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Les Réunionnais vont-ils se faire voler Air Austral ?

Une question à l’ordre du jour de l’Assemblée générale

Manuel Marchal / 6 juillet 2012

Les anciens d’Air France arrivés à la Direction d’Air Austral grâce à Didier Robert présentent aujourd’hui un plan visant à expulser les Réunionnais du capital. Si cette manœuvre réussit, alors Air France pourra dormir tranquille et espérer retrouver sa place dominante, car tout sera fait pour empêcher l’arrivée de l’A380.

Un des obstacles au désenclavement du pays est le prix du billet d’avion.
Pour combattre cela, il existe deux politiques. La première, c’est le clientélisme. Elle consiste à distribuer des bons de réduction aux passagers, ce qui équivaut à une subvention versée aux compagnies aériennes. Dans ces conditions, ces dernières ne sont pas encouragées à baisser leur prix, surtout lorsque l’on constate que la Région Réunion ne cesse d’augmenter cette subvention.
La seconde, c’est celle de l’innovation. En partenariat avec Airbus, Air Austral a mis au point un nouveau type de transport aérien : le long courrier low-cost. En faisant voler des Airbus A380 à classe unique capables d’embarquer plus de 800 passagers, le prix du billet baisse de manière structurelle d’au moins 20%. Ce modèle fonctionne sans subvention, toute l’année et pour 100% des passagers. Il permet à notre île de pouvoir se passer d’Air France, car si la compagnie française veut encore remplir ces avions, elle devra s’aligner sur les prix du billet de l’A380, c’est-à-dire baisser ses prix d’au moins 20% toute l’année pour tout le monde. Autant dire que la mise en service de l’A380 low-cost va à l’encontre des intérêts de l’ancien monopole.

Solidarité de classe des adversaires du développement

Grâce à la solidarité de classe des adversaires du développement de La Réunion, l’UMP Didier Robert s’est emparé de la Région Réunion. Air Austral pose problème à ceux qui l’ont fait élire, car c’est un symbole de la responsabilité réunionnaise qui démontre que des Réunionnais peuvent mettre en péril un monopole.
Mettant à profit sa position de pouvoir acquise à la Région, et la hausse des prix du kérosène, Didier Robert a été propulsé à la présidence du Conseil de surveillance d’Air Austral. Il a immédiatement annulé les mesures de redressement proposées par Gérard Ethève, ce qui a fait plonger la compagnie. Il a ensuite été cherché à Paris un salarié d’Air France pour remplacer le directeur réunionnais poussé à la démission.
Désormais, le cœur opérationnel d’Air Austral n’était plus dans des mains réunionnaises, mais dans celles d’anciens cadres du monopole.
Dans le même temps venait une bonne nouvelle pour Air France. Ainsi, les travaux de l’aéroport de Gillot ont pris du retard, ce qui ne permet pas d’accueillir dans de bonnes conditions l’A380. Pendant ce temps à Maurice, le chantier de modernisation pour l’arrivée de l’A380 bat son plein. L’A380 pourra donc se poser à Maurice avant La Réunion, alors que c’est pourtant une compagnie réunionnaise qui a commandé deux exemplaires de cet avion. Or, chacun sait qu’Air Mauritius est utilisé de longue date par Air France pour se maintenir en position favorable dans notre région. Il ne serait donc guère étonnant que l’arrivée de l’A380 à Maurice plutôt qu’à La Réunion soit une éventualité intéressante pour la compagnie française.
Pour tenter d’écarter toute possibilité de réalisation du projet A380 d’Air Austral, il est tentant d’expulser les Réunionnais du capital, après l’avoir fait de la Direction. Ainsi, les démolisseurs du tram-train auront les mains libres pour céder la compagnie à des intérêts étrangers. C’est cette menace qu’explique Théophane Narayanin.
Aujourd’hui à Saint-Denis, qui voudra voler aux Réunionnais leur compagnie aérienne ?

 M.M. 


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