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Michel Vergoz s’impose, le Tram-train disparaît

Les conséquences d’une décision prise le 16 mars

Geoffroy Géraud-Legros / 1er juin 2010

Comment, au moment où l’UMP enterre le Tram-train, ne pas souligner l’immense responsabilité de Michel Vergoz dans cette catastrophe pour le développement et l’emploi à La Réunion ? En imposant une triangulaire sans la moindre chance de l’emporter, la tête de liste PS prenait le risque d’une victoire de l’UMP et d’un programme de démolition pourtant clairement annoncé. Minoritaire dans les urnes, le dirigeant politique le plus réactionnaire de La Réunion et son état-major archaïque sont parvenus au pouvoir. Et appliquent méthodiquement leur agenda de démolition.

La conséquence de cette décision est maintenant sous nos yeux : les Réunionnais n’auront pas de chemin de fer. Officiellement, pourtant, Michel Vergoz était pourtant « favorable au Tram-train ».
Mais jusqu’à quel point peut-on se croire et être cru, lorsqu’on raconte des histoires aux autres et qu’on s’en raconte à soi-même ? Derrière des déclarations de façade, Michel Vergoz a maintenu le flou sur la question tout au long de la campagne des régionales. Lors de sa dernière conférence de presse, –soit quelques jours avant le scrutin- la tête de liste socialiste avait enlevé toute crédibilité à son positionnement. Refusant la réalisation présentée, les crédits obtenus et le montage accompli, il sortait de son chapeau un Tram-train sur roues, capable selon lui d’effectuer du jour au lendemain la liaison Saint-Benoît- Saint-Pierre, plus vite, plus souvent et à un moindre coût que le projet engagé par l’Alliance.

Une hostilité constante

Un Tram-train de conte de fées, qui se serait ajouté –les promesses ne coûtant rien- à la construction d’une voie rapide Saint-Benoît- Saint-Pierre par les Hauts, ainsi qu’à la réalisation -immédiate- de la route du Littoral. Le candidat socialiste croyait-il lui-même au chapelet d’élucubrations qu’il égrainait sous le regard visiblement gêné de ses camarades du PS et de sa colistière MRC, venus parler de choses plus sérieuses ?
Au final, peu importe. Les postures outrancières de Michel Vergoz ne peuvent faire oublier la réalité de prises de positions politiques constantes au cours de deux mandatures régionales, marquées par l’hostilité au Protocole de Matignon et les embûches multipliées devant leTram-train. Une attitude d’ailleurs dans le droit fil de la présence régulière de l’ancien maire de Sainte-Rose sur les barrages dressés contre la route des Tamarins, et de ses efforts pour saborder la bi-départementalisation. La visite de Martine Aubry et l’éloge appuyé de cette dernière à Paul Vergès et à ses réalisations avaient obligé le dirigeant socialiste à mettre un peu d’eau dans son vin… pour quelques jours seulement. De son côté, l’UMP avançait à visage découvert : Didier Robert n’avait pas dissimulé son intention de supprimer le chemin de fer au profit de "2.000 bus" aussi peu probables que le Tram-train à pneus de Michel Vergoz. Ce dernier ne pouvait donc ignorer que sa décision engageait l’existence même du seul grand projet d’aménagement et de relance du travail de notre pays. C’est en son âme et conscience qu’il a fait un choix contraire au progrès et aux intérêts de tous les Réunionnais. Un choix dont il ne s’est pas encore expliqué devant eux.

Geoffroy Géraud-Legros


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