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Logement : appel au rassemblement des partis politiques pour défendre les intérêts des Réunionnais

Le PCR propose une démarche commune pour que le prochain gouvernement applique les propositions de la CNL

Manuel Marchal / 29 avril 2017

La Conférence nationale du logement organisait hier un débat sur ses propositions adressées aux candidats aux élections législatives. Le PCR, les Républicains-UDI, Résiztans974, LPA, PLR et le Front national avaient répondu présent. La matinée s’est organisée sous la forme de prises de parole de locataires, puis les représentants des partis étaient invités à prendre la parole. Le PCR avait dépêché deux membres de sa direction, Maurice Gironcel, secrétaire général, et Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire. Ils ont été les seuls à appeler à changer de cadre pour que le problème du logement puisse être réglé par des propositions réunionnaises, appliquées par des Réunionnais. Le PCR a demandé que l’accord de forme des différentes organisations politiques avec les propositions de la CNL se manifestent par une action concrète : un document commun qui sera défendu à Paris d’une seule voix pour exiger que le prochain gouvernement applique les revendications de la CNL.

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Les locataires se sont exprimés, des propositions ont été formulées.

La Confédération générale du logement avait invité hier les partis présentant des candidats aux élections législatives à débattre de ses propositions. À l’exception du Parti socialiste, tous les étaient présents. Le PCR avait dépêché deux membres de sa direction, Maurice Gironcel, secrétaire général, et Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire. Les autres participants étaient Cyril Melchior pour les Républicains-UDI, M. Celeste pour le FN, Jean-Hugues Ratenon pour son mouvement Resiztans974, Karine Nabénésa pour LPA soutient de En Marche ! d’Emmanuel Macron, Mme Béton pour PLR. Le Parti socialiste n’avait pas répondu favorablement à l’invitation lancée par la CNL.

Jean-Michel Singaïny, président de la CNL-Réunion, a introduit les débats en rappelant le rôle de son organisation et sa forte implantation dans notre île. Il a souligné que le problème du logement était trop peu abordé en cette période de campagne électorale. La CNL a donc décidé d’interpeller directement les partis ayant des candidats aux législatives. La CNL a donc demandé aux partis de se positionner sur ses propositions.

Erick Fontaine, administrateur de la CNL, a tout d’abord rappelé que 90 % des logements achetés à La Réunion le sont par des personnes qui ne vivent pas dans notre île. Pendant ce temps, plus de 20.000 familles attendent un logement social, et l’insalubrité touche 20 % de la population.

La parole aux locataires

La CNL avait organisé des prises de paroles de locataires en fonction de différents thèmes, puis les représentants des partis politiques devaient répondre aux demandes formulées. M. Lakiamance a évoqué les difficultés des personnes âgées, deux syndicalistes étudiants ont montré les problèmes rencontrés par la jeunesse pour se loger 5000 demandes de logements étudiants pour 1000 places), M. Kondoki a abordé la question des RHI (opérations de Résorption de l’habitat insalubre) au Port, ainsi que Mme Djaffar aux Camélias. D’autres locataires ont aussi pris la parole pour mettre en exergue les conséquences du mal-logement, et la montée des tensions engendrée par la pénurie qui font que des immigrants récemment installés à La Réunion sont victimes de propos déplacés.

Après un premier tour de table, Maurice Gironcel a constaté un accord sur les revendications de la CNL. Il a donc appelé à se rassembler pour faire face au défi de l’augmentation de la population. La Réunion comptera 1 million d’habitants, 150.000 logements devront être construits en une à deux générations alors que plus de 20.000 familles n’ont pas accès au parc social alors qu’elles sont éligibles.

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Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan représentaient le PCR.

Changer de cadre

Cette croissance démographique s’accompagnera par un doublement du nombre de personnes âgées. La proposition du PCR de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne vise à répondre à ces nouveaux besoins, a rappelé le secrétaire général du Parti communiste réunionnais, c’est un gisement d’emplois non délocalisables.

Maurice Gironcel a exprimé l’importance de sortir du cadre actuel afin de mettre l’humain au centre de tout, et pour que l’argent public se concentre dans la construction de logements sociaux, pour des logements adaptés aux Réunionnais, faits par des Réunionnais. Il a aussi plaidé pour des loyers prenant en compte les capacités des locataires.

Ary Yée Chong Tchi Kan a abondé dans le même sens : « il est impossible dans le cadre actuel de régler le problème du logement ». Or, « comme l’air qu’on respire, chacun a droit à un logement décent ». Il a appuyé sa démonstration sur plusieurs exemples. « A quoi sert la caution ? C’est une suspicion sur la personne qui entre dans le logement et c’est une somme versée par le locataire en échange d’aucun bien ni service ». Multipliée par les dizaines de milliers de logements appartenant aux bailleurs, c’est une somme considérable qui produit des intérêts au profit des propriétaires des logements et pas du locataire.

Locataires victimes d’un système

Le secrétaire du PCR a aussi attiré l’attention sur un autre dysfonctionnement. Il a estimé le coût de construction d’un logement social à 1200 euros le mètre carré, alors que le bailleur social achète au privé des logements à 2200 euros le mètre carré. « Qui paie la différence ? »

Le PCR veut aussi que le loyer soit fonction du revenu. Il propose un plafond à 16 % de la capacité contributive du locataire. Le dernier point soulevé par Ary Yée Chong Tchi Kan était celui de la caution exigée par la Caisse des dépôts et consignations lorsqu’elle prête de l’argent pour financer une opération de logements sociaux. Or, les sommes prêtées par la CDC viennent des livrets des petits épargnants, rémunérés à moins de 1 % par an, alors que l’équilibre de l’opération doit être atteint en 20 ans. « Le Conseil départemental ne se porte plus caution, mais à La Réunion des communes acceptent de le faire ». Avec les restrictions budgétaires qu’elles subissent, bientôt elles ne pourront plus provisionner de telles sommes sur de nombreuses années. Faute de cautionnaire, que fera-t-on ?

Projet logement sur 30 ans

Le PCR soutient la principale demande de long terme de la CNL : un « projet logement » pour les 30 ans à venir et les moyens que l’État devra mettre en place dans un département sinistré. Le Parti communiste réunionnais a donc demandé à tous les partis présents s’ils étaient d’accord pour travailler sur un document commun, l’adopter puis aller à Paris pour le défendre auprès du prochain gouvernement et exiger qu’il l’applique.

Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan ont donc fait part de l’accord avec les propositions de la CNL. Elles seront donc présentées aux instances du Parti en vue d’une signature qui vaudra soutien aux revendications.

M.M.


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