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Maurice Gironcel : « Ceux qui ont tendu ce traquenard vont le payer tôt ou tard »

Le maire de Sainte-Suzanne donne sa position à la suite du procès intenté par Daniel Alamélou

Manuel Marchal / 5 septembre 2016

Co-secrétaire général du PCR et maire de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel a prononcé hier le discours de bienvenue au rassemblement du PCR. Il a également donné sa position suite à sa relaxe dans le procès intenté par son opposant, et a apporté un éclairage sur le remplacement de George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, par Ericka Bareigts, ex-secrétaire d’État à l’Égalité réelle.

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Maurice Gironcel, co-secrétaire général du PCR.

Maurice Gironcel, co-secrétaire général du PCR et maire de Sainte-Suzanne a été le premier à prendre la parole. Il a tout d’abord insisté sur le symbole du lieu du rassemblement d’hier. Quartier-Français rappelle la lutte du rassemblement des planteurs, des travailleurs et des usiniers pour sauver l’usine sucrière qui faisait la richesse de cette partie de Sainte-Suzanne. Les communistes étaient de toutes ces batailles.

Il a ensuite salué la présence de deux dirigeants historiques du PCR, Paul Vergès et Élie Hoarau. Maurice Gironcel a ensuite rendu hommage aux camarades disparus cette année. Sainte-Suzanne a été concernée avec le décès de Jean-Hugues Tian-Van-Kaï. Une minute de silence a alors été observée pour saluer la mémoire de ces communistes disparus.

« Sainte-Suzanne n’accepte pas la trahison »

Maurice Gironcel a ensuite présenté les interventions qui allaient suivre au cours de ce rassemblement de rentrée, qui fait suite à trois réunions régionales organisées en début de semaine à Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre.

Le co-secrétaire général du PCR est ensuite revenu sur deux événements d’actualité.

Le premier est le procès intenté par ses adversaires politiques à Sainte-Suzanne. S’affirmant comme avant tout un militant communiste, le maire de Sainte-Suzanne est revenu sur le point de départ de cette affaire : la trahison en 2012 de plusieurs conseillers municipaux qui ont monté une liste contre celle du PCR lors des élections municipales partielles. Ces derniers ont toujours perdu lors des différentes élections : municipales 2014, départementales 2015. Mais Daniel Alamélou n’accepte pas la défaite et a porté plainte au tribunal administratif puis au pénal. Mardi dernier, le tribunal a décidé la relaxe.

Les différents scrutins ont montré que « Sainte-Suzanne n’accepte pas la trahison de ceux qui sont contre le PCR ».

Puis Maurice Gironcel a posé publiquement plusieurs questions « à ceux qui ont monté ce traquenard ».

4 jours après l’audience en juillet dernier, Daniel Alamélou et l’accusatrice de Maurice Gironcel étaient dans le bureau de M. Pestel, PDG de la Cité des Arts pour l’embauche de la militante de l’opposant du maire de Sainte-Suzanne. La Cité des Arts est un équipement financé par la CINOR, situé dans la commune de Saint-Denis et présidé par un adjoint au maire de Saint-Denis. Contrairement à ce qu’a affirmé voici 8 jours Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, à la télévision, il ne s’agit pas d’un « petit contrat » pour remplacer une personne partie en congé maternité. Il s’agit en réalité d’un contrat à durée indéterminée, avec un salaire mensuel de 2200 euros sans compter les primes.

« Pourquoi cette embauche sans jury de recrutement, alors que l’article 5.3 du règlement intérieur de la Cité des arts prévoit un jury ? » Maurice Gironcel a aussi indiqué que le même règlement prévoit de donner une priorité à l’embauche pour les personnes vivant dans les trois communes composant la CINOR : Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne. La partisane de Daniel Alamélou habite à Saint-André.

Pourquoi une embauche en CDI ? Pourquoi Gilbert Annette a-t-il été induit en erreur quand il parle d’un contrat aidé ? « Qui a voulu piéger Gilbert Annette ? »

« Ceux qui ont tendu ce traquenard vont le payer tôt ou tard ».

L’étrange démission de George Pau-Langevin

Le second événement est le remaniement ministériel. Après l’aile gauche du gouvernement, c’est son aile droite qui s’en va, avec la démission d’Emmanuel Macron. Elle laisse un président de la République encore plus fragilisé.

Ce fait a éclipsé la démission d’une autre ministre, George Pau-Langevin. Elle était pourtant la seule membre du gouvernement à soutenir le projet de loi égalité réelle devant le CESE, Après le Conseil des ministres du 3 août dernier, elle avait assuré l’essentiel de la présentation du projet de loi, et avait dit que c’était le texte le plus important depuis 70 ans, a rappelé Maurice Gironcel.

Le dirigeant du PCR a aussi souligné que George Pau-Langevin a été la seule ministre à recevoir à sa demande une délégation du PCR. Enfin, quelques heures avant sa démission, elle présentait à des journalistes son programme de ministre des semaines à venir. « Que s’est-il passé le mardi 30 août ? »

Au sujet de la nomination d’Ericka Bareigts, le co-secrétaire général du PCR s’interroge sur la politique qu’elle va mener.

Enfin, pour l’élection présidentielle, Maurice Gironcel a indiqué que la démarche est d’abord de connaître la liste définitive des candidats, et de connaître qui seront ceux qui « prendront en compte notre projet par un écrit ». « Le discours de Saint-Louis nous est resté en travers de la gorge, pas question d’un nouveau marché de dupes », a-t-il dit faisant référence aux propos tenus le 1er avril 2012 par François Hollande alors en campagne électorales.

Quant aux élections législatives, des discussions sont en cours. Et conformément aux statuts du PCR, c’est le Conseil politique qui prendra la décision finale.

M.M.


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