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Libérons les emplois verts des basses manœuvres politiciennes

La liste rouge de l’UICN montre l’urgence d’agir

Manuel Marchal / 18 décembre 2010

Sur 905 espèces indigènes de plantes et de fougères recensées à La Réunion, 5,4% ont disparu, et 30% sont en danger, affirme la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). L’UICN préconise une mobilisation générale pour sauver cette biodiversité menacée. Voilà un travail qui peut être fait par des emplois verts, et qui ne concerne pas uniquement les cantons renouvelables de Saint-Paul.

L’Union internationale pour la conservation de la nature vient de publier la liste rouge des espèces menacées pour notre île. Le défi est considérable puisque 30% des plantes et des fougères sont en danger de disparition.

Ainsi, la population du petit tamarin des Hauts a diminué de moitié en un siècle, à cause des activités humaines.

Outre l’influence des humains, l’UICN pointe les ravages des pestes végétales : « la flore de l’île est soumise à la forte concurrence des espèces végétales introduites qui envahissent et dégradent la plupart des milieux naturels. Plus de 100 espèces introduites constituent désormais la menace majeure pour la flore locale », constate l’UICN.

Une responsabilité devant le monde

Or, c’est précisément la richesse de notre biodiversité qui a contribué au classement de Piton Cirques et Remparts dans le Patrimoine mondial. Autant dire que le maintien dans ce classement constitue un défi, et nécessite des moyens humains et matériels à chaque instant. Car la responsabilité des Réunionnais n’est plus seulement de transmettre un patrimoine naturel unique à leurs enfants, elle est également un engagement envers le monde à valoriser ce qui est aujourd’hui un trésor reconnu au niveau international.

Dans ces conditions, l’annonce par la ministre de l’Outre-mer de 1.800 emplois financés par des fonds publics ne peut pas laisser indifférents tous ceux qui sont attachés à la valorisation de cet héritage.

Le travail est donc immense et concerne toutes les régions de notre île. Tout comme le chômage, la dégradation de l’environnement concerne tous les Réunionnais.

Mais dans la tête de certains responsables politiques, les emplois verts ne sont pas là pour valoriser Piton Cirques et Remparts de La Réunion au Patrimoine mondial de l’humanité. À moins que Didier Robert et le gouvernement UMP pensent que les espèces menacées citées par la liste rouge de l’UICN se situent exclusivement dans les cantons renouvelables de Saint-Paul.

Respecter les travailleurs

Les alertes se multiplient, mais du côté de la direction de la Région, les actes montrent qu’il y a des choses plus urgentes que de soutenir la création d’emplois pour que La Réunion soit à la hauteur de son rang de Patrimoine mondial. Comment comprendre que des dizaines de travailleurs puissent être affectés à des chantiers qui ont déjà été réalisés sous la maîtrise d’une autre collectivité, plutôt que d’être employés à la protection et au recensement des espèces menacées de notre part de patrimoine mondial ?

Alors que la liste rouge de l’UICN donne la mesure de la gravité de la situation, des dirigeants politiques utilisent des méthodes dignes des années 50 dans le seul but de gagner de tenter de grappiller quelques places de conseillers généraux. Décidément, il est vraiment urgent de sortir définitivement les emplois verts de ce bas niveau politicien. C’est une question de respect des travailleurs qui ont droit à ces emplois, et c’est également une nécessité pour préserver Piton Cirques et Remparts de La Réunion, patrimoine de l’humanité.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com