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Logement : baisse inquiétante de la subvention directe de l’État

Élections cantonales : contre la casse sociale du gouvernement — 4 —

Témoignages.re / 4 février 2011

Pour financer la construction de logements sociaux dans l’Outre-mer, le gouvernement inscrit chaque année une somme dans la loi de Finances, c’est la Ligne budgétaire unique (LBU). Dans le budget 2011, le montant de la LBU diminue. C’est donc un désengagement de l’État dans la politique du logement.

216 millions d’euros de crédits de paiement en 2010, 195 millions en 2011 : c’est une baisse de 21 millions d’euros, soit 10%. C’est un des fameux "coups de rabot" infligés par le gouvernement à des dépenses publiques. Mais celle-ci ne concerne pas une "niche fiscale", à moins que pour le gouvernement, le financement du logement social dans l’Outre-mer soit considéré comme tel.
Cette baisse de 10%, elle touche la Ligne budgétaire unique, c’est-à-dire la subvention que l’État verse aux constructeurs de logements sociaux.
À La Réunion, la pénurie de logements sociaux est connue de tous. Elle est le résultat d’une responsabilité que l’État n’a jamais pu pleinement assumer, faute d’y consacrer des moyens suffisants.
Jamais, en effet, n’ont été construits en une année les 6.000 logements sociaux nécessaires pour permettre de résorber la file d’attente de plus de 25.000 familles demandeuses d’un logement social.

La prochaine application du Droit au logement opposable devrait pousser le gouvernement à accélérer la construction pour éviter que l’État soit trainé devant les tribunaux. Mais force est de constater que c’est l’opposé.
La justification invoquée par Paris est la réorientation de la défiscalisation vers le logement social. Mais cela fait reposer le financement de la construction sur une recette aléatoire, dépendant uniquement de la volonté d’investisseurs privés.
Dans une situation de crise, ce sont donc les besoins des plus pauvres qui sont sacrifiés. En dehors du parc social, le coût du loyer pèse très lourdement sur les finances des familles. Elles sont souvent confrontées à l’insalubrité. Cette situation accentue encore les inégalités.
Cette politique de casse sociale doit cesser. La première étape du changement, c’est le mois prochain avec les élections cantonales.


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