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Maurice Gironcel : « ensemble se rassembler pour que La Réunion change de cadre »

Débat sur la recomposition politique après l’élection présidentielle

Manuel Marchal / 10 mai 2017

Quelle gauche à La Réunion en dehors du Parti socialiste ? Tel était le thème du débat organisé hier soir par Réunion Première Radio. Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, était invité. À ses côtés, Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional des Verts, Emmanuel Séraphin, élu représentant PLR et Pascal Basse, de la France insoumise.

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Maurice Gironcel a rappelé l’analyse du scrutin de l’élection présidentielle par le PCR. C’est tout d’abord une forte abstention à La Réunion et encore plus ailleurs dans les Outre-mer, c’est ensuite 12,5 % de bulletins blancs et nuls à La Réunion. Dans toute la République, 16,5 millions de personnes n’ont pas choisi de voter ou ont glissé un bulletin blanc ou nul, a-t-il souligné. À La Réunion, une majorité de Réunionnais est dans ce cas. Seulement 33 % des inscrits ont voté pour Emmanuel Macron.

Sur la campagne du second tour de la présidentielle, le secrétaire général du PCR a rappelé que dès le 23 avril, son parti a appelé à faire barrage à l’extrême droite. « À Sainte-Suzanne, les choses ont été claires, le FN est arrivé largement derrière », précise Maurice Gironcel. 54 % de personnes se sont abstenues ou ont voté blanc ou nul.

L’appel au barrage à l’extrême droite était la même attitude choisie par Jean-Luc Mélenchon. Le débat a montré que n’était pas la décision de PLR et d’EELV qui ont appelé à voter Macron. PLR a lancé cet appel dès le 23 avril, a affirmé Emmanuel Séraphin : « il fallait voter Macron ».

Le programme d’Emmanuel Macron

Au sujet d’Emmanuel Macron et de la recomposition de la gauche, Maurice Gironcel a constaté que le terme de gauche est galvaudé. Mieux vaut parler de forces de progrès. En effet, ce que propose le nouveau président de la République ne correspond guère à un programme de gauche. « Le résultat de ces élections est une manœuvre, y compris de Hollande, pour arriver à ce résultat. Depuis le départ, le système a mis en orbite l’attelage Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Dès le départ, la candidature de Hamon a été torpillée. La politique d’Emmanuel Macron est dans le prolongement de celles de Nicolas Sarkozy et de François Hollande », a dit en substance le responsable communiste.

Pascal Basse, France Insoumise, a également noté le chantage tous les 5 ans qui empêche les Français de s’exprimer au second tour. D’un côté, le péril raciste, de l’autre le péril ultra-libéral, souligna-t-il. En effet, le terme de gauche est galvaudé, poursuit-il, car la finance commande. La tête de la République change, mais autour ce sont les mêmes stratégies.

Maurice Gironcel a précisé le danger du programme d’Emmanuel Macron : suppression de 120000 postes de fonctionnaires dont 70000 dans les communes, menaces sur les retraites, volonté de détricoter le droit du travail et la Sécurité sociale.

Le PCR discute avec tout le monde

Concernant les élections législatives, Maurice Gironcel est revenu sur le Comité central de la veille. Le PCR lance un appel à toutes les forces de progrès pour leur dire : « allons avancer pour un changement de cadre pour notre pays ». Beaucoup sont de cet avis. D’où la volonté de faire avancer l’idée de la responsabilité. Le PCR discute d’ailleurs avec tout le monde, notamment PLR et la France Insoumise.

PLR se présente dans 2 circonscriptions pour ne pas mettre de candidats face à d’autres candidats de gauche en capacité de gagner dit-il. Il indique que la volonté du PCR de discuter est quelque chose de « plutôt positif ».

Maurice Gironcel a rappelé les candidatures de Julie Pontalba, soutenue par la France insoumise, et de Gilles Leperlier. Deux autres candidatures sont bien avancées.

Pour le FN, le PCR ne fustige pas les électeurs et leur demande de rejoindre le camp des progressistes : « il faut ensemble se rassembler pour que La Réunion change de cadre ».

M.M.


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