Actualités

Maurice Gironcel rappelle les menaces sur les travailleurs de La Réunion

Conseil départemental : le secrétaire général du PCR lance le débat sur les APE

Manuel Marchal / 16 mars 2017

Hier au Conseil départemental, le secrétaire général du Parti communiste réunionnais a soulevé le problème des accords de partenariat économique sur les producteurs de La Réunion. Des débats il ressort que tout dépendra de la bonne volonté des importateurs. Autrement dit, la crise est devant nous.

JPEG - 44.9 ko
Maurice Gironcel et Michèle Caniguy, conseillers départementaux du Groupe de concertation pour le développement de La Réunion.

Le Conseil départemental a examiné hier une délibération proposant l’attribution d’une subvention à plusieurs productions agricoles réunionnaises. À cette occasion, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, a fait part de l’inquiétude qui existe dans le monde économique avec la signature prochaine des accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays voisins. Les APE permettront aux pays de notre région d’exporter leurs marchandises vers La Réunion sans quota ni droit de douane. C’est une concurrence qui peut s’avérer fatale pour les producteurs réunionnais.

Maurice Gironcel a rappelé que les négociations des APE se font dans notre dos. La Réunion est ignorée dans la Commission de l’océan Indien. « L’APE c’est l’arrêt de mort des petits agriculteurs. Après la canne menacée par la fin des quotas, c’est au tour de la diversification », a souligné Maurice Gironcel.

L’actualité a montré l’inquiétude des éleveurs de poulets à cause de l’importation de volailles congelées. « Qu’adviendra-t-il quand il y aura les APE ? Des agriculteurs avaient intercepté les deux containers de tomates, cela ne pourra plus se faire ».

Le conseiller départemental communiste a aussi rappelé la forte dépendance de La Réunion aux importations. La production réunionnaise représente 4 % de la consommation en ail, ou 10 % de l’oignon. Or, la COI préconise que Madagascar soit le grenier de l’océan Indien. D’où l’enjeu de réussir l’intégration de La Réunion dans sa région, tout en étant un département français et une région de l’Union européenne.

« Les Réunionnais ne soient pas pris pour pas grand-chose dans la COI. Le cadre actuel pose problème pour la sécurité alimentaire. Nous devons tous ensemble dire que nous puissions être respectés. », conclut Maurice Gironcel.

Invité à prendre la parole, Olivier Degenmann, directeur adjoint de l’Agriculture et de la Forêt, a rappelé que « La Réunion a un certain nombre d’obligations en commerce international. La Réunion doit répondre aux règles de l’OMC ». Les seules possibilités de régulation sont les normes sanitaires et phytosanitaires. Autrement dit, l’avenir de la production réunionnaise dépend des importateurs.

M.M.