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Les Verts font le jeu de l’UMP

Refus de soutenir les candidats des forces de progrès

Manuel Marchal / 26 mars 2011

La presse d’hier relate une prise de position des candidats Verts battus au premier tour. Dans le prolongement de la déclaration de la présidente de la Fédération départementale, ces candidats se refusent à appeler au désistement républicain en faveur du candidat progressiste le mieux placé. Tout juste se bornent-ils à « faire barrage à la droite ». C’est la même attitude qu’aux régionales, par leur attitude ils font le jeu de l’UMP.

Mars 2010, l’Alliance arrive en tête au premier tour des régionales avec plus de 30% des suffrages. La liste UMP arrive en deuxième position avec 25% des voix. Loin derrière se trouve la liste PS avec 13% des suffrages. Il faut aller encore plus loin pour avoir la trace de la liste Europe Écologie les Verts. Avec moins de 5%, la liste des Verts ne peut pas fusionner avec d’autres listes, et ses frais de campagne ne sont pas remboursés. C’est d’ailleurs à La Réunion que les Verts enregistrent leur plus mauvais score, à l’opposé de la tendance observée partout ailleurs.
S’il est certain qu’aucun candidat de la liste Europe Écologie les Verts ne sera conseiller régional, il reste néanmoins la possibilité de donner une consigne de vote. Or, contrairement aux règles du désistement républicain, les Verts ne font pas barrage à l’UMP. Ils choisissent de soutenir la liste PS, celle qui n’a aucune chance de devancer l’UMP, au lieu d’appeler à voter pour l’Alliance. En faisant cela, la liste de Vanessa Miranville a permis de donner un coup de pouce à l’UMP pour le second tour. Et une fois au pouvoir, l’UMP a pu donner libre cours à la casse de tous les projets écologiques de l’Alliance : tram-train, géothermie, autonomie énergétique…

Un coup de pouce à l’UMP

Un an plus tard aux cantonales, les Verts adoptent la même attitude. Un de leurs candidats battus au premier tour décide de faire campagne pour Jean-Marie Virapoullé à Saint-André contre Michèle Caniguy, la candidate des forces de progrès. À La Possession, la candidate soi-disant écolo reçoit le soutien de l’UMP et reprend les arguments habituels du parti de Didier Robert et Nicolas Sarkozy pour attaquer Roland Robert, le candidat des forces de progrès le mieux placé après le premier tour.
À Saint-Paul, tous les candidats présentés par la fédération régionale des Verts ont été éliminés au second tour. Mais au lieu d’appeler franchement à voter pour le candidat progressiste le mieux placé, ils se limitent à un timide appel à barrer la route « à la droite ».
Ces Verts battus veulent conditionner leur soutien, et ils ont reçu une fin de non-recevoir estiment-ils selon "le Quotidien" d’hier. Alors ils déversent un flot de critiques contre la majorité municipale à laquelle ils appartiennent pourtant. Cette démarche rend service à l’UMP. Un an après
lorsque l’on compare cette attitude à la situation politique réelle, on ne peut que déplorer une arrogance qui ne rend pas service à la cause écologiste.

Il y a 36 ans, le Plan de survie

D’où vient donc cette idée qu’en appartenant aux Verts, on devient un écolo ? Sans doute ceux qui en sont convaincus ne savent-ils pas qu’un an avant la conférence de Stockholm créant le PNUE, et trois ans avant la première candidature d’un écologiste à la présidentielle, la municipalité du Port dirigée par Paul Vergès avait lancé un plan de reboisement de la commune ? Il est probable aussi que l’ignorance de l’Histoire de La Réunion fait que le Plan de survie, adopté par le PCR en 1975, soit inconnu à ces prétendants à des responsabilités politiques.
C’est pourtant dans ce document rédigé voici plus de 35 ans que le Parti communiste réunionnais expose les fondements d’un développement de La Réunion basé sur les notions oh combien écologistes d’utilisation des énergies renouvelables et de transports collectifs.
Mais au lieu de soutenir franchement les candidats qui sont les porteurs de cet héritage, les Verts choisissent une autre attitude qui fait le jeu de l’UMP.

M.M.


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