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Lutte contre l’illettrisme : nous, nous pouvons

Une réussite de Cuba s’exporte dans le monde et intéresse La Réunion

Manuel Marchal / 18 janvier 2016

Grâce à la méthode « Yo sí puedo » (Moi, je peux) mise au point à Cuba, 30.000 Argentins ont réussi à apprendre à lire et à écrire en suivant 65 cours de 30 minutes. En trois mois et demi maximum, une personne peut sortir de l’illettrisme. À La Réunion, au bout de 70 ans d’intégration à la France, plus de 110.000 Réunionnais sont touchés par l’illettrisme, c’est pourquoi la méthode « Yo sí puedo » mérite que l’on s’y intéresse.

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Yo si puedo : une méthode de lutte contre l’illettrisme qui a fait ses preuves et qui montre que l’illettrisme n’est pas une fatalité, mais dépend aussi de la volonté politique.

Depuis 70 ans, La Réunion est intégrée à la France. En conséquence, tous les Réunionnais nés depuis les années 1940 ont donc suivi une scolarité obligatoire qui allait d’abord de 6 à 14 ans, avant de s’étendre jusqu’à 16 ans. Cela fait donc 10 années passées dans un système scolaire qui est celui d’un des pays les plus riches du monde. Force est de constater qu’au bout de 70 ans, 110.000 Réunionnais sont touchés par l’illettrisme. À l’heure où La Réunion fait partie d’une société mondiale de l’information, cette exclusion est très grave.

Lors de son arrivée à la tête de la Région Réunion en 2010, Didier Robert avait promis de faire reculer l’illettrisme. Il a fait créer des « Cases à lire ». 6 ans plus tard, le bilan est loin d’être satisfaisant malgré les sommes dépensées.

99,94 % de taux d’alphabétisation à Cuba

Ailleurs dans le monde, d’autres pays ont été confrontés au même problème que La Réunion. Lors de l’arrivée au pouvoir des progressistes à Cuba en 1959, la majorité de la population souffrait de l’illettrisme. La lutte contre cette exclusion a alors été une priorité des communistes à Cuba. Ils ont réfléchi à une méthode adaptée. Aujourd’hui, Cuba est un des pays qui a le plus fort taux d’alphabétisation, 99,94 % selon les données de l’UNESCO et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). En un demi-siècle, Cuba a dépassé la France, les États-Unis ou la Grande-Bretagne, des anciennes puissances coloniales où l’école est obligatoire depuis plus d’un siècle.

Cuba a choisi aussi de partager la méthode mise au point. Elle se nomme « Yo sí puedo » (Moi, je peux). Elle se compose de 65 cours de 30 minutes. En trois mois et demi, il est possible d’apprendre à lire et à écrire.

Réussite en Argentine

C’est le cas en Argentine. Le programme a été lancé en 30.000 personnes sont déjà libérées de l’illettrisme, grâce au travail de près d’un millier de volontaires argentins, encadrés par 5 spécialistes cubains, annonce Granma, reprenant les propos de Jorge Padron, un pédagogue argentin. Ce dernier souligne : « Au 31 décembre 2015, nous comptions 604 points d’alphabétisation, ceci grâce au sacrifice et au dévouement des conseillers pédagogiques cubains, des membres de la Fondation Un monde meilleur est possible et de l’ONG Juanita Moro ». Granma précise que « de 2005 à 2014, plusieurs municipalités argentines ont été déclarées « communes sans analphabétisme » : Tilcara, Maimara, Caraguatay, Salsipuedes, San Fernando del Valle de Catamarca, et en 2015 ce statut a été attribué à la municipalité de Wanda, province de Misiones. »

Et La Réunion ?

Ces avancées sont sans commune mesure avec ce qui se passe à La Réunion. En effet, en 70 ans d’intégration, l’illettrisme est loin d’avoir été vaincu. Et aucune municipalité ne peut dire qu’elle est une « commune sans analphabétisme ». À l’opposé, la méthode cubaine a donné des résultats probants à Cuba, et ailleurs.

Elle mérite donc que l’on s’y intéresse.


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