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Les « trois échecs du système Bello »

Conférence de presse de la Section PCR de Saint-Paul

Témoignages.re / 2 novembre 2013

Pierre Thiebaut et Ary Yee Chong Tchi Kan ont pointé du doigt « les trois échecs consécutifs dus à la méthode d’agir » d’Huguette Bello. Des dossiers importants comme la pauvreté, l’intercommunalité, mais aussi le « refus de discuter, de partager, de consensus » lors du dernier Conseil municipal du 17 octobre 2013.



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La Section PCR souligne l’importance de la rencontre entre la maire des Pauvres et François Chérèque.

Lors d’une conférence de presse jeudi dernier, les deux hommes ont évoqué « une situation très complexe où les solutions doivent faire appel à un esprit de consensus », afin de permettre de développer une commune, où le taux de chômage avoisine les 31,7% (INSEE) et où la pauvreté est aussi importante.

Le silence face à la pauvreté

A l’issue de la visite de François Chérèque, chargé de suivre le Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, la Section PCR de Saint-Paul retient « une rencontre chaleureuse avec Gilmée Vochré, maire du premier Conseil municipal des pauvres » et « la décision de François Chérèque d’intégrer au plan pluriannuel les Objectifs du Millénaire pour le Développement de 2015 ». « Ces évènements viennent légitimer notre combat contre la pauvreté, mais aussi fixer le calendrier pour 2015, qui doit voir l’abolition de l’extrême pauvreté » , a expliqué Ary Yee Chong Tchi Kan. « Cette victoire des militants pour l’abolition contre la pauvreté a suffi pour que Mme Bello pique une vive colère dont elle a l’habitude. Et comme toujours en pareille circonstance, elle refuse de participer au débat, bien que François Chérèque soit un émissaire envoyé par le Premier ministre et dont la visite a été préparée de longue date » , a déploré ce dernier.

Absente des Rencontres territoriales du 29 octobre 2013, Huguette Bello « n’a rien fait pour participer aux Rencontres, mais elle s’est octroyée un reportage télévisé montrant comment elle utilise le CCAS de Saint-Paul », a déclaré Ary Yee Chong Tchi Kan. Dans un reportage télévisé, « on voyait des gens repeindre des maisons ». Ajoutant que « cette séquence télévisée a été une opération de communication à la gloire de la maire de Saint-Paul et de son troisième adjoint (Jean-Claude Melin, NDLR) qui, pour la circonstance, a été transformé en chef de chantier d’insertion, alors qu’il est employé à temps plein au cabinet du TCO ».

Ary Yee Chong Tchi Kan a indiqué que « ce reportage télévisé tombe sous le coup de la loi, interdisant de faire de la propagande municipale six mois précédant les élections. Il y a une jurisprudence à Saint-André », où le maire Éric Fruteau s’est rendu inéligible pour avoir publié un magazine pendant ce délai. Ainsi, « si le CCAS était la solution aux problèmes de pauvreté, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de pauvreté à Saint-Paul », a commenté ce dernier. Il s’agit « d’un échec politique qu’elle vient de subir ».

Un passage en force rejeté

Le Préfet Jean-Luc Marx a fixé le nombre et la répartition des sièges dans les cinq intercommunalités de La Réunion, dont le TCO. Le représentant de l’État a rejeté la proposition de la maire de Saint-Paul, Huguette Bello, qui souhaitait des sièges supplémentaires. « La décision du préfet isole la proposition et la position incompréhensible et abrupte d’Huguette Bello », a expliqué Ary Yee Chong Tchi Kan. « Pour elle, la commune de Saint-Paul est la plus importante en population, elle doit imposer et écraser les autres », contrairement à « l’esprit même de l’intercommunalité ».

Co-fondateur du SIVOMR, Ary Yee Chong Tchi Kan a évoqué le développement de cette première intercommunalité, dont « la philosophie de départ était la mutualité des moyens au service de tous. Ensuite, cela a évolué vers la solidarité intercommunale des plus forts envers les plus faibles ». Ce dernier a indiqué qu’il y avait un « aspect consensuel dans toutes les délibérations prises à l’unanimité », mettant ainsi en avant qu’il n’y avait pas de gros et de petits. Tous les problèmes étaient débattus, mûris jusqu’à décision. C’est ainsi qu’on a créé la SEMADER, la SEMITEL, la SEFIDA.

Par la suite, la loi a régionalisé et concentré les actions géographiquement dans des micro-régions, mais « jamais on n’a vu une telle attitude comme celle d’Huguette Bello. Fanatique, abrupte, sans concession, sans le moindre consensus », a dénoncé Ary Yee Chong Tchi Kan. Une attitude qui a été « tranchée par le préfet, qui a débouté sa position ». Le responsable communiste a rappelé les déclarations précédentes d’Huguette Bello. Elle disait que « le préfet allait trancher en sa faveur, mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, il a tranché, mais malgré cela, elle refuse d’accepter la décision et dit qu’elle va porter plainte. Cela montre le degré de fanatisme, comme jamais vu dans le cadre d’une intercommunalité. On n’est pas en guerre », a conclu Ary Yee Chong Tchi Kan.

Céline Tabou

Un troisième exemple de « la méthode Bello »

Le « refus de discuter, de partager, de consensus »

De son côté, Pierre Thiebault, élu de la majorité d’Huguette Bello depuis 2008, a dénoncé le « refus de discuter, de partager, de consensus » de la maire, s’appuyant sur un évènement marquant lors du précédent Conseil municipal, le 17 octobre.

Où ce dernier a été invectivé par des élus de la majorité et notamment Huguette Bello. « Malgré les divergences depuis février 2012, j’ai cherché à contribuer à la défense des intérêts des Saint-Paulois qui m’ont élu. Il m’est arrivé de soulever des questions simples, mais également de fond, qui dépassent parfois le cadre municipal ».

Ce dernier a pointé du doigt plusieurs dossiers comme l’extraction d’enrochements sur les sites de Belle Vue et La Saline, ou l’avance de trésorerie faite à un bailleur social, la garantie d’emprunt de 100% pour le logement social, ou encore le coût pour la commune et les contribuables de la baisse des dotations de l’État. Des dossiers pour lesquels « je m’inscris dans une éthique politique », a expliqué Pierre Thiebault.

Des attaques qui « n’honorent pas la démocratie »

Depuis le début de l’année, l’élu dénonce les attaques régulières faites par certains membres du Conseil municipal, « toujours les mêmes qui refusent le débat et m’attaque. Le pire a été atteint au dernier Conseil municipal ». Faute de dossier à traiter, « les journalistes sont partis. Les élus ont profité de l’occasion pour me tomber dessus de manière ignoble, haineuse et humiliante pour ma personne », a expliqué Pierre Thiebault. « La maire, le 1er adjoint (Jean-Marc Gamarus) et le 13ème adjoint (Emmanuel Séraphin) se sont relayés dans cette tâche ». Ce dernier a cité Huguette Bello : « Maintenant que la presse est partie, j’ai des choses à vous dire, Monsieur Thiebault ».

« C’est là qu’il y a eu un déchainement de propos insoutenables à mon égard ». A l’instar des attaques précédentes, ce dernier comptait « laisser passer ». Toutefois, cette fois-ci, « plusieurs personnes choquées par ces attaques m’ont témoigné de la sympathie. Je tiens à les en remercier. J’ai pris la décision, face à ces attaques qui n’honorent pas la démocratie, de ne plus siéger au Conseil municipal ». « Qu’ils restent entre eux et se satisfassent de ne plus avoir de contradicteurs ».

Appel au rassemblement pour changer les choses

En dépit de son retrait du Conseil municipal, Pierre Thiebault a affirmé continuer « à suivre les dossiers municipaux et je me tiendrais à la disposition de la population tous les lundis matin à la permanence du PCR, à l’Espace Citoyen de Saint-Paul (face au parcours de santé) ».

Pour Ary Yee Chong Tchi Kan, « nous sommes dans une situation très complexe où les solutions doivent faire appel à un esprit de consensus. On doit rapprocher les points de vue divergents et créer le climat d’un débat démocratique ».

« Plus que jamais, cela sera notre tâche, à nous candidats, animateurs de la vie politique de conduire les pauvres et la pauvreté jusqu’à son abolition en 2015 », a indiqué ce dernier, ajoutant que « la pauvreté s’apparente à de l’esclavage moderne ».

« On appelle toutes les bonnes volontés, que chacun garde ses convictions personnelles, mais agissons ensemble pour obtenir l’abolition de l’extrême pauvreté. Ce sera la contribution des Réunionnais à un grand problème du monde qui est l’éradication de la pauvreté dans le monde ». « Nous croyons en cet objectif et appelons à la mobilisation totale ». « Il n’y a pas de place pour le sectarisme, nous devons nous donner la main et ne serons jamais assez de trop pour atteindre cet objectif », a conclu Ary Yee Chong Tchi Kan.

CT


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