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Michel Vergoz empêche la défaite certaine de l’UMP

En direct des élections

Manuel Marchal / 18 mars 2010

Dimanche dernier, l’Alliance est arrivée en tête avec 30% des suffrages, loin devant l’UMP avec 26% et la liste PS avec 13%. Après un tel résultat, le rassemblement de toutes les forces opposées à la casse sociale ne laissait aucun espoir de succès à l’UMP. Mais en décidant de refuser la fusion et le désistement républicain, Michel Vergoz remet l’UMP dans la course. Jamais Didier Robert n’aurait imaginé une telle occasion.

Voilà où en est arrivé le PS à La Réunion avec Michel Vergoz : donner une occasion d’espérer pour l’UMP à une élection régionale !
Dimanche dernier, les électeurs ont donné un message clair. Les Réunionnais ont décidé de placer en tête l’Alliance, devant l’UMP et la liste du PS. Autrement dit, les Réunionnais en masse estiment que l’Alliance est la seule qui peut empêcher l’UMP de prendre le contrôle de la Région. En plaçant le PS à 13%, les Réunionnais ont aussi décidé que la liste conduite par Michel Vergoz n’a aucune chance de l’emporter.
C’est donc en fonction de ce rapport de forces décidé par le peuple qu’a commencé la campagne pour le second tour. Dans ce cas de figure, la liste arrivée en troisième position, le PS, a donc deux possibilités si sa volonté est de s’opposer à l’UMP. C’est tout d’abord la fusion avec la liste de l’Alliance. La liste conduite par Michel Vergoz a refusé cette possibilité.
Ce n’est pas la première fois que dans le cadre d’un scrutin de listes, les représentants d’un courant opposé à celui du gouvernement n’arrivent pas à s’entendre sur une fusion. Dans ce cas, si la liste arrivée derrière a vraiment la volonté de barrer la route à la casse sociale, alors elle se doit de se retirer. C’est un principe aussi ancien que la République dans les scrutins à deux tours, cela s’appelle d’ailleurs le désistement républicain.
L’objectif du désistement républicain, c’est de permettre à la liste la mieux placée de bénéficier du maximum de chances de battre l’adversaire, l’UMP.
Mais force est de constater que là aussi, Michel Vergoz a décidé de ne pas appliquer le désistement républicain.
Résultat, alors que l’UMP est arrivée loin derrière, le choix fait par la liste PS le remet subitement en course. Jamais Didier Robert n’aurait imaginé une telle occasion.
Alors que ce parti est annoncé perdant dans toutes les Régions qu’il ne détenait pas, et qu’il risque de perdre les deux dernières qu’il dirige, l’UMP est remis en selle par Michel Vergoz.

Didier Robert battu dans sa commune

Et pourtant, la liste PS ne peut pas ignorer que Didier Robert a bénéficié de l’appui personnel du président de la République lors de sa visite à La Réunion. La liste PS n’a pas oublié qu’une semaine avant le scrutin, Didier Robert a pu bénéficier de la visite d’un ministre en exercice de la République, venu le soutenir de manière inconditionnelle, quitte à prendre des libertés avec la réalité des engagements de l’État sur le tram-train.
La liste PS sait aussi qu’un chargé de mission parisien est actuellement à La Réunion pour superviser le déroulement de ces élections.
Malgré toute cette débauche d’énergie et de moyens, l’UMP a été largement battue par l’Alliance au premier tour. Mieux encore, la tête de liste de l’UMP, Didier Robert, a été battue dans sa propre commune, ne recueillant que 40% des suffrages, alors qu’au Tampon, le taux de participation a été supérieur de près de 20 points à la moyenne à La Réunion.
Les Réunionnais savent désormais que s’ils souhaitent combattre la casse sociale, s’ils veulent ouvrir les perspectives de développement du pays, ils doivent faire échec à la tentative de l’UMP de remporter à La Réunion la seule victoire de ces élections. Et pour cela, les Réunionnais connaissent la solution pour battre l’UMP : renforcer le rassemblement autour de l’Alliance.

M.M.


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