Actualités

Long débat sur la continuité territoriale

Vendredi dernier à la Région

Céline Tabou / 20 octobre 2014

Face aux débats autour de la continuité territoriale, lors de l’assemblée plénière de la Région, Didier Robert a annoncé un débat plus élargi le 28 octobre. D’ici là, les débats sont restés vifs et cinglants contre Didier Robert, raillés d’avoir organisé un meeting de campagne ».

JPEG - 27.7 ko
L’Airbus A380 à 800 passagers, la solution réunionnaise au problème du prix du billet d’avion : -30%

Les trois groupes du Conseil Régional ont chacun leur vision de la continuité territoriale, d’un côté, la majorité veut le maintien du dispositif, de l’autre, les socialistes veulent la transparence sur le nombre de bons délivrés, laissant entendre que des revenus de plus de 9.000 euros, aient eu droit à ces bons. Et enfin, l’Alliance souhaite une concertation entre l’État et la Région pour une mise à plat du dispositif.

La continuité territoriale, la compétence de l’État

Alors que la Corse détient une enveloppe de 187 millions d’euros de continuité par an, La Réunion possède 13 millions d’euros pour un territoire de 840.000 habitants. Face à ce différentiel, l’Alliance explique que ce montant limité « dicte l’obligation d’établir des critères d’exclusion et de faire des choix pour déterminer les publics nécessaires ».
Cette compétence est désormais remise en cause par le gouvernement qui ne tient plus à financer une aide qui lui revient. Alors que l’État, conformément à la loi du 21 juillet 2013, doit verser une aide dite de collectivité territoriale dans les départements d’outre-mer. Du côté du PS/Progrès, la charge est menée contre la Région, protégeant ainsi l’État.
En effet, dans la motion présentée, les socialistes vantent l’augmentation des moyens alloués par l’État, soit 200% par rapport à 2010. Ajoutant que l’aide « aux publics prioritaires sera renforcée et améliorée par l’État », cependant, dès le départ des “lacunes” ont repéré « au regard du montant modeste de la dotation envisagée, sans comparaison avec celle attribuée à la Corse », note l’Alliance dans sa motion.

Doute sur le versement de l’aide

Pour l’Alliance et le PS/Progrès, des doutes existent sur l’attribution du bon, « la Région participe à hauteur de 15% de son budget, soir sur les 20 millions dépensés pour l’année 2013, seulement 3 millions vont à ceux qui en ont le plus besoin » pour les socialistes. Les élus de l’opposition considèrent que « les nouveaux critères établis par la Région ont ouvert le bénéfice du dispositif à des publics dont les revenus correspondent à des tranches à celles jusque-là éligibles ».
Un avis partagé par les socialistes, qui exigent la « transparence totale sur les sommes dépensées et le nombre de bon délivrés ». La motion PS/Progrès assure que des personnes ont reçu 1 à 3 fois des bons au cours des trois dernières années. L’Alliance va jusqu’à dénoncer la participation des contribuables réunionnais, dans un dispositif devant être financé uniquement par l’État, comme dans les autres départements.
Les élus de l’opposition (Alliance) « estiment que le dispositif actuellement en vigueur pour tous publics doit bénéficier en priorité aux publics défavorisés sans préjudice du bénéfice pour les publics dont les motifs des déplacements sont reconnus (étudiants, formation professionnelle, événements particuliers…)".

Un engagement de la Région dénoncé

L’Alliance considère que « la volonté de la Région Réunion de maintenir coûte que coûte les niveaux actuels de financement du dispositif, fut-ce au détriment du financement d’autres secteurs où elle est impliquée ». En effet, la participation de l’État se situait à plus de 13 millions d’euros, tandis que celle de la Région dépassait les 20 millions d’euros.
La collectivité a donc pris « seule à sa charge les publics qui ne sont pas les plus défavorisés », réduisant de fait les marges de manœuvre en matière d’investissement de la Région. Les élus pointent du doigt « la poursuite du dispositif (qui, NDLR) dans les conditions actuelles conduirait à une situation budgétaire périlleuse, notamment pour la collectivité régionale ».
En raison de ces faits, l’Alliance considère qu’il est nécessaire « d’agir sur les prix des billets d’avion ». Les élus proposent « que soit étudiée en partenariat avec la compagnie régionale Air Austral et avec la SEMATRA, la relance du projet des Airbus A380 densifiés afin d’apporter, par la baisse de l’ordre de 30% du prix du billet d’avion, une réponse économique crédible et pérenne au problème des déplacements entre la métropole et La Réunion et ce dans les 2 sens ».


Kanalreunion.com