement de procéder d’urgence à un inventaire « dans nos régions d’outre mers, des grands projets viables et attractifs pour les investisseurs privés qui, faute de financement, n’ont pu être réalisés à ce jour et pour lesquels le FEIS peut constituer une réelle opportunité de concrétisation ». Younous Omarjee propose également une rencontre des représentants du monde économique, des banques et des collectivités « pour que puisse être prises les décisions et proposer aussi rapidement que possible à la Commission européenne des grands projets spécifiques pour nos outre mers ».

Le député au Parlement européen souhaite également que le plan de 315 milliards soit étendu au Pays et territoires d’Outre-mer, des territoires associés et non membres de l’Union européenne, par exemple la Nouvelle-Calédonie.
Pour toutes ses propositions, Younous Omarjee a déposé un amendement au règlement.

La ministre d’accord sur l’essentiel

Le 26 mars, la ministre des Outre-mer a répondu à Younous Omarjee. Dans sa lettre, elle constate que « la complexité probable des montages financiers rend plus que jamais indispensable un accompagnement efficace des porteurs de projets susceptibles d’en bénéficier ». Elle indique donc avoir demandé aux préfets et hauts commissaires de recenser sur chaque territoire les projets répondant aux critères du fonds européen d’investissements stratégiques. « Ce travail de recensement est en cours et devrait s’achever dans les prochains jours », écrit-elle. Elle propose également que l’Agence française de développement (AFD) examine la faisabilité de plateformes de financement décentralisées, en lien avec la Banque européenne d’investissement, « pour faciliter la mobilisation des capacités financières de ce fonds en faveur de nos territoires ». « Je partage avec vous le souhait que les outre-mer puissent pleinement bénéficier des opportunités portées par ce fonds au soutien de l’avenir de nos territoires », conclut-elle.


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