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Michel Vergoz justifie publiquement son soutien à l’UMP

J.B. / 23 juin 2011

Michel Vergoz suivi par le groupe socialiste du Conseil régional a voté pour le projet UMP de report du chantier de la route du littoral. C’est ce qu’a découvert hier toute La Réunion au travers de publicités diffusées dans deux quotidiens du pays.

Le 13 février 2007, le Conseil régional doit se prononcer sur une enveloppe de plus de 4 milliards d’euros. Il s’agit du Protocole de Matignon qui permet le financement du tram-train et de la nouvelle route du littoral, des Programmes opérationnels européens et du Contrat de projet État-Région. Le 13 février 2007, la direction du Conseil régional est progressiste, et ce sont les forces de progrès qui présentent le dossier.
Le vote est révélateur : 32 conseillers votent pour, 7 n’osent pas affirmer publiquement leur opinion et refusent de prendre part au vote. Parmi ces 7 conseillers : Didier Robert et Michel Vergoz.
Deux mois plus tard, Michel Vergoz est contredit par la candidate PS à la présidentielle. Dans une lettre adressée à Paul Vergès et diffusée aux Réunionnais, Ségolène Royal souligne que « l’Alliance insiste sur l’importance économique déterminante des projets de grandes infrastructures de transport, tram-train et nouvelle route du littoral. (…) Je veillerai à ce que l’État tienne ses engagements sur ces deux projets ».

L’aiguillon de la majorité UMP ?

Un mois avant les régionales, c’est Martine Aubry, la plus haute dirigeante du PS en France, qui rencontre Paul Vergès pour réaffirmer le soutien au tram-train, « un projet de développement durable », et à la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, « un projet porteur pour La Réunion, la France et le monde ».
Mais durant la campagne des régionales, Michel Vergoz allait renouer avec sa véritable nature de Jeune giscardien et s’opposer aux dirigeants du PS. Le résultat est désastreux pour son parti qui ne récolte que 13% au premier tour, et finit laminé avec seulement cinq conseillers régionaux. Mais en choisissant de faire campagne contre la majorité progressiste sortante, Michel Vergoz va donner la direction de la Région à l’UMP. Et Michel Vergoz va enfoncer le clou en félicitant publiquement Didier Robert le jour de son investiture, dans une intervention qui n’était pas officiellement au programme.
Puis, le 24 juin 2010, le candidat sénateur récidive. Les conseillers régionaux doivent se prononcer sur l’abandon du projet de nouvelle route du littoral et son remplacement par une irréaliste route à six voies jetée au-dessus de la mer. Michel Vergoz prend fait et cause pour l’UMP, et vote avec Didier Robert sur tous les dossiers.
Dimanche dernier, dans l’émission "Face à l’infos", Michel Vergoz affirme même qu’il a suggéré ce projet de route à six voies. Mardi, les conseillers régionaux de la Commission permanente devaient se prononcer à nouveau sur une question relative à ce projet. Et comme d’habitude, Michel Vergoz soutient l’UMP en votant avec le parti de Nicolas Sarkozy. Il justifie sa décision dans un blog connu pour être l’organe officieux de l’UMP à La Réunion : « l’heure n’est plus à la discussion ». C’est à se demander si l’ancien giscardien ne reproche pas à l’UMP de ne pas casser assez vite. Il endosse là un rôle d’aiguillon d’une majorité UMP. C’est unique dans la République pour un élu qui se prétend socialiste.

Une constante : le soutien à l’UMP

Ce soutien est révélateur. Quand la majorité de la Région est dans les mains des forces de progrès, Michel Vergoz refuse de voter. Et quand c’est l’UMP qui dirige la collectivité, le candidat à la candidature PS pour les sénatoriales vote pour ce qui est présenté par l’UMP.
Hier, au lendemain de ce vote, l’UMP ne rate pas l’occasion de se féliciter de ce soutien. La direction de la Région publie une pleine page dans "le Journal de l’île de La Réunion" et "le Quotidien" dans laquelle elle rend compte des votes des élus de la Commission permanente : « POUR : groupe La Réunion en confiance (UMP-NDLR) et groupe socialiste/CONTRE : groupe Alliance ».
En septembre prochain, le Sénat peut basculer. Si cet événement se produit, c’est un atout pour les forces qui veulent le changement en 2012. Mais tout peut se jouer à une voix près. Mardi, Michel Vergoz a montré quel est son camp, et il a entraîné plusieurs autres élus PS dans l’incroyable aventure de voter pour l’UMP.
Voilà donc un aperçu de ce qui attend le Sénat si jamais l’ancien Jeune giscardien arrivait à ses fins.

J.B.


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